Arnaques crypto : les 10 escroqueries les plus courantes et comment les repérer
Hameçonnage, fausses plateformes d'investissement, pyramides de Ponzi : les escroqueries aux cryptomonnaies reposent sur quelques mécanismes récurrents. Les signalements recensés par le FBI et les autorités européennes permettent d'en dresser l'inventaire et d'identifier les signaux d'alerte.
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- · mis à jour le 11 septembre 2025
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L'ampleur des escroqueries aux cryptomonnaies
Le rapport annuel 2024 de l'Internet Crime Complaint Center du FBI recense 149 686 plaintes mentionnant des cryptomonnaies aux États-Unis, pour 9,3 milliards de dollars de pertes déclarées, soit une hausse de 66 % sur un an. La fraude à l'investissement en cryptomonnaie en représente à elle seule 41 557 plaintes et 5,8 milliards de dollars. Les plus de 60 ans forment la tranche d'âge la plus touchée, avec 2,84 milliards de dollars de pertes déclarées.
Du côté de l'analyse on-chain, la société Chainalysis estime dans son rapport publié le 8 janvier 2026 que les adresses illicites ont reçu au moins 154 milliards de dollars en 2025. Cette hausse provient surtout des flux vers des entités sanctionnées. Ces montants sont des planchers : ils grossissent à mesure que de nouvelles adresses sont identifiées. Chainalysis a ainsi relevé son estimation pour 2024 de 40,9 à 57,2 milliards de dollars, et, dans son rapport de janvier 2024, celle de 2022 de 20,6 à 39,6 milliards.
Derrière ces chiffres, les techniques se ressemblent. Voici les dix mécanismes les plus fréquents et les vérifications qui permettent de les déjouer.
1. Le phishing, ou hameçonnage
Le phishing consiste à imiter une plateforme, un portefeuille ou un service d'assistance pour obtenir des identifiants, une phrase de récupération ou une signature de transaction. Le message arrive par e-mail, SMS, réseau social ou messagerie et renvoie vers un site miroir dont l'adresse diffère de l'original d'un caractère ou d'une extension.
La règle de base figure en tête des consignes de sécurité d'ethereum.org : ne jamais partager, pour aucune raison, sa phrase de récupération ou ses clés privées. Un service légitime ne la demande jamais. Les bons réflexes : saisir soi-même l'adresse du site officiel plutôt que suivre un lien, activer la double authentification sur les comptes de plateforme et se méfier de toute demande présentée comme urgente.
2. Les faux airdrops, faux tokens et NFT non sollicités
Des escrocs envoient des tokens ou des NFT dans un portefeuille, accompagnés d'un lien vers un site censé permettre de les réclamer ou de les échanger. Selon ethereum.org, ce site frauduleux sert à compromettre le portefeuille. La victime signe une transaction qui accorde au contrat malveillant le droit de dépenser ses actifs.
La même source recommande de ne jamais accorder de limite de dépense illimitée à un smart contract, car une autorisation illimitée peut permettre de vider le portefeuille. Un actif reçu sans raison ne doit pas être manipulé, et les autorisations accordées par le passé peuvent être consultées et révoquées depuis un explorateur de blocs.
3. Les faux giveaways
Le schéma est ancien et toujours actif : un compte se faisant passer pour une personnalité ou une entreprise promet de renvoyer le double de toute somme envoyée à une adresse. Les escrocs utilisent désormais des vidéos truquées par deepfake. La formule d'ethereum.org est sans ambiguïté : les giveaways sont toujours des arnaques, et les fonds envoyés sont perdus définitivement.
4. Les virus et logiciels malveillants
Un logiciel malveillant installé sur un ordinateur ou un téléphone peut enregistrer les frappes au clavier, voler des fichiers de portefeuille ou remplacer une adresse copiée dans le presse-papiers par celle du pirate. Il arrive souvent par une fausse application de portefeuille, une pièce jointe ou une prétendue mise à jour. Les parades restent classiques : télécharger les applications depuis le site ou le magasin officiel de l'éditeur, maintenir le système à jour et vérifier les premiers et derniers caractères d'une adresse avant chaque envoi.
5. Le faux support technique
Sur Discord, Telegram ou les réseaux sociaux, des comptes se présentent comme l'assistance d'un projet ou d'une plateforme et proposent de résoudre un problème en message privé. Selon ethereum.org, les équipes officielles ne communiquent jamais par des canaux privés et non officiels. Toute demande d'assistance passe par le site du service concerné.
6. Les escroqueries sentimentales et le « pig butchering »
L'escroc noue une relation en ligne, amicale ou amoureuse, puis présente une opportunité d'investissement en cryptomonnaie sur une plateforme qu'il contrôle. Le FBI décrit dans son rapport 2024 ce mécanisme, appelé « pig butchering » : la victime est incitée à investir de plus en plus sur une plateforme qui affiche des gains fictifs, puis ne parvient plus à retirer ses fonds. Dans le cadre de l'opération Level Up, le FBI a prévenu 4 323 victimes, dont 76 % ignoraient être escroquées.
Un signal ne trompe pas : une personne rencontrée en ligne qui oriente la conversation vers un placement et vers une plateforme précise.
7. Les fausses plateformes et faux bots de trading
Ces offres promettent des rendements élevés et réguliers grâce à un algorithme de trading. L'exemple le plus connu est BitConnect. La Securities and Exchange Commission américaine l'a poursuivi en 2021, lui reprochant d'avoir collecté environ 2 milliards de dollars entre début 2017 et janvier 2018 en vantant un robot de trading censé produire des rendements exorbitants. Selon la SEC, les fonds n'étaient pas investis mais transférés vers des portefeuilles contrôlés par les dirigeants, dans un schéma de type Ponzi.
En France, l'Autorité des marchés financiers publie des listes noires thématiques, dont une consacrée aux crypto-actifs, qui recensent les sites et entités proposant des services sans autorisation. Ces listes ne sont pas exhaustives : l'absence d'un nom ne vaut pas garantie.
8. Les systèmes de Ponzi et le marketing de réseau
Un système de Ponzi rémunère les premiers participants avec l'argent des suivants. Il s'effondre dès que les nouvelles entrées ralentissent. Dans sa version « multi-niveaux », la rémunération dépend surtout du recrutement de nouveaux membres plutôt que d'une activité réelle. Les signaux d'alerte sont des rendements fixes et élevés sans modèle économique identifiable, des bonus de parrainage, et des retraits soudainement limités ou retardés.
9. Le pump and dump
Un groupe accumule un token peu liquide, puis en fait la promotion coordonnée sur les réseaux sociaux, Telegram ou par des influenceurs. Une fois le prix monté par les achats du public, les organisateurs vendent. Le cours s'effondre et les derniers acheteurs supportent la perte. Une hausse brutale sans annonce vérifiable, portée par des messages insistants, correspond à ce schéma.
10. Rug pull, fausses ICO et allocations cachées
Le rug pull désigne la disparition des créateurs d'un projet avec les fonds collectés ou la liquidité déposée. Les fausses levées de fonds (ICO ou préventes) s'appuient sur un site soigné, un livre blanc ambitieux et une équipe parfois inventée. D'autres projets cachent la part réelle des tokens détenue par l'équipe ou se réservent la possibilité d'en émettre davantage.
Plusieurs vérifications réduisent le risque : l'identité publique et vérifiable de l'équipe, l'existence d'un audit du smart contract par un tiers, la répartition des tokens lisible directement sur un explorateur de blocs, et la présence de périodes de blocage (vesting) pour les tokens de l'équipe.
Vérifier un prestataire avant d'investir
Dans l'Union européenne, le règlement MiCA encadre les prestataires de services sur crypto-actifs. Selon l'Autorité européenne des marchés financiers (ESMA), il est entré en vigueur en juin 2023 et s'applique entièrement depuis décembre 2024. La période transitoire maximale accordée aux prestataires déjà actifs sous un régime national a pris fin le 1er juillet 2026. L'ESMA tient un registre des prestataires agréés et des entités non conformes.
L'AMF rappelle les signaux d'alerte communs à la plupart de ces escroqueries : un interlocuteur inconnu qui prend contact, la promesse de rendements très élevés et sans risque, une pression pour décider vite et une demande de virement vers l'étranger. Le service AMF Épargne Info Service répond aux questions des particuliers sur une proposition douteuse.
Sources
- Internet Crime Report 2024FBI – Internet Crime Complaint Center (IC3) · Régulateur · primaire
- 2026 Crypto Crime Report: introductionChainalysis · Document · primaire · 8 janvier 2026
- 2024 Crypto Crime Report: introductionChainalysis · Document · primaire · 18 janvier 2024
- SEC Charges Global Crypto Lending Platform and Top Executives in $2 Billion FraudU.S. Securities and Exchange Commission · Régulateur · primaire · 1 septembre 2021
- Ethereum security and scam preventionethereum.org · Source officielle · primaire
- Listes noires des sociétés et sites non autorisésAutorité des marchés financiers · Régulateur · primaire
- Markets in Crypto-Assets Regulation (MiCA)ESMA · Régulateur · primaire
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