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Trading

Plan de trading : définition, contenu et exemple de structure

Un plan de trading fixe par écrit, avant toute opération, les règles d'entrée, de sortie et de risque d'un trader. Les données des régulateurs sur les pertes des particuliers en montrent l'enjeu.

Publié le
· mis à jour le 11 septembre 2025
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7 sources
plan de trading

Qu’est-ce qu’un plan de trading ?

Un plan de trading est un document écrit qui fixe, avant toute opération, les règles qu’un trader s’impose : les marchés et les actifs suivis, les conditions d’entrée et de sortie, la taille de chaque position, la perte maximale acceptée et la façon dont les résultats sont évalués. Il ne garantit aucun gain. Son rôle est de remplacer les décisions prises dans l’urgence par des règles décidées à froid, puis de permettre de vérifier après coup si ces règles ont été respectées.

Le plan de trading se distingue de la stratégie de trading. La stratégie décrit un signal, par exemple un achat après un rebond sur un support. Le plan englobe la stratégie et y ajoute tout le reste : le capital engagé, le risque par opération, les horaires, la tenue d’un journal et les conditions dans lesquelles le trader s’arrête.

Pourquoi les régulateurs insistent sur le risque

Le contexte explique l’intérêt d’un cadre écrit. Le trading spéculatif à court terme fait perdre de l’argent à une large majorité de particuliers, et les autorités de marché le rappellent régulièrement.

En mars 2018, l’Autorité européenne des marchés financiers (ESMA) a décidé de restreindre la vente de CFD aux particuliers. Dans son communiqué du 27 mars 2018, elle indique que 74 à 89 % des comptes de particuliers perdent généralement de l’argent sur ces produits, avec des pertes moyennes par client comprises entre 1 600 et 29 000 euros. L’ESMA a imposé des plafonds d’effet de levier, de 30 pour 1 sur les paires de devises majeures à 2 pour 1 sur les cryptomonnaies, une clôture automatique des positions lorsque la marge tombe à 50 % du minimum requis, une protection contre le solde négatif et un avertissement standardisé indiquant la part de clients perdants.

En France, l’Autorité des marchés financiers (AMF) a repris ces règles à titre permanent. Selon son communiqué du 3 juillet 2019, la vente d’options binaires aux particuliers est interdite depuis le 2 juillet 2019 et la commercialisation des CFD est encadrée depuis le 1er août 2019. Sa fiche consacrée aux CFD résume le danger : « Une position peut vous faire perdre tout votre dépôt, voire plus, en quelques secondes. »

Aux États-Unis, la SEC tient le même discours dans sa note « Day Trading: Your Dollars at Risk » : les day traders subissent généralement de lourdes pertes au cours de leurs premiers mois, et ne devraient risquer que de l’argent qu’ils peuvent se permettre de perdre, jamais celui destiné aux dépenses courantes ou à la retraite. La FINRA rappelle pour sa part que le trading sur marge peut faire perdre davantage que la somme déposée et que la multiplication des ordres augmente les frais.

Un plan de trading ne supprime aucun de ces risques. Il sert à les chiffrer à l’avance, à les limiter par des règles et à les mesurer ensuite.

Ce que contient un plan de trading

Chaque plan est propre à la personne qui l’écrit, parce qu’il dépend de son capital, de son temps disponible et de sa tolérance aux pertes. On y retrouve toutefois les mêmes rubriques.

Le capital et la somme que l’on accepte de perdre

Le plan précise le montant affecté au trading, distinct de l’épargne de précaution et de l’argent nécessaire au quotidien. C’est la recommandation de base de la SEC citée plus haut. Un capital de 1 000 euros et un capital de 100 000 euros n’appellent ni les mêmes tailles de position ni les mêmes frais relatifs.

Les objectifs et les limites de perte

Plutôt qu’un objectif de rendement, beaucoup de plans fixent des limites : perte maximale par opération, par jour, par semaine ou par mois. Lorsque la limite est atteinte, le plan prévoit l’arrêt du trading pour la période. Une limite chiffrée se contrôle ; un objectif de gain mensuel pousse souvent à augmenter le risque après une série de pertes.

Les marchés, les actifs et les horaires

Le plan liste les marchés suivis (actions, devises, cryptomonnaies), les actifs autorisés et les plages horaires de travail. Les cryptomonnaies s’échangent sans interruption, sept jours sur sept, ce qui impose de décider à l’avance quand le trader surveille ses positions et comment elles sont protégées en son absence.

L’unité de temps et la méthode

Le plan indique l’horizon des opérations, de quelques minutes à plusieurs semaines, et la méthode retenue pour décider d’une entrée. Il décrit le signal de manière assez précise pour qu’un tiers puisse dire si une opération respectait la règle ou non. Une méthode floue rend le bilan impossible.

Les règles de sortie

Avant d’entrer en position, le plan fixe le point de sortie en cas de perte, souvent matérialisé par un ordre stop, et le point de sortie en cas de gain, par exemple un ordre à cours limité ou une règle de sortie progressive. La règle s’applique quel que soit le résultat de l’opération.

La taille des positions

C’est la rubrique la plus déterminante. Une règle répandue consiste à exprimer le risque de chaque opération en pourcentage du capital. Exemple purement arithmétique : avec un capital de 10 000 euros et un risque fixé à 1 % par opération, la perte maximale tolérée est de 100 euros. Si l’ordre stop est placé 5 % sous le prix d’entrée, la position ne peut pas dépasser 2 000 euros, puisque 5 % de 2 000 euros font 100 euros. Avec un effet de levier, le calcul porte sur l’exposition totale et non sur la marge déposée.

Le journal et la revue

Le plan prévoit un journal où chaque opération est consignée : date, actif, raison de l’entrée, taille, prix d’entrée et de sortie, frais, résultat et respect ou non des règles. Une revue à intervalle fixe, chaque semaine ou chaque mois, compare les résultats aux règles. Elle permet de distinguer une règle mauvaise d’une règle mal appliquée.

Comment rédiger un plan de trading

La rédaction suit en général un ordre simple.

  • Faire l’inventaire de sa situation : capital disponible, temps disponible, expérience, réaction aux pertes.
  • Fixer les limites de perte par opération et par période, avant tout objectif de gain.
  • Choisir un nombre restreint de marchés et une seule méthode, décrite par écrit.
  • Définir les règles d’entrée, de sortie et de taille de position.
  • Tester ces règles sans argent réel ou avec des montants très faibles, en tenant le journal dès le départ.
  • Réviser le plan à date fixe, sans le modifier au milieu d’une opération.

Exemple de structure

Le modèle ci-dessous illustre la forme d’un plan. Les chiffres sont des paramètres d’exemple, pas des recommandations.

  • Capital affecté : montant fixe, séparé de l’épargne de précaution.
  • Risque par opération : 1 % du capital au maximum.
  • Limite de perte : arrêt pour la semaine après une perte cumulée de 3 % du capital.
  • Marchés : deux ou trois actifs liquides, sans effet de levier.
  • Unité de temps : graphiques en 4 heures, une analyse matin et soir.
  • Entrée : signal décrit par écrit, identique pour chaque opération.
  • Sortie : ordre stop posé au moment de l’entrée, objectif de sortie défini à l’avance.
  • Suivi : journal rempli après chaque opération, revue mensuelle des écarts aux règles.

Les pièges que le plan doit écarter

L’AMF a mis en garde en juin 2020 contre des structures pyramidales vendant des formations au trading à coups de slogans promettant de l’argent facile. Le régulateur y rappelle qu’on ne devient pas trader en quelques heures et que les plateformes de CFD affichent une proportion de clients perdants généralement comprise entre 70 % et plus de 80 %. Dans sa page « Forex, options binaires : un marché à fuir », l’AMF souligne qu’il n’existe pas de formule gagnante.

Un plan rédigé par soi-même, avec des limites de perte explicites, sert aussi de garde-fou face à ces offres : toute promesse de rendement régulier ou de signal « sûr » entre en contradiction avec des règles écrites qui partent du principe que les pertes font partie de l’activité.

Sources

  1. ESMA agrees to prohibit binary options and restrict CFDs to protect retail investorsESMA · Régulateur · primaire · 27 mars 2018
  2. Binary options and CFDs: the AMF adopts national intervention measuresAutorité des marchés financiers · Régulateur · primaire · 3 juillet 2019
  3. Les CFD (contracts for difference)Autorité des marchés financiers · Régulateur · primaire
  4. Day Trading: Your Dollars at RiskSEC · Régulateur · primaire
  5. Day TradingFINRA · Régulateur · primaire · 4 juin 2026
  6. L'AMF attire l'attention du public sur des structures pyramidales proposant des formations au tradingAutorité des marchés financiers · Régulateur · primaire · 22 juin 2020
  7. Forex, options binaires : un marché à fuirAutorité des marchés financiers · Régulateur · primaire · 28 juillet 2017

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