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Options crypto : définition, fonctionnement, risques et cadre légal en France

Une option crypto donne le droit, sans l'obligation, d'acheter ou de vendre une cryptomonnaie à un prix fixé d'avance jusqu'à une échéance. Ce produit dérivé obéit aux règles des marchés financiers, pas à celles de MiCA.

Publié le
· mis à jour le 11 septembre 2025
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Options crypto

Qu'est-ce qu'une option sur cryptomonnaie ?

Une option est un contrat dérivé. Son acheteur paie une prime au vendeur et obtient en échange le droit, mais pas l'obligation, d'acheter ou de vendre un actif sous-jacent à un prix convenu, le prix d'exercice (strike), à une échéance donnée. Le glossaire de la CFTC, le régulateur américain des dérivés, définit la prime comme « le paiement que l'acheteur d'une option fait au vendeur pour l'octroi du contrat ». Pour une option crypto, le sous-jacent est une cryptomonnaie : le plus souvent le bitcoin (BTC) ou l'ether (ETH).

Il existe deux familles :

  • l'option d'achat (call), qui donne le droit d'acheter le sous-jacent au prix d'exercice ;
  • l'option de vente (put), qui donne le droit de le vendre au prix d'exercice.

L'acheteur d'une option risque au plus la prime payée. Le vendeur, appelé aussi émetteur, encaisse la prime mais s'engage à livrer ou à acheter le sous-jacent si l'acheteur exerce son droit : sa perte potentielle est beaucoup plus large, et théoriquement illimitée pour un call vendu sans détenir le sous-jacent.

Les paramètres d'un contrat

Chaque option se définit par quatre éléments : le sous-jacent, le type (call ou put), le prix d'exercice et la date d'échéance. Sur Deribit, ces paramètres figurent dans le nom même de l'instrument : BTC-3OCT26-74000-C désigne un call sur le bitcoin, d'échéance au 3 octobre 2026 et de prix d'exercice 74 000 dollars, selon l'API publique de la plateforme consultée le 2 octobre 2026.

Valeur intrinsèque et valeur temps

La prime se décompose en deux parts, selon les définitions de la CFTC :

  • la valeur intrinsèque mesure ce que rapporterait un exercice immédiat : l'écart entre le cours du sous-jacent et le prix d'exercice lorsqu'il est favorable au détenteur, zéro sinon ;
  • la valeur temps est la part de la prime qui dépasse la valeur intrinsèque. Elle reflète la probabilité que l'option devienne gagnante avant l'échéance et diminue à mesure que l'échéance approche.

La volatilité attendue du sous-jacent pèse fortement sur la valeur temps. Les plateformes affichent pour cela une volatilité implicite, déduite des primes cotées.

Style européen et style américain

Une option européenne ne peut être exercée qu'à la date d'échéance. Une option américaine peut l'être à tout moment jusqu'à cette date, selon les définitions de la CFTC. Dans les deux cas, le détenteur peut revendre son option sur le marché avant l'échéance au lieu de l'exercer.

Les stratégies de base

L'exemple suivant porte sur un actif fictif coté 100 dollars ; les chiffres sont illustratifs et ne décrivent aucun cours réel.

Achat de call et achat de put

L'achat d'un call de prix d'exercice 105 pour une prime de 4 devient rentable à l'échéance au-dessus de 109 (105 + 4). Si l'actif finit à 120, le call vaut 15 et le gain net atteint 11. S'il finit sous 105, le call expire sans valeur et la perte se limite à la prime de 4.

L'achat d'un put de prix d'exercice 95 fonctionne en miroir : il prend de la valeur si l'actif baisse sous 95. Le détenteur de l'actif s'en sert comme d'une assurance contre la baisse, dont la prime est le coût.

Vente couverte

Le détenteur d'un actif peut vendre un call sur cet actif : c'est le covered call, défini par la CFTC comme une position vendeuse d'option couverte par la position inverse sur le sous-jacent. Il encaisse la prime, mais renonce à la hausse au-delà du prix d'exercice.

Spreads et stratégies de volatilité

Un spread vertical combine l'achat et la vente de deux options de même échéance et de prix d'exercice différents : le coût baisse, le gain maximal est plafonné. Un straddle achète un call et un put de même prix d'exercice et de même échéance ; il gagne si l'actif s'éloigne fortement de ce prix, dans un sens ou dans l'autre, de plus que le total des deux primes. Le strangle fait de même avec deux prix d'exercice distincts, pour une prime plus faible mais un mouvement nécessaire plus ample. Un calendar spread vend une option proche et achète une option plus lointaine au même prix d'exercice, en misant sur l'érosion plus rapide de la valeur temps de la première.

Où se négocient les options crypto

Deribit est la principale plateforme spécialisée. Coinbase a signé le 8 mai 2025 un accord pour la racheter, contre 700 millions de dollars en numéraire et 10 997 881 actions de classe A, selon son formulaire 8-K déposé auprès de la SEC. L'opération a été finalisée le 14 août 2025. Dans sa lettre aux actionnaires du troisième trimestre 2025, Coinbase présente Deribit comme la première plateforme d'options crypto par volume et par intérêt ouvert, et lui attribue 52 millions de dollars de revenus sur le trimestre.

Le 2 octobre 2026, l'API publique de Deribit recensait :

  • 996 options sur le bitcoin réglées en bitcoin et 840 options sur l'ether réglées en ether ;
  • 3 464 options réglées en USDC, sur le bitcoin, l'ether, Solana, XRP, Avalanche, Tron et Hyperliquid ;
  • des échéances quotidiennes, hebdomadaires et mensuelles, fixées à 08:00 UTC ;
  • pour les options BTC réglées en bitcoin, un contrat de 1 BTC, une quantité minimale de 0,1 BTC et une commission de 0,03 % pour les ordres maker comme taker.

Le cadre légal en France et dans l'Union européenne

Les options crypto ne relèvent pas du règlement européen MiCA. Selon l'ESMA, MiCA couvre les crypto-actifs qui ne sont pas déjà régis par la législation sur les services financiers. Dès février 2018, l'AMF a estimé qu'un contrat sur cryptomonnaie réglé en espèces peut constituer un produit dérivé, quelle que soit la qualification juridique de la cryptomonnaie. Les plateformes qui en proposent doivent alors respecter la directive MIF 2 (agrément, règles de conduite), les obligations de déclaration EMIR et l'interdiction de publicité électronique issue de la loi Sapin 2.

Les mesures adoptées par l'ESMA le 27 mars 2018 interdisent la vente d'options binaires aux particuliers et limitent l'effet de levier des CFD sur cryptomonnaies à 2 pour 1. L'AMF tient une liste noire dédiée aux produits dérivés sur crypto-actifs et rappelle qu'une société absente des listes noires doit encore disposer des autorisations nécessaires pour exercer en France.

Les risques propres aux options

  • Perte totale de la prime : une option achetée qui expire hors de la monnaie ne vaut plus rien.
  • Érosion de la valeur temps : à cours inchangé, une option achetée perd de la valeur chaque jour.
  • Pertes étendues pour le vendeur : le vendeur d'une option non couverte peut perdre bien plus que la prime encaissée.
  • Règlement en cryptomonnaie : sur les options réglées en bitcoin ou en ether, gains et pertes sont exprimés dans l'actif lui-même, dont la valeur en euros varie.
  • Liquidité : l'offre se concentre sur quelques actifs et quelques plateformes, avec des écarts de cotation plus larges sur les échéances lointaines.

La fiscalité

La notice du formulaire 2086 (millésime 2026) précise que les plus-values de cession d'actifs numériques réalisées par les particuliers relèvent de l'article 150 VH bis du code général des impôts : un taux forfaitaire de 12,8 %, auquel s'ajoutent les prélèvements sociaux, ou, sur option globale et irrévocable, le barème progressif. Le Bulletin officiel des finances publiques exonère les foyers dont le total des prix de cession d'actifs numériques ne dépasse pas 305 euros sur l'année : le seuil porte sur les prix de cession, pas sur la plus-value.

Ce régime vise les cessions d'actifs numériques. La notice du 2086 ne mentionne pas les contrats d'options, que l'AMF range parmi les produits dérivés. Le traitement des gains sur options crypto dépend donc de la nature du contrat et de la situation du contribuable, et relève de l'administration fiscale.

Sources

  1. CFTC GlossaryCommodity Futures Trading Commission · Régulateur · primaire
  2. API publique Deribit, get_instruments (options)Deribit · Données de marché · primaire · 2 octobre 2026
  3. Coinbase Global, Inc. – Form 8-K (accord d'acquisition de Deribit)Coinbase Global, Inc. (SEC EDGAR) · Document · primaire · 8 mai 2025
  4. Coinbase Q3 2025 Shareholder LetterCoinbase Global, Inc. (SEC EDGAR) · Document · primaire · 30 octobre 2025
  5. The AMF considers that the offer of cryptocurrency derivatives requires authorisation and that it is prohibited to advertise such offer via electronic meansAutorité des marchés financiers · Régulateur · primaire · 22 février 2018
  6. Markets in Crypto-Assets Regulation (MiCA)ESMA · Régulateur · primaire
  7. ESMA agrees to prohibit binary options and restrict CFDs to protect retail investorsESMA · Régulateur · primaire · 27 mars 2018
  8. Listes noires des sociétés et sites non autorisésAutorité des marchés financiers · Régulateur · primaire
  9. Déclaration n° 2086 et notice : plus ou moins-values réalisées en 2025 suite à des cessions d'actifs numériquesDirection générale des finances publiques · Source officielle · primaire
  10. BOI-RPPM-PVBMC-30-10 - Cession d'actifs numériques à titre occasionnel - Champ d'applicationDirection générale des Finances publiques (BOFiP) · Source officielle · primaire · 2 septembre 2019

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