Pi Network : un utilisateur américain réclame 10 millions de dollars en justice pour fraude présumée
Fin octobre 2025, un utilisateur de Pi Network résidant en Arizona a assigné les fondateurs du projet et leurs sociétés devant un tribunal fédéral californien, en réclamant 10 millions de dollars. Le tribunal a rejeté l'action en mai 2026, et l'affaire est désormais en appel.
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Une plainte déposée en Californie
Harro Moen, résident du comté de Maricopa en Arizona, a déposé sa plainte le 24 octobre 2025 devant le tribunal fédéral du district nord de la Californie, selon le texte de la plainte (affaire n° 5:25-cv-09145). Elle vise SocialChain Inc., Pi Community Company et les deux fondateurs de Pi Network, Nicolas Kokkalis et Chengdiao Fan.
Le plaignant réclamait 10 millions de dollars : 2 012 000 dollars de perte économique, 1 500 000 dollars d'opportunités perdues au titre de quatre années de « minage » sur l'application, et 6 488 000 dollars de dommages et intérêts punitifs. La plainte invoquait le droit fédéral des valeurs mobilières, la protection des lanceurs d'alerte, la fraude, la violation d'une obligation fiduciaire, l'enrichissement sans cause et la loi californienne sur la concurrence déloyale.
Des tokens transférés et d'autres jamais migrés
Selon la plainte, 5 137 tokens Pi ont quitté le portefeuille vérifié de Harro Moen le 10 avril 2024, sans son autorisation, vers une adresse qu'il attribue aux défendeurs. Ses 1 403 tokens restants n'avaient toujours pas été migrés vers le mainnet, le réseau principal de Pi, malgré la validation de son identité (KYC).
Le montant de la perte repose sur un choix de calcul. La plainte valorise chaque Pi à 307,49 dollars, cours affiché par CoinMarketCap le 30 septembre 2022. Le texte précise lui-même que ce cours correspondait à une cotation « à déterminer », c'est-à-dire à des IOU échangés avant toute circulation réelle du token. Au cours de 1,67 dollar que la plainte attribue à CoinGecko en février 2025, la même perte ne représentait plus que 8 579 dollars, selon ce même document.
Les accusations visant la gouvernance du projet
Au-delà du cas individuel, la plainte affirmait que les défendeurs avaient vendu environ 2 milliards de tokens Pi en 2021 lors de transactions non divulguées. Elle soutenait aussi que le réseau reposait sur trois nœuds validateurs gérés par SocialChain depuis ses serveurs de Sunnyvale, à rebours du livre blanc de 2019 qui promettait une monnaie « entièrement décentralisée ». Le texte reprend le chiffre de plus de 60 millions d'inscrits dans 190 pays. Ces affirmations sont celles du plaignant ; aucune n'a été établie par le tribunal.
Ce qui s'est passé depuis
Le 15 janvier 2026, le juge Nathanael M. Cousins a accueilli une première demande de rejet des défendeurs, d'après son ordonnance. Il a écarté définitivement les demandes fondées sur le droit des valeurs mobilières : le plaignant ayant reconnu n'avoir investi aucune somme d'argent, les tokens Pi ne constituaient pas une « security » dans son cas. La demande liée à la protection des lanceurs d'alerte a aussi été écartée, Harro Moen n'étant pas salarié des défendeurs. Les demandes pour fraude et manquement à une obligation fiduciaire pouvaient en revanche être reformulées.
Le plaignant a ensuite déposé trois versions modifiées de sa plainte, dont deux sans l'autorisation du tribunal. Le 13 mai 2026, le juge a rejeté la dernière version sans possibilité de la modifier à nouveau, selon l'ordonnance de rejet. Il a estimé que la promesse du livre blanc d'une monnaie « entièrement décentralisée » relevait d'une prévision sur l'avenir et non d'un fait mensonger. Il a aussi relevé que les conditions d'utilisation de Pi Network ne créaient aucune obligation fiduciaire. Un jugement en faveur des défendeurs a été inscrit le même jour.
Le 11 juin 2026, Harro Moen a fait appel devant la cour d'appel du neuvième circuit, d'après le registre de l'affaire. Son avocat a demandé à se retirer le même jour, et le tribunal a ouvert en juillet 2026 une procédure sur d'éventuelles sanctions au titre de la règle 11, qui encadre le sérieux des actes déposés. La cour d'appel a refusé le 24 août 2026 de lui désigner un avocat bénévole. L'appel est enregistré sous le n° 26-3802, selon le registre de la cour d'appel. Aucune décision sur le fond de l'appel ni sur les sanctions ne figurait au registre au 2 octobre 2026.
Sources
- Complaint, Harro Moen v. SocialChain Inc. et al., n° 5:25-cv-09145U.S. District Court, Northern District of California (via RECAP / CourtListener) · Document · primaire · 24 octobre 2025
- Order Granting Defendants' Motion to Dismiss with Leave to Amend in PartU.S. District Court, Northern District of California (via RECAP / CourtListener) · Document · primaire · 15 janvier 2026
- Order Granting Defendants' Motion to Dismiss Without Leave to AmendU.S. District Court, Northern District of California (via RECAP / CourtListener) · Document · primaire · 13 mai 2026
- Registre de l'affaire Harro Moen v. SocialChain Inc., n° 5:25-cv-09145CourtListener (Free Law Project), d'après PACER · Document · primaire
- Registre d'appel Moen v. SocialChain, Inc., et al., n° 26-3802CourtListener (Free Law Project), Court of Appeals for the Ninth Circuit · Document · primaire · 12 juin 2026
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