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Trading

L'analyse technique en trading : définition, théorie de Dow et limites

L'analyse technique étudie l'historique des prix et des volumes pour tenter d'anticiper leurs mouvements. Ses principes remontent aux éditoriaux de Charles Dow et restent discutés par la recherche académique.

Publié le
· mis à jour le 11 septembre 2025
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7 sources
analyse technique trading

Définition de l'analyse technique

L'analyse technique est une méthode d'étude des marchés fondée sur les prix passés et les volumes échangés. Elle ne cherche pas à estimer la valeur d'un actif, mais à repérer dans son graphique des tendances, des zones de prix et des configurations récurrentes. Son postulat est simple : l'historique des cours contiendrait l'essentiel de l'information utile pour formuler des hypothèses sur leur évolution.

La méthode s'applique à tout actif coté en continu : actions, indices, devises, matières premières ou cryptomonnaies. Les mêmes outils servent sur des échelles de temps très différentes, de la minute pour le trading à court terme jusqu'à la semaine ou au mois pour les tendances longues.

Les origines : la théorie de Dow

Charles Dow et ses éditoriaux

Charles Dow (1851-1902) a cofondé Dow Jones & Company avec Edward Jones et Charles Bergstresser, ainsi que le Wall Street Journal, selon sa notice Wikipédia. La même source indique qu'il publie dès 1884 une moyenne de onze valeurs, dont neuf compagnies ferroviaires, puis qu'il expose à partir de 1899, dans des éditoriaux, ses observations sur les mouvements de prix.

Dow n'a jamais présenté ces textes comme un système de trading. Après sa mort en 1902, son successeur William Peter Hamilton les organise et les prolonge. Hamilton publie en 1922, chez Harper and Brothers, The Stock Market Barometer, une étude de la valeur prévisionnelle des moyennes boursières « fondée sur la théorie du mouvement des prix de Charles H. Dow ». Robert Rhea poursuit ce travail de formalisation dans les années suivantes.

Les principes de la théorie

La théorie de Dow, telle que la résume l'article Wikipédia qui lui est consacré, repose sur six principes :

  • le marché combine trois mouvements : une tendance primaire (de moins d'un an à plusieurs années), des réactions secondaires (de dix jours à trois mois) et des mouvements mineurs ;
  • une tendance primaire traverse trois phases : accumulation, participation du public, distribution ;
  • les prix intègrent rapidement toute information nouvelle ;
  • les moyennes boursières doivent se confirmer entre elles ;
  • le volume confirme la tendance ;
  • une tendance persiste tant qu'un signal clair de retournement n'est pas apparu.

Dans la phase d'accumulation, des investisseurs informés achètent alors que le marché reste peu actif. La phase de participation du public voit les suiveurs de tendance entrer et les prix évoluer rapidement. Pendant la distribution, les premiers acheteurs vendent à ceux qui arrivent tard. Ce schéma reste l'une des grilles de lecture les plus citées par les praticiens.

Les grandes familles de méthodes

L'analyse des tendances

Le premier travail de l'analyste technique consiste à qualifier la tendance. Une suite de plus hauts et de plus bas croissants définit une tendance haussière ; une suite décroissante, une tendance baissière ; des prix contenus dans un couloir horizontal, un marché sans tendance, aussi appelé range. Les lignes de tendance, tracées en reliant plusieurs points bas ou plusieurs points hauts, matérialisent cette lecture.

Les supports et résistances

Un support est une zone de prix où les achats ont plusieurs fois interrompu une baisse. Une résistance est une zone où les ventes ont plusieurs fois stoppé une hausse. Ces niveaux servent à placer des points d'entrée, des objectifs et des ordres stop. Lorsqu'un support est franchi à la baisse, il devient souvent, dans la lecture technique, une résistance.

Les figures chartistes

L'analyse chartiste recherche dans le graphique des configurations dessinées par les prix : tête-épaules, double sommet, triangle, drapeau, biseau. Certaines sont lues comme des signaux de retournement, d'autres comme des signaux de continuation de la tendance en cours. Leur identification reste en partie subjective : deux analystes peuvent lire différemment le même graphique.

Les indicateurs quantitatifs

Les indicateurs sont des formules appliquées aux séries de prix et de volumes. Les moyennes mobiles lissent les cours ; le RSI mesure la vitesse des variations récentes ; les bandes de Bollinger encadrent les prix selon leur volatilité ; les retracements de Fibonacci proposent des niveaux de correction. Ces outils produisent des signaux chiffrés, mais ils reposent tous sur les mêmes données passées.

Ce que dit la recherche

L'hypothèse d'efficience des marchés

En mai 1970, Eugene Fama publie dans The Journal of Finance (vol. 25, n° 2) l'article « Efficient Capital Markets: A Review of Theory and Empirical Work ». Il y classe les tests d'efficience en trois formes, rappelle Wikipédia : la forme faible porte sur l'information contenue dans les prix passés, la forme semi-forte sur l'ensemble de l'information publique, la forme forte sur l'information privée.

Si un marché est efficient au sens faible, les prix passés sont déjà intégrés dans le cours actuel. Une stratégie fondée uniquement sur leur historique ne devrait alors pas dégager de rendement anormal de façon durable. C'est la critique la plus structurée adressée à l'analyse technique.

Des résultats empiriques nuancés

La recherche ne tranche pas pour autant de façon uniforme. En mars 2000, Andrew Lo, Harry Mamaysky et Jiang Wang publient au National Bureau of Economic Research une méthode de reconnaissance automatique des figures chartistes. Appliquée aux actions américaines de 1962 à 1996, elle les conduit à conclure que plusieurs indicateurs techniques apportent une information supplémentaire et peuvent avoir une utilité pratique. Ce résultat porte sur une période et un marché donnés ; il ne garantit rien sur d'autres actifs ni sur d'autres époques.

Les limites de l'analyse technique

Plusieurs critiques reviennent chez les économistes comme chez les praticiens.

Une information partielle. Les prix ne reflètent pas forcément tous les facteurs qui comptent : une décision réglementaire, un piratage ou une annonce macroéconomique peuvent invalider en quelques minutes une configuration graphique.

Une part de subjectivité. Le choix des échelles de temps, des paramètres d'indicateurs ou du tracé d'une ligne de tendance varie d'un analyste à l'autre, ce qui rend les résultats difficiles à reproduire.

Un effet auto-réalisateur. Certains niveaux ne fonctionneraient que parce qu'un grand nombre d'opérateurs y placent leurs ordres. Le signal décrirait alors davantage le comportement des traders que la valeur de l'actif.

Un risque élevé pour les particuliers. L'analyse technique est très utilisée sur les produits à effet de levier. Le 27 mars 2018, l'Autorité européenne des marchés financiers (ESMA) a indiqué que 74 à 89 % des comptes de particuliers perdaient de l'argent sur les CFD, avec des pertes moyennes de 1 600 à 29 000 euros par client, avant de restreindre ces produits dans l'Union européenne.

Analyse technique, fondamentale et comportementale

L'analyse technique est souvent opposée à l'analyse fondamentale, qui estime la valeur d'un actif à partir de données économiques : résultats et endettement pour une entreprise, usage du réseau, émission monétaire et gouvernance pour un projet crypto. Une troisième approche, l'analyse comportementale, s'intéresse aux biais et aux émotions des investisseurs, comme la peur ou l'euphorie, qui peuvent écarter durablement les prix de leur valeur estimée.

Ces approches ne répondent pas à la même question. L'analyse fondamentale cherche ce que vaut un actif ; l'analyse technique, à quel moment et à quel niveau de prix le marché pourrait réagir ; l'analyse comportementale, pourquoi les participants s'écartent d'une décision rationnelle. Aucune d'elles ne permet de prévoir les prix avec certitude.

Sources

  1. The Stock Market Barometer: a study of its forecast value based on Charles H. Dow's theory of the price movementHarper and Brothers (numérisation Internet Archive) · Document · primaire · 1 janvier 1922
  2. Efficient Capital Markets: A Review of Theory and Empirical WorkThe Journal of Finance (notice Crossref) · Document · primaire · 1 mai 1970
  3. Foundations of Technical Analysis: Computational Algorithms, Statistical Inference, and Empirical ImplementationNational Bureau of Economic Research · Document · primaire · 1 mars 2000
  4. ESMA agrees to prohibit binary options and restrict CFDs to protect retail investorsESMA · Régulateur · primaire · 27 mars 2018
  5. Charles DowWikipedia · Source
  6. Dow theoryWikipedia · Source
  7. Efficient-market hypothesisWikipedia · Source

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