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Trading

Trading forex : définition, fonctionnement, risques et réglementation

Le forex est le marché mondial des changes, où s'échangent en moyenne 9 600 milliards de dollars par jour selon la BRI. Son trading par les particuliers, à effet de levier, est strictement encadré en Europe.

Publié le
· mis à jour le 11 septembre 2025
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6 min de lecture
Sources
5 sources
Tout savoir sur le trading forex

Avertissement. Le trading d'actions, de devises (forex), de CFD et d'options comporte un risque élevé de perte en capital. Les CFD sont des produits complexes : avec l'effet de levier, la majorité des comptes de particuliers perdent de l'argent. Cette page informe, elle ne constitue pas un conseil en investissement.

Qu'est-ce que le forex ?

Le forex, contraction de « foreign exchange », désigne le marché des changes, sur lequel les devises du monde entier s'échangent entre elles. C'est le plus grand marché financier par les volumes. Selon l'enquête triennale de la Banque des règlements internationaux (BRI), publiée le 30 septembre 2025, les échanges ont atteint en moyenne 9 600 milliards de dollars par jour en avril 2025, en hausse de 28 % par rapport à 2022.

Le forex n'a pas de bourse centrale. Les transactions passent de gré à gré entre banques, fonds, entreprises, banques centrales et courtiers. Les échanges se déplacent au fil des fuseaux horaires, de l'Asie à l'Europe puis à l'Amérique, ce qui permet au marché de fonctionner en continu du lundi au vendredi. D'après la même enquête de la BRI, le Royaume-Uni, les États-Unis, Singapour et Hong Kong concentrent 75 % des volumes, dont 38 % pour le seul Royaume-Uni.

À quoi sert le marché des changes ?

Le forex répond d'abord à des besoins concrets. Une entreprise qui importe des marchandises payées en dollars doit acheter des dollars. Un exportateur qui encaisse des yens les convertit en euros. Les banques centrales interviennent pour gérer leurs réserves. Les gérants de fonds changent des devises pour acheter des actifs étrangers.

Les acteurs y poursuivent trois objectifs principaux :

  • la couverture : se protéger contre une variation défavorable d'un taux de change ;
  • la spéculation : chercher à tirer profit de l'évolution d'une paire de devises ;
  • la diversification : détenir des actifs libellés dans plusieurs monnaies.

Le marché ne se limite pas aux achats et ventes au comptant. Selon la BRI, les swaps de change représentaient environ 4 000 milliards de dollars par jour en avril 2025. Le comptant (spot) pesait 31 % des volumes et les contrats à terme ferme (forwards) 19 %.

Qu'est-ce que le trading de forex ?

Le trading de forex consiste à acheter et vendre des devises pour profiter des variations de leur taux de change. Le trader achète une paire s'il anticipe une hausse de la devise de base face à la devise de cotation, et la vend s'il anticipe une baisse. Pour les particuliers, ce trading passe le plus souvent par des produits dérivés, en particulier les CFD (contrats pour la différence), proposés par des courtiers en ligne. Le client n'achète alors pas les devises elles-mêmes : il prend une position sur l'écart de prix entre l'ouverture et la clôture du contrat.

Comment fonctionne une paire de devises ?

Devise de base et devise de cotation

Sur le forex, les devises se négocient toujours par paires. Dans la paire EUR/USD, l'euro est la devise de base et le dollar américain la devise de cotation. Le prix indique combien d'unités de la devise de cotation il faut pour obtenir une unité de la devise de base.

Un exemple avec une donnée officielle : le taux de référence publié par la Banque centrale européenne pour l'EUR/USD était de 1,1298 le 1er octobre 2026. Ce jour-là, il fallait donc 1,1298 dollar pour obtenir un euro. La BCE précise que ces taux de référence sont publiés à titre d'information.

Paires majeures, mineures et exotiques

Le dollar domine le marché : la BRI relève qu'il figure dans 89 % des transactions de change en avril 2025. L'euro suit avec 28,9 % et le yen avec 16,8 % (le total dépasse 100 % car chaque transaction implique deux devises). Les courtiers classent les paires en trois grandes familles :

  • les paires majeures associent le dollar à une autre grande devise : EUR/USD, USD/JPY, GBP/USD, USD/CHF, USD/CAD ou AUD/USD. Ce sont les plus échangées ;
  • les paires mineures, ou croisées, associent deux grandes devises sans le dollar, comme EUR/GBP ou EUR/JPY ;
  • les paires exotiques associent une grande devise à celle d'une économie émergente ou plus petite, comme EUR/TRY ou USD/ZAR. Elles sont en général moins liquides, avec des écarts de prix plus larges.

Le pip

Le pip (« percentage in point ») est l'unité de variation usuelle d'un taux de change. Pour la plupart des paires, il correspond à la quatrième décimale, soit 0,0001. Si l'EUR/USD passe de 1,1298 à 1,1299, il a progressé d'un pip. Pour les paires cotées en yen, le pip correspond par convention à la deuxième décimale, soit 0,01. De nombreux courtiers affichent une décimale supplémentaire, appelée fraction de pip.

Le lot

Le lot est l'unité de taille des positions. Par convention de marché, un lot standard représente 100 000 unités de la devise de base, un mini-lot 10 000 unités et un micro-lot 1 000 unités. Sur un lot standard d'EUR/USD, un pip vaut 10 dollars ; sur un micro-lot, il vaut 10 cents. La taille de la position détermine donc directement le montant gagné ou perdu pour chaque pip de variation.

L'effet de levier et la marge

L'effet de levier permet d'ouvrir une position plus grande que le capital déposé. La marge est la somme bloquée par le courtier pour garantir la position. Avec un levier de 30 pour 1, une position de 30 000 euros mobilise une marge de 1 000 euros. Le levier amplifie les gains comme les pertes : une variation de 1 % du taux de change représente alors environ 30 % de la marge engagée.

Ce que dit la réglementation européenne

Dans l'Union européenne, le trading de forex par CFD des particuliers est encadré depuis 2018. Le 27 mars 2018, l'Autorité européenne des marchés financiers (ESMA) a annoncé l'interdiction des options binaires pour les particuliers et des restrictions sur les CFD :

  • un levier maximal de 30 pour 1 sur les paires de devises majeures et de 20 pour 1 sur les paires non majeures, l'or et les grands indices ;
  • la clôture automatique des positions lorsque la marge du compte tombe à 50 % de la marge minimale requise ;
  • une protection contre le solde négatif, qui empêche un client particulier de perdre plus que les fonds déposés sur son compte ;
  • un avertissement standardisé indiquant la part des comptes de clients particuliers qui perdent de l'argent chez le courtier.

L'ESMA justifiait ces mesures par les analyses des régulateurs nationaux : selon son communiqué, 74 % à 89 % des comptes de particuliers perdaient généralement de l'argent sur les CFD, avec des pertes moyennes par client allant de 1 600 à 29 000 euros.

Les risques et les arnaques

En France, l'Autorité des marchés financiers (AMF) qualifie le forex et les options binaires de « marché à fuir » pour les particuliers. Elle rappelle que « la martingale n'existe pas » et met en garde contre les promesses de gains faciles et rapides, qui cachent souvent des arnaques. Elle signale aussi les fraudes « de seconde main » : de faux avocats ou de faux professionnels de la finance proposent de récupérer les sommes perdues, contre paiement.

L'AMF tient une liste noire des sites et sociétés non autorisés, dont une liste dédiée au forex, mise à jour régulièrement. Le régulateur y précise que de nouveaux acteurs non autorisés apparaissent en permanence. Vérifier qu'un courtier dispose d'un agrément valable en France reste la première précaution avant toute ouverture de compte.

Au-delà de la fraude, le trading de forex cumule plusieurs risques propres : le levier, qui accélère les pertes ; la volatilité, forte lors des annonces de banques centrales ou des publications économiques ; l'écart entre prix d'achat et de vente (spread), plus large sur les paires peu liquides ; et les frais de financement des positions conservées d'un jour sur l'autre.

Analyse fondamentale et analyse technique

Deux grandes méthodes servent à étudier le marché des changes. L'analyse fondamentale s'intéresse aux facteurs économiques et politiques : décisions de taux des banques centrales, inflation, croissance, emploi, balance commerciale, tensions géopolitiques. L'analyse technique étudie l'historique des cours, à l'aide de graphiques, de niveaux de support et de résistance et d'indicateurs comme le RSI ou le MACD. Aucune de ces méthodes ne garantit un résultat, comme le rappellent les chiffres de pertes publiés par l'ESMA.

Sources

  1. Global FX trading hits $9.6 trillion per day in April 2025Banque des règlements internationaux · Source officielle · primaire · 30 septembre 2025
  2. ESMA agrees to prohibit binary options and restrict CFDs to protect retail investorsESMA · Régulateur · primaire · 27 mars 2018
  3. Forex, options binaires : un marché à fuirAutorité des marchés financiers · Régulateur · primaire · 28 juillet 2017
  4. Listes noires des sociétés et sites non autorisésAutorité des marchés financiers · Régulateur · primaire
  5. US dollar (USD) – euro reference exchange ratesBanque centrale européenne · Données de marché · primaire · 1 octobre 2026

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