Retracement de Fibonacci : définition, calcul des niveaux et limites
Le retracement de Fibonacci découpe un mouvement de prix selon des ratios tirés d'une suite mathématique du XIIIe siècle. Origine des niveaux, méthode de tracé et limites de cet outil d'analyse technique.
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- · mis à jour le 11 septembre 2025
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Définition du retracement de Fibonacci
Le retracement de Fibonacci est un outil de tracé utilisé en analyse technique. Il place sur un graphique de prix des lignes horizontales entre deux points extrêmes d'un mouvement, un plus bas et un plus haut. Ces lignes découpent l'amplitude du mouvement selon des pourcentages fixes, dérivés de la suite de Fibonacci.
Le principe repose sur une observation des analystes techniques : après une forte hausse ou une forte baisse, un prix revient souvent sur une partie du terrain parcouru avant de reprendre sa direction. C'est ce retour partiel qu'on appelle un retracement. L'outil sert à repérer à l'avance les zones où ce retour pourrait marquer une pause.
Selon le centre de formation de Fidelity, l'outil trace des lignes de pourcentage fondées sur les relations mathématiques internes à la suite de Fibonacci, avec six niveaux : 0 %, 23,6 %, 38,2 %, 50 %, 61,8 % et 100 %.
D'où vient la suite de Fibonacci
La suite porte le surnom de Leonardo Pisano, dit Fibonacci, mathématicien né à Pise vers 1170 et mort vers 1250. Sa biographie publiée par l'université de St Andrews (MacTutor) indique qu'il publie en 1202 le Liber abaci, un traité de calcul qui diffuse en Europe les chiffres indo-arabes. Une seconde édition paraît en 1228.
La suite apparaît dans ce livre à travers un problème de lapins. Un couple placé dans un enclos engendre chaque mois un nouveau couple, et chaque nouveau couple devient fertile à partir de son deuxième mois. Le nombre de couples, mois après mois, donne la suite 1, 1, 2, 3, 5, 8, 13, 21, 34, 55, et ainsi de suite. Chaque terme est la somme des deux précédents.
Le rapport entre deux termes consécutifs se rapproche de 1,618 à mesure que la suite avance. Ce nombre est le nombre d'or, noté phi. Son inverse, environ 0,618, est la base du niveau de retracement le plus cité.
Comment sont calculés les niveaux
La documentation ChartSchool de StockCharts détaille l'origine de chaque pourcentage :
- 61,8 % : un terme divisé par le terme suivant tend vers 0,618 (21/34 = 0,6176 ; 13/21 = 0,6190).
- 38,2 % : un terme divisé par le terme situé deux rangs plus loin tend vers 0,382 (21/55 = 0,3818). C'est aussi 1 moins 0,618.
- 23,6 % : un terme divisé par le terme situé trois rangs plus loin tend vers 0,236 (21/89 = 0,2359).
- 50 % : ce niveau ne vient pas de la suite de Fibonacci. StockCharts le rattache à la théorie de Dow, selon laquelle les indices boursiers retracent souvent la moitié de leur mouvement précédent.
Les niveaux 0 % et 100 % correspondent simplement aux deux extrémités du mouvement choisi. Le niveau 50 % figure dans presque tous les logiciels, alors qu'il n'a aucun lien mathématique avec Fibonacci.
Tracer un retracement sur un graphique
Le tracé suit toujours la même logique. L'utilisateur choisit un mouvement net et visible : une hausse ou une baisse marquée, avec un point de départ et un point d'arrivée clairs. Il relie ensuite ces deux extrêmes avec l'outil.
- Pour un mouvement haussier, le tracé part du plus bas et va vers le plus haut. Les niveaux indiquent alors jusqu'où une correction à la baisse pourrait descendre.
- Pour un mouvement baissier, le tracé part du plus haut et va vers le plus bas. Les niveaux indiquent jusqu'où un rebond pourrait remonter.
Le logiciel divise alors l'écart vertical entre les deux points et place les lignes aux pourcentages prévus. La documentation de TradingView décrit des lignes aux niveaux 23,6 %, 38,2 %, 61,8 % et 100 %, et permet d'afficher jusqu'à 24 niveaux personnalisés. Les réglages couvrent la couleur, l'épaisseur et le style des lignes, le prolongement des lignes à gauche ou à droite, l'inversion du tracé, l'affichage des prix et des pourcentages, ainsi qu'un mode de calcul adapté à l'échelle logarithmique. Les coordonnées des deux points peuvent aussi être saisies au prix et à la bougie près.
Le choix des deux extrêmes reste la principale source de divergence entre analystes. Deux personnes qui sélectionnent des points différents sur le même graphique obtiennent des niveaux différents. L'unité de temps choisie (heure, jour, semaine) change aussi le mouvement retenu.
Lire les niveaux : des zones, pas des certitudes
StockCharts insiste sur ce point : les niveaux de retracement ne sont pas des points de retournement certains, mais des zones d'alerte où un retournement devient possible. La même source précise que d'autres signaux techniques sont nécessaires pour confirmer un retournement, et que le signal gagne en solidité quand plusieurs indices concordent.
En pratique, les analystes croisent souvent ces niveaux avec d'autres repères :
- les anciens supports et résistances visibles sur le graphique ;
- les moyennes mobiles ;
- les volumes échangés au moment où le prix touche un niveau ;
- les configurations de bougies qui marquent un ralentissement du mouvement.
L'outil est aussi associé à la théorie des vagues d'Elliott. StockCharts renvoie sur ce sujet à l'ouvrage Elliott Wave Principle de Robert Prechter, qui utilise les ratios de Fibonacci pour mesurer les corrections entre deux vagues.
Limites de l'outil
Le retracement de Fibonacci ne repose sur aucune loi économique. Rien n'oblige un prix à s'arrêter sur 38,2 % ou 61,8 %. L'efficacité supposée des niveaux tient en partie au fait que de nombreux opérateurs les surveillent et placent des ordres à proximité : l'effet est alors comportemental, pas mathématique.
Plusieurs limites découlent de cette nature :
- le résultat dépend des deux points choisis, ce qui laisse une large part de subjectivité ;
- avec cinq ou six niveaux rapprochés, un prix finit presque toujours par réagir près de l'un d'eux, ce qui donne une impression de précision après coup ;
- les annonces économiques, les décisions réglementaires ou les incidents techniques peuvent balayer tous les niveaux en quelques minutes.
Fidelity rappelle dans sa présentation de l'outil que l'analyse technique n'est qu'une approche parmi d'autres de l'analyse des marchés, et que les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Le cas des cryptomonnaies
L'outil s'applique de la même manière aux graphiques de cryptomonnaies qu'aux actions, aux devises ou aux matières premières. Le marché crypto présente toutefois des particularités qui pèsent sur sa lecture. Il fonctionne en continu, sans clôture ni week-end, ce qui rend le choix des bougies de référence moins évident. Sa volatilité est élevée : un mouvement peut traverser plusieurs niveaux d'un coup.
Sur les actifs peu échangés, quelques gros portefeuilles suffisent à déplacer le prix. Les manipulations de type « pump and dump », qui consistent à faire monter artificiellement un cours avant de revendre, produisent des graphiques qui ne reflètent ni l'offre ni la demande réelles. Dans ce cas, aucun tracé n'a de valeur d'analyse. Les niveaux de Fibonacci sont donc surtout utilisés sur les actifs à forte liquidité, où un grand nombre d'opérateurs observent les mêmes graphiques.
Ce qu'il faut retenir
Le retracement de Fibonacci découpe un mouvement de prix selon des ratios tirés d'une suite décrite par Leonardo de Pise en 1202. Les niveaux 23,6 %, 38,2 % et 61,8 % en découlent directement. Le niveau 50 % vient de la théorie de Dow. L'outil aide à situer des zones à surveiller, mais il ne prédit rien à lui seul : sa lecture dépend des points choisis et doit être confirmée par d'autres éléments.
Sources
- Leonardo Pisano Fibonacci - BiographyMacTutor History of Mathematics, University of St Andrews · Document · primaire
- Fibonacci RetracementsStockCharts ChartSchool · Document · primaire
- Fib RetracementTradingView · Document · primaire
- Fibonacci RetracementFidelity Investments · Document
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