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Comment acheter de la cryptomonnaie en France : plateformes agréées, étapes et risques

Acheter de la cryptomonnaie en France passe désormais par un prestataire agréé au titre du règlement européen MiCA. Les étapes, les vérifications à faire et les obligations qui suivent l'achat.

Publié le
· mis à jour le 20 novembre 2025
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La main d'une personne en train d'utiliser un smartphone avec un écran noir sur des pièces de Bitcoin en or et en argent

Le cadre : le règlement MiCA remplace le régime PSAN

Depuis le 30 décembre 2024, le règlement européen sur les marchés de crypto-actifs (MiCA) s'applique pleinement aux services sur crypto-actifs, selon le dossier MiCA de l'Autorité des marchés financiers. Il remplace en France le régime des prestataires de services sur actifs numériques (PSAN) créé par la loi Pacte.

Les PSAN ont bénéficié d'une période transitoire de 18 mois, close le 1er juillet 2026. Depuis cette date, seuls les prestataires de services sur crypto-actifs (PSCA) autorisés au préalable peuvent fournir ces services en France. L'agrément obtenu dans un État membre vaut passeport européen : un PSCA agréé dans un autre pays de l'Union peut servir des clients français. Les banques et entreprises d'investissement déjà régulées peuvent se contenter d'une notification.

MiCA couvre neuf services, dont la conservation de crypto-actifs pour le compte de clients, l'exploitation d'une plateforme de négociation, l'échange contre des fonds ou d'autres crypto-actifs, l'exécution d'ordres et le conseil.

Vérifier le prestataire avant d'ouvrir un compte

La première étape consiste à vérifier que la plateforme est autorisée. Trois outils publics le permettent.

  • La liste blanche de l'AMF recense les prestataires autorisés à fournir en France des services sur crypto-actifs. L'AMF précise qu'un enregistrement ou un agrément ne constitue pas une recommandation d'investissement.
  • Le registre intérimaire MiCA de l'ESMA, mis à jour chaque semaine, liste les PSCA autorisés dans toute l'Union ainsi que les entités non conformes.
  • La liste noire crypto-actifs de l'AMF recense les sites qui proposent ces services sans autorisation. L'AMF rappelle qu'une entité absente de la liste noire doit tout de même disposer des autorisations nécessaires.

Un nom de marque ne suffit pas : une plateforme opère souvent via plusieurs sociétés. C'est l'entité juridique avec laquelle le client contracte qui doit figurer au registre.

Les étapes d'un achat sur une plateforme centralisée

Les plateformes d'échange centralisées restent le moyen le plus courant d'acheter des cryptomonnaies contre des euros. Le parcours suit des étapes communes à la plupart d'entre elles.

Ouverture du compte et vérification d'identité

Le client crée un compte avec une adresse électronique et un mot de passe propre à ce service. L'authentification à deux facteurs, par application ou clé physique, protège l'accès. Le prestataire procède ensuite à la vérification d'identité imposée par la réglementation contre le blanchiment : pièce d'identité, parfois justificatif de domicile et photo de contrôle.

Dépôt d'euros et achat

Le dépôt se fait le plus souvent par virement SEPA ou par carte bancaire. Le virement prend en général plus de temps, la carte est plus rapide mais souvent plus chère. L'achat se passe ensuite au prix du marché ou par un ordre à cours limité. Les frais varient selon le mode de paiement, le type d'ordre et la plateforme : ils figurent dans la grille tarifaire, à lire avant de valider.

Conservation ou retrait vers un portefeuille

Les cryptomonnaies achetées restent par défaut conservées par la plateforme, qui détient alors les clés. Le client peut les retirer vers un portefeuille personnel en indiquant une adresse sur le bon réseau ; une erreur d'adresse ou de réseau est en général irréversible.

Les autres façons de s'exposer aux cryptomonnaies

Les plateformes d'échange décentralisées

Une plateforme décentralisée (DEX) fonctionne par contrats intelligents sur une blockchain. L'utilisateur y échange des jetons depuis son propre portefeuille, sans dépôt chez un intermédiaire. Il faut déjà détenir des cryptomonnaies pour l'utiliser, et le risque technique (erreur de contrat, faux jeton, interface piratée) repose sur l'utilisateur.

Les portefeuilles avec achat intégré

Certains portefeuilles logiciels proposent l'achat par carte via des prestataires tiers. C'est ce prestataire, et non le portefeuille, qui exécute la vente et qui doit être autorisé.

Les produits cotés en Bourse

Le 10 janvier 2024, la Securities and Exchange Commission américaine a approuvé la cotation de plusieurs produits négociés en Bourse adossés au bitcoin au comptant. Son président de l'époque, Gary Gensler, précisait que cette décision ne concernait que le bitcoin. Ces produits donnent une exposition au cours sans détenir directement les cryptomonnaies ni gérer de clés. Leur accessibilité depuis un compte-titres français dépend du courtier et de la réglementation européenne applicable aux produits distribués aux particuliers.

Garder ses cryptomonnaies : plateforme ou portefeuille personnel

Laisser ses avoirs sur une plateforme revient à confier ses clés à un tiers. MiCA encadre ce service de conservation, qui fait partie des services soumis à agrément. Le risque de faillite ou de piratage de l'intermédiaire ne disparaît pas pour autant.

Un portefeuille personnel donne le contrôle direct du compte. La documentation d'ethereum.org consacrée aux portefeuilles rappelle que l'utilisateur est seul responsable de ses clés et qu'aucun service client ne peut les restaurer. La phrase de récupération remise à la création du portefeuille est le seul moyen de le retrouver ; elle se note hors ligne et ne se communique à personne. Les portefeuilles matériels gardent les clés hors ligne ; les applications mobiles et les extensions de navigateur sont plus pratiques mais exposées aux logiciels malveillants et à l'hameçonnage.

Après l'achat : la déclaration fiscale

En France, les plus ou moins-values réalisées lors de la cession d'actifs numériques relèvent de l'article 150 VH bis du Code général des impôts. Elles se déclarent chaque année sur le formulaire 2086, joint à la déclaration de revenus.

Les risques propres aux cryptomonnaies

Les cours des cryptomonnaies sont très volatils et un actif peut perdre l'essentiel de sa valeur. L'AMF rappelle que ces placements sont par nature très risqués et que l'agrément d'un prestataire ne garantit ni le rendement ni la valeur des actifs. Les escroqueries les plus fréquentes passent par de faux sites de placement, des promesses de rendement garanti et des sollicitations sur les réseaux sociaux : la consultation des listes de l'AMF et du registre de l'ESMA reste la vérification de base avant tout versement.

Sources

  1. MiCA – dossier thématiqueAutorité des marchés financiers · Régulateur · primaire
  2. Listes blanchesAutorité des marchés financiers · Régulateur · primaire
  3. Listes noires des sociétés et sites non autorisésAutorité des marchés financiers · Régulateur · primaire
  4. Markets in Crypto-Assets Regulation (MiCA)ESMA · Régulateur · primaire
  5. Statement on the Approval of Spot Bitcoin Exchange-Traded ProductsU.S. Securities and Exchange Commission · Régulateur · primaire · 10 janvier 2024
  6. Formulaire 2086 : déclaration des plus ou moins-values de cessions d'actifs numériquesDirection générale des Finances publiques · Source officielle · primaire
  7. Portefeuilles Ethereumethereum.org · Document · primaire

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