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Trading

Bandes de Bollinger : définition, calcul et règles d'utilisation en trading

Les bandes de Bollinger encadrent le prix d'un actif autour d'une moyenne mobile, avec un écart qui s'ajuste à la volatilité. Leur créateur, John Bollinger, a publié des règles précises sur ce qu'elles indiquent et sur ce qu'elles n'indiquent pas.

Publié le
· mis à jour le 11 septembre 2025
Temps de lecture
5 min de lecture
Sources
4 sources
bandes bollinger

Définition

Les bandes de Bollinger sont un outil d'analyse technique de la famille des bandes de trading. Elles se composent de trois courbes tracées autour du prix : une bande médiane, qui est une moyenne mobile, une bande supérieure et une bande inférieure. Selon l'explication publiée par John Bollinger, leur rôle est de dire si un prix est haut ou bas de manière relative, c'est-à-dire par rapport à son propre comportement récent.

Leur particularité tient à l'écart entre les bandes. Il ne dépend pas d'un pourcentage fixe mais de l'écart type des prix, une mesure de dispersion. Quand les prix s'agitent, les bandes s'écartent ; quand le marché se calme, elles se resserrent. La documentation de TradingView les présente d'abord comme un moyen de mesurer et de visualiser la volatilité.

Origine de l'indicateur

John Bollinger, analyste titulaire des titres CFA et CMT, devient actif à plein temps sur les marchés en 1980. Il raconte sur son site officiel qu'il utilisait alors des bandes en pourcentage : une moyenne mobile décalée vers le haut et vers le bas d'un pourcentage choisi, par exemple 7 %. Ces bandes devaient être réajustées à la main, ce qui laissait les opinions du moment fausser le tracé.

En travaillant sur des modèles de volatilité pour les options, il constate que la volatilité change en permanence, alors qu'elle était encore vue comme une propriété presque fixe d'un titre. Il en tire l'idée d'utiliser la volatilité pour régler la largeur des bandes. Le nom vient plus tard : sur la chaîne Financial News Network, le présentateur Bill Griffeth lui demande comment s'appellent ces lignes, et il répond « Bollinger Bands ». Le nom est aujourd'hui une marque déposée de John Bollinger.

D'autres familles de bandes existent toujours : les bandes de Donchian, fondées sur les plus hauts et plus bas récents, et les bandes de Keltner, fondées sur l'Average True Range. Les bandes de Bollinger se distinguent par l'emploi de l'écart type.

Le calcul

Les paramètres par défaut n'ont pas changé depuis l'origine, précise la liste des règles publiée par John Bollinger : 20 périodes pour la moyenne mobile et pour l'écart type, et une largeur de deux écarts types.

  • Bande médiane : moyenne mobile simple des 20 derniers cours de clôture, soit la somme de ces 20 cours divisée par 20.
  • Bande supérieure : bande médiane + 2 × écart type des 20 mêmes cours.
  • Bande inférieure : bande médiane − 2 × écart type des 20 mêmes cours.

Deux détails techniques comptent. La version classique repose sur une moyenne simple, parce que l'écart type est lui-même calculé à partir d'une moyenne simple. Bollinger utilise l'écart type de population. Une variante exponentielle existe ; elle évite les à-coups dans la largeur des bandes quand un gros mouvement sort de la fenêtre de calcul, mais elle impose d'utiliser une moyenne exponentielle à la fois pour la bande médiane et pour l'écart type.

Les 20 périodes et les deux écarts types restent des valeurs par défaut. Pour garder une proportion de prix comparable à l'intérieur des bandes, Bollinger recommande de passer à 2,1 écarts types sur 50 périodes et à 1,9 écart type sur 10 périodes. Une période peut être une minute, une heure, un jour ou une semaine : l'indicateur fonctionne sur toutes les unités de temps, à condition que chaque barre contienne assez d'échanges.

Les deux indicateurs dérivés : %b et BandWidth

%b, la position du prix dans les bandes

Le %b situe le dernier cours par rapport aux bandes. D'après la fiche de TradingView, il se calcule ainsi : (prix − bande inférieure) / (bande supérieure − bande inférieure). Un %b de 1 place le prix sur la bande supérieure, un %b de 0 sur la bande inférieure, 0,5 sur la bande médiane. Au-dessus de 1 ou en dessous de 0, le prix est sorti des bandes. Bollinger s'en sert surtout pour repérer des divergences et pour coder des systèmes de trading.

BandWidth et « The Squeeze »

Le BandWidth mesure la largeur des bandes rapportée à la bande médiane, soit (bande supérieure − bande inférieure) / bande médiane. Son usage le plus connu consiste à repérer « The Squeeze » : une phase où les bandes se resserrent fortement, signe d'une volatilité inhabituellement basse. Les phases de faible volatilité ont tendance à précéder des phases d'expansion, sans que l'indicateur dise dans quel sens le prix va partir.

Les règles de lecture fixées par John Bollinger

Plusieurs lectures répandues des bandes contredisent les 22 règles publiées par leur créateur. Les plus utiles à retenir :

  • Un contact n'est pas un signal. Toucher la bande supérieure n'est pas en soi un signal de vente, toucher la bande inférieure n'est pas en soi un signal d'achat.
  • Une clôture hors des bandes signale d'abord une continuation, pas un retournement. C'est la base de nombreux systèmes de cassure de volatilité.
  • En tendance, le prix longe les bandes. Dans un marché haussier, il peut monter le long de la bande supérieure pendant longtemps ; l'inverse vaut en tendance baissière.
  • La bande médiane n'est pas faite pour les croisements. Elle doit décrire la tendance de moyen terme.
  • Il faut confirmer avec un indicateur d'une autre nature : volume, sentiment ou dynamique. Deux indicateurs de momentum n'en valent pas plus qu'un seul.
  • Aucune hypothèse statistique. Les prix ne suivent pas une loi normale. Avec les réglages par défaut, environ 90 % des données se trouvent dans les bandes, et non 95 % comme le laisserait croire la théorie.

Bollinger résume l'esprit de l'outil dans sa dernière règle : les bandes ne donnent pas de conseil en continu, elles aident à repérer des configurations. Il cite aussi leur usage pour reconnaître des figures comme les sommets en « M » et les creux en « W ».

Application aux cryptomonnaies

Les règles de Bollinger citent les actions, les indices, les devises, les matières premières, les contrats à terme, les options et les obligations. Le principe vaut pour toute série de prix, donc aussi pour le bitcoin ou l'ether. Les bandes sont proposées par défaut sur les plateformes graphiques comme TradingView, où l'indicateur se nomme « Bollinger Bands » et où période, nombre d'écarts types et type de moyenne se règlent.

Trois particularités du marché crypto pèsent sur la lecture. Les échanges se font 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 : une « période » journalière ne correspond pas à une séance de bourse, et deux plateformes peuvent afficher des clôtures différentes. La volatilité y est souvent plus élevée que sur les actions, ce qui donne des bandes plus larges et des sorties fréquentes hors des bandes, à lire comme des signaux de continuation possibles plutôt que comme des excès. Enfin, sur les actifs peu échangés, la règle de Bollinger sur l'activité minimale par barre s'applique : avec trop peu de volume, les bandes décrivent mal le prix réel.

Comme tout indicateur technique, les bandes de Bollinger décrivent le passé récent du prix. Elles ne prédisent pas son évolution et ne remplacent ni l'analyse du projet ni la gestion du risque.

Sources

  1. What are Bollinger Bands?John Bollinger / Bollinger Capital Management · Source officielle · primaire
  2. Bollinger Band RulesJohn Bollinger / Bollinger Capital Management · Source officielle · primaire
  3. Bollinger Bands (BB)TradingView · Document
  4. Bollinger Bands %b (%b)TradingView · Document

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