Plateforme crypto en Guyane : exchanges agréés MiCA, plateformes françaises et fiscalité
Région ultrapériphérique de l'Union européenne, la Guyane applique le règlement MiCA et la fiscalité française : seules les plateformes agréées peuvent y servir des clients. Trois des cinq exchanges de l'ancien classement figurent sur une liste noire de l'AMF.
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- · mis à jour le 13 novembre 2025
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La Guyane, région de l'Union européenne
La Guyane fait partie des neuf régions ultrapériphériques de l'Union européenne, avec la Guadeloupe, la Martinique, La Réunion, Mayotte, Saint-Martin, Madère, les Açores et les Canaries. Selon la fiche thématique du Parlement européen consacrée à ces régions, elles font partie intégrante de l'Union, et la législation et les accords de l'Union y sont pleinement applicables.
En Guyane, la monnaie est l'euro : l'Institut d'émission des départements d'outre-mer (IEDOM) y assure notamment l'échange des billets et pièces en euros et le suivi des établissements de crédit.
Pour un résident guyanais, le choix d'une plateforme crypto obéit donc aux mêmes règles qu'à Paris ou à Lyon : le règlement européen MiCA, les listes noires de l'Autorité des marchés financiers (AMF) et la fiscalité du code général des impôts.
Une plateforme crypto doit être agréée MiCA
Le règlement européen sur les marchés de crypto-actifs (MiCA) s'applique aux prestataires de services sur crypto-actifs (PSCA) depuis le 30 décembre 2024. En France, une période transitoire permettait aux anciens prestataires enregistrés auprès de l'AMF (les PSAN) de poursuivre leur activité jusqu'au 1er juillet 2026, rappelle l'AMF dans son dossier consacré à MiCA.
Cette période est terminée. Dans un communiqué du 6 juillet 2026, l'AMF indiquait que 31 acteurs étaient agréés en France et 283 dans l'Union, et que les prestataires sans agrément devaient organiser l'arrêt ordonné de leur activité. Le régulateur invite les clients à recourir uniquement à des PSCA agréés dans l'Union, seuls soumis à MiCA, et souligne qu'il n'existe pas de régime d'équivalence pour les pays tiers.
Où trouver les plateformes françaises et européennes agréées
L'Autorité européenne des marchés financiers (ESMA) publie la liste des PSCA agréés dans son registre intérimaire MiCA. Chaque ligne précise l'autorité qui a délivré l'agrément, sa date, les services couverts et les pays vers lesquels l'agrément est passeporté. Une plateforme agréée dans un autre État membre peut servir la France, Guyane comprise, si la France figure dans cette liste de pays.
Les prestataires agréés en France
Dans la version du registre modifiée le 30 septembre 2026, 36 entités ont la France comme État d'origine. Parmi elles figurent des plateformes destinées aux particuliers comme Coinhouse, Paymium, Meria, Bitstack, Deblock, Goin, SwissBorg ou Relai, aux côtés d'acteurs tournés vers les professionnels ou la conservation, comme Société Générale-Forge, Caceis Bank ou Flowdesk. Cette liste n'est pas un classement : les services agréés varient d'une entité à l'autre et se lisent ligne par ligne dans le registre.
Les plateformes agréées ailleurs et passeportées vers la France
Le même registre mentionne, à titre d'exemples et sans classement, plusieurs grandes plateformes agréées dans un autre État membre et dont le passeport couvre la France :
- Bitpanda GmbH et Bybit EU GmbH, agréées en Autriche (respectivement le 9 avril et le 28 mai 2025) ;
- Payward Europe Solutions, l'entité européenne de Kraken, agréée en Irlande le 25 juin 2025 ;
- Bitstamp Europe et Coinbase Luxembourg, agréées au Luxembourg (15 mai et 20 juin 2025) ;
- OKX Europe et Foris DAX MT, l'entité de Crypto.com, agréées à Malte le 27 janvier 2025, ainsi que Gemini Intergalactic EU, agréée le 21 août 2025.
Le registre ne renseigne ni les frais, ni les cryptomonnaies proposées, ni les moyens de dépôt disponibles depuis la Guyane : ces éléments figurent dans les conditions publiées par chaque plateforme.
Le statut des cinq plateformes de l'ancien comparatif
Cette page présentait auparavant un classement de cinq exchanges : Bitget, MEXC, Bitunix, Binance et BloFin. Leur situation, vérifiée le 3 octobre 2026 auprès des régulateurs, est la suivante.
MEXC et BloFin : sur la liste noire crypto-actifs de l'AMF
Le site www.mexc.com figure sur la liste noire des sites non autorisés en crypto-actifs de l'AMF depuis le 4 juin 2024, et le site blofin.com depuis le 3 décembre 2024. Une inscription signifie que l'AMF a identifié une offre de services sur crypto-actifs proposée au public français sans autorisation.
Bitunix : sur la liste noire des produits dérivés
Le site www.bitunix.com figure depuis le 12 mars 2025 sur la liste noire de l'AMF consacrée aux produits dérivés sur crypto-actifs, qui recense les sites proposant sans autorisation des contrats à terme ou des produits à effet de levier.
Bitget et Binance : absentes du registre MiCA
Aucune entité Bitget ni Binance n'apparaît dans le registre des prestataires agréés de l'ESMA dans sa version du 30 septembre 2026. Aucune des deux ne figure non plus sur les listes noires de l'AMF du 28 septembre 2026. Sans agrément MiCA, ni l'une ni l'autre n'est autorisée à fournir des services sur crypto-actifs en France, Guyane comprise, depuis la fin de la période transitoire.
L'ancienne version de cette page attribuait à ces plateformes des niveaux de levier, des frais, des nombres de paires et un historique de sécurité qui ne s'appuyaient sur aucune source officielle. Ces affirmations ont été retirées.
La fiscalité des cryptomonnaies en Guyane
Un résident guyanais est domicilié fiscalement en France : il relève du code général des impôts, comme en métropole. La fiche de Service-Public.fr sur la déclaration des comptes à l'étranger cite d'ailleurs explicitement la Guyane parmi les départements d'outre-mer concernés par cette obligation.
Le taux forfaitaire de 12,8 % et l'option pour le barème
Les plus-values réalisées par les particuliers lors de la cession d'actifs numériques relèvent de l'article 150 VH bis du code général des impôts. D'après la notice du formulaire 2086, elles sont imposées au taux forfaitaire de 12,8 %, auquel s'ajoutent les prélèvements sociaux. Sur option expresse et irrévocable, le contribuable peut les soumettre au barème progressif de l'impôt sur le revenu, en cochant la case 3CN de la déclaration 2042 C. Cette option porte sur l'ensemble des plus-values d'actifs numériques du foyer.
Le seuil de 305 euros porte sur les cessions
Contrairement à ce qu'affirmait l'ancienne version de cette page, le seuil de 305 euros ne vise pas les gains. Selon l'article 150 VH bis, les plus-values sont exonérées lorsque le total des prix de cession réalisés par le foyer au cours de l'année n'excède pas 305 euros.
Échanges entre cryptos, déclarations et comptes étrangers
Les échanges sans soulte entre actifs numériques bénéficient d'un sursis d'imposition et ne constituent pas un fait générateur d'imposition, précise la doctrine fiscale publiée au BOFiP. L'impôt est dû lors d'une cession contre des euros, un bien ou un service.
Les cessions imposables se déclarent sur le formulaire 2086, joint à la déclaration de revenus. Les comptes d'actifs numériques ouverts, utilisés ou clos auprès d'une plateforme établie à l'étranger se déclarent aussi chaque année. Service-Public.fr indique une amende de 750 euros par compte non déclaré, portée à 1 500 euros selon la valeur du compte.
Vérifier une plateforme avant d'ouvrir un compte
Trois sources publiques permettent de contrôler le statut d'un exchange :
- le registre intérimaire de l'ESMA, qui liste les prestataires agréés au titre de MiCA et les pays couverts par leur passeport ;
- les listes noires et mises en garde de l'AMF, réparties par thème, dont les crypto-actifs et les produits dérivés sur crypto-actifs ;
- la base I-SCAN de l'Organisation internationale des commissions de valeurs, vers laquelle l'AMF renvoie pour consulter les listes noires de plus de 150 régulateurs.
L'AMF rappelle que ses listes ne peuvent pas être exhaustives, car de nouveaux acteurs non autorisés apparaissent régulièrement. L'absence d'une plateforme sur une liste noire ne vaut donc pas autorisation : seule l'inscription au registre des prestataires agréés atteste d'un agrément. Parmi les signaux d'alerte qu'elle cite figurent les promesses de rendement élevé sans risque, la pression pour décider vite et les demandes de virement vers des comptes à l'étranger.
Les crypto-actifs restent des placements volatils. Les produits à effet de levier, mis en avant par l'ancienne version de cette page, peuvent entraîner la perte de la totalité des sommes engagées.
Sources
- Les régions ultrapériphériques (RUP)Parlement européen · Source officielle · primaire
- IEDOM GuyaneInstitut d'émission des départements d'outre-mer · Source officielle · primaire
- MiCA – dossier thématiqueAutorité des marchés financiers · Régulateur · primaire
- Crypto-assets: the end of the Pacte law and European MiCA Regulation transitional period establishes a new role for the AMFAutorité des marchés financiers · Régulateur · primaire · 6 juillet 2026
- Registre intérimaire MiCA des prestataires de services sur crypto-actifs (CASP)ESMA · Régulateur · primaire
- Liste noire des sites non autorisés : crypto-actifsAutorité des marchés financiers · Régulateur · primaire · 28 septembre 2026
- Liste noire des sites non autorisés : produits dérivés sur crypto-actifsAutorité des marchés financiers · Régulateur · primaire · 28 septembre 2026
- Listes noires des sociétés et sites non autorisésAutorité des marchés financiers · Régulateur · primaire
- Doit-on déclarer les comptes ouverts à l'étranger ?Service-Public.gouv.fr · Source officielle · primaire
- Code général des impôts, article 150 VH bisLégifrance · Document · primaire · 1 juillet 2026
- Déclaration n° 2086 et notice : plus ou moins-values réalisées en 2025 suite à des cessions d'actifs numériquesDirection générale des finances publiques · Source officielle · primaire
- Formulaire 2086 : déclaration des plus ou moins-values de cessions d'actifs numériquesDirection générale des Finances publiques · Source officielle · primaire
- BOI-RPPM-PVBMC-30-10 - Cession d'actifs numériques à titre occasionnel - Champ d'applicationDirection générale des Finances publiques (BOFiP) · Source officielle · primaire · 2 septembre 2019
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