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Pays sans impôt sur les plus-values crypto : régimes vérifiés auprès des administrations fiscales

La Suisse, Singapour, les Émirats arabes unis et la Slovénie n'imposent pas les plus-values crypto des particuliers qui gèrent leur patrimoine privé ; l'Allemagne les exonère après un an de détention. Chaque régime est vérifié auprès de l'administration fiscale du pays.

Publié le
· mis à jour le 11 septembre 2025
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14 sources
Top Pays sans Taxe sur les Gains en Crypto

Ce que recouvre l'expression « pays sans taxe sur les cryptos »

Aucun pays ne renonce entièrement à taxer les cryptomonnaies. Les régimes dits « sans taxe » exonèrent en général les plus-values réalisées par un particulier qui gère son patrimoine privé. Les gains tirés d'une activité professionnelle de trading, du minage ou d'une rémunération en cryptos restent souvent imposables. L'impôt sur la fortune, quand il existe, peut aussi s'appliquer aux avoirs détenus.

Ce guide ne retient que les pays dont le régime applicable aux particuliers a pu être vérifié auprès d'une administration fiscale ou d'un texte de loi, à la date du 3 octobre 2026. Chaque régime est lié à sa source. Les règles changent souvent : la page officielle citée fait foi.

Suisse : plus-values privées non imposées, fortune imposée

L'Administration fédérale des contributions (AFC) a publié un document de travail sur les cryptomonnaies, daté du 3 août 2022, qui remplace une version de 2019. Selon la page de l'AFC consacrée aux cryptomonnaies, les bénéfices ou pertes tirés de l'achat et de la vente de jetons de paiement détenus dans la fortune privée constituent des gains en capital non imposables ou des pertes en capital non déductibles.

Trois limites s'appliquent. Les jetons de paiement font partie de la fortune mobilière et sont soumis à l'impôt cantonal sur la fortune, à leur valeur vénale. Lorsque la fréquence, l'ampleur et le financement des opérations relèvent d'une activité indépendante, les gains sont réputés professionnels et soumis à l'impôt sur le revenu. Enfin, les récompenses de minage constituent un revenu imposable et les rémunérations de staking sont traitées comme un revenu de la fortune mobilière.

Singapour : pas d'impôt sur les gains en capital, sauf activité de trading

L'administration fiscale singapourienne (IRAS) indique sur sa page sur les revenus imposables que les gains en capital ne sont pas imposables. Son guide sur le traitement fiscal des jetons numériques, dont la dernière version date du 30 janvier 2026, précise que l'achat d'un jeton de paiement n'est pas un fait générateur d'impôt.

La revente est examinée au cas par cas. L'IRAS apprécie l'intention au moment de l'achat à l'aide des critères dits « badges of trade ». Si la cession relève d'une activité de trading, le gain est imposable et la perte déductible. Pour les jetons minés, le guide indique que les gains de cession ne sont pas imposables lorsque le minage est un loisir ou que les jetons sont conservés comme placement de long terme.

Émirats arabes unis : pas d'impôt sur le revenu des personnes physiques

Le portail officiel du gouvernement émirien indique sur sa page consacrée à la fiscalité que les Émirats arabes unis ne prélèvent pas d'impôt sur le revenu des particuliers. Les plus-values en cryptomonnaies d'une personne physique n'y sont donc pas soumises à un impôt sur le revenu. Le même portail rappelle qu'un impôt sur les sociétés s'applique au bénéfice net des entreprises : une activité exercée au travers d'une société relève d'un autre régime.

Slovénie : gains privés exonérés selon l'administration fiscale

L'administration financière slovène (FURS) indique sur sa page consacrée au commerce de monnaies virtuelles, mise à jour le 14 avril 2025, que l'impôt sur le revenu n'est pas dû sur les gains en capital qu'une personne physique tire de la vente de monnaies virtuelles, y compris de jetons cryptographiques, à condition que ces revenus ne soient pas liés à l'exercice d'une activité.

Lorsqu'une personne exerce le trading de monnaies virtuelles dans le cadre d'une activité, le revenu est imposé comme un revenu d'activité, sur la base des recettes et dépenses réelles ou de dépenses forfaitaires, et des cotisations sociales sont dues. La FURS précise que l'âge du contribuable n'entre pas en compte pour qualifier ce revenu.

Allemagne : exonération après un an de détention

L'Allemagne taxe les cryptomonnaies, mais exonère les plus-values privées au-delà d'un an de détention. Le ministère fédéral des Finances (BMF) a publié le 6 mars 2025 une instruction sur les cryptoactifs, qui remplace celle du 10 mai 2022. Elle classe les cryptoactifs parmi les « autres biens » de l'article 23 de la loi sur l'impôt sur le revenu.

Selon l'article 23 de cette loi (EStG), la cession d'un tel bien est imposable seulement si moins d'un an s'écoule entre l'achat et la vente. Les gains restent exonérés lorsque le total des gains de cessions privées de l'année est inférieur à 1 000 euros ; le seuil était de 600 euros avant l'année d'imposition 2023, selon l'instruction du BMF. Cette même instruction précise que l'allongement de la durée de détention à dix ans ne s'applique pas aux jetons de paiement.

Avant un an, le gain s'ajoute au revenu imposable. Le taux marginal maximal est de 45 % à partir de 277 826 euros de revenu imposable selon l'article 32a de l'EStG, auquel s'ajoute la contribution de solidarité de 5,5 % de l'impôt pour les contribuables qui y restent soumis.

Estonie : gains imposés comme un revenu, à 22 %

L'Estonie n'exonère pas les plus-values en cryptomonnaies. L'administration fiscale estonienne (EMTA) indique sur sa page consacrée aux cryptoactifs, datée du 15 février 2026, que l'impôt sur le revenu s'applique aux gains tirés de la cession, y compris de l'échange, de cryptoactifs.

Le taux de l'impôt sur le revenu des résidents est de 22 % en 2025 et en 2026, selon la page des taux de l'EMTA. Les pertes sur des cessions réalisées auprès d'un prestataire agréé au titre du règlement européen MiCA peuvent être déduites des gains de la même période et reportées. Les pertes subies sur une plateforme sans agrément MiCA ne sont pas prises en compte.

Pays retirés de ce guide

La version précédente de ce guide citait aussi Malte, Chypre, la Grèce, le Salvador, la Malaisie, le Panama, les Bahamas, la Thaïlande, la Bulgarie et l'Andorre. Ces pays n'y figurent plus : leur régime fiscal des cryptomonnaies pour les particuliers n'a pas pu être vérifié auprès de leur administration fiscale ou d'un texte de loi accessible. Ils pourront être réintégrés lorsqu'une source officielle sera disponible.

Le point de départ : la fiscalité française et le départ à l'étranger

En France, les plus-values de cession d'actifs numériques des particuliers relèvent de l'article 150 VH bis du code général des impôts. Selon la notice du formulaire 2086 publiée par la DGFiP pour 2026, elles sont imposées au taux forfaitaire de 12,8 %, auquel s'ajoutent les prélèvements sociaux, sauf option pour le barème progressif. Les cessions sont exonérées lorsque le total des prix de cession du foyer fiscal ne dépasse pas 305 euros dans l'année.

Un changement de pays ne modifie la fiscalité que si le domicile fiscal est réellement transféré. Selon la page de l'administration fiscale destinée aux non-résidents, un non-résident reste imposé en France sur ses revenus de source française, sous réserve de la convention fiscale conclue entre la France et son pays de résidence. L'administration publie également le formulaire 2074-ETD, qui sert à déclarer les plus-values latentes et les plus-values en report d'imposition en cas de transfert du domicile fiscal hors de France.

Ce guide décrit des régimes fiscaux et ne constitue pas un conseil. Une expatriation engage aussi le droit du travail, la protection sociale, le droit de séjour et les conventions fiscales : ces points relèvent d'un conseil juridique ou fiscal individualisé.

Sources

  1. Les cryptomonnaies et la fiscalitéAdministration fédérale des contributions (AFC) · Source officielle · primaire
  2. Taxable & Non-Taxable IncomeInland Revenue Authority of Singapore (IRAS) · Source officielle · primaire
  3. IRAS e-Tax Guide : Income Tax Treatment of Digital TokensInland Revenue Authority of Singapore (IRAS) · Document · primaire · 30 janvier 2026
  4. TaxationPortail officiel du gouvernement des Émirats arabes unis (u.ae) · Source officielle · primaire
  5. Trgujem z virtualnimi valutamiFinančna uprava Republike Slovenije (FURS) · Source officielle · primaire · 14 avril 2025
  6. § 23 EStG – Private VeräußerungsgeschäfteBundesministerium der Justiz (gesetze-im-internet.de) · Document · primaire
  7. § 32a EStG – EinkommensteuertarifBundesministerium der Justiz (gesetze-im-internet.de) · Document · primaire
  8. § 4 SolZG 1995 – ZuschlagsatzBundesministerium der Justiz (gesetze-im-internet.de) · Document · primaire
  9. Einzelfragen zur ertragsteuerrechtlichen Behandlung bestimmter KryptowerteBundesministerium der Finanzen (BMF) · Source officielle · primaire · 6 mars 2025
  10. Crypto-assetsMaksu- ja Tolliamet (EMTA) · Source officielle · primaire · 15 février 2026
  11. Tax ratesMaksu- ja Tolliamet (EMTA) · Source officielle · primaire
  12. Déclaration n° 2086 et notice : plus ou moins-values réalisées en 2025 suite à des cessions d'actifs numériquesDirection générale des finances publiques · Source officielle · primaire
  13. Tax liability and reporting obligations in France for non-residentsDirection générale des Finances publiques (impots.gouv.fr) · Source officielle · primaire
  14. Formulaire 2074-ETD – Exit taxDirection générale des Finances publiques (impots.gouv.fr) · Source officielle · primaire

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