Plateformes crypto au Maroc : cadre légal et exchanges accessibles
Au Maroc, les cryptomonnaies restent interdites depuis 2017 et aucune plateforme d'échange n'y est agréée. Un projet de loi sur les crypto-actifs, préparé avec Bank Al-Maghrib et l'AMMC, doit créer un régime d'agrément.
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- · mis à jour le 13 novembre 2025
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Le cadre légal des cryptomonnaies au Maroc
Au Maroc, aucune plateforme d'échange de cryptomonnaies (CEX) ne dispose à ce jour d'un agrément local, faute de régime juridique dédié. Le point de départ remonte à 2017. Le 20 novembre 2017, l'Office des changes a déclaré que les transactions en monnaies virtuelles constituent une infraction à la réglementation des changes, passible des sanctions et amendes prévues par les textes en vigueur, comme le rappelle la synthèse de Wikipédia sur la légalité des cryptomonnaies par pays.
Les autorités monétaires ont publié dans la foulée une mise en garde commune. Sur sa page consacrée à la monnaie virtuelle, Bank Al-Maghrib reprend cet avertissement signé avec le ministère de l'Économie et des Finances et l'Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC). Le texte liste cinq risques : l'absence de protection du consommateur en cas de défaillance d'une plateforme, la volatilité du taux de change, des fluctuations de prix rapides et imprévisibles, l'usage possible à des fins illicites (blanchiment, financement du terrorisme) et le non-respect des réglementations des marchés de capitaux et des changes.
La banque centrale y décrit le bitcoin comme une unité de stockage électronique créée par des groupes de personnes et non par des États, échangée sur un marché non réglementé, sans taux de change officiel.
Le projet de loi sur les crypto-actifs
Ce cadre restrictif est en cours de révision. Le 21 juillet 2025, lors d'un séminaire de l'Association des banques centrales africaines à Rabat, le gouverneur de Bank Al-Maghrib, Abdellatif Jouahri, a indiqué qu'un projet de loi sur les crypto-actifs était finalisé, selon Hespress. Il a rappelé à cette occasion que les crypto-actifs n'ont pas les attributs d'une monnaie publique et que la banque centrale prépare un e-dirham, une monnaie numérique de banque centrale testée en deux pilotes.
L'avant-projet a ensuite été soumis à consultation publique en 2025. En avril 2026, Hespress indiquait que le texte, porté par le ministère de l'Économie et des Finances avec Bank Al-Maghrib et l'AMMC, était à l'examen au Secrétariat général du gouvernement. D'après le quotidien, il prévoit :
- un agrément et une supervision des plateformes et des prestataires de services sur crypto-actifs ;
- un cadre pour les jetons utilitaires, qui donnent accès à un produit ou à un service ;
- un cadre pour les stablecoins adossés à des actifs ;
- des garde-fous contre une substitution non maîtrisée du dirham ;
- des obligations de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme.
En juillet 2026, Hespress rapportait, à partir du rapport annuel de Bank Al-Maghrib sur la supervision bancaire, que le texte poursuivait son parcours institutionnel. À la date de mise à jour de cette page, aucune loi sur les crypto-actifs n'a été publiée au Bulletin officiel selon les sources consultées. L'interdiction de 2017 n'est donc pas formellement levée.
Ce que cela implique pour les plateformes d'échange
Tant que la loi n'est pas en vigueur, aucune autorité marocaine n'agrée de plateforme crypto. Les exchanges internationaux accessibles depuis le Maroc opèrent depuis l'étranger, sous le droit de leur pays d'enregistrement. Pour un utilisateur résidant au Maroc, cela a trois conséquences concrètes :
- aucun recours auprès d'un régulateur marocain en cas de litige, de gel de compte ou de faillite de la plateforme ;
- un risque au regard de la réglementation des changes, puisque l'Office des changes considère ces transactions comme une infraction ;
- des conditions d'utilisation, de frais et de protection des fonds fixées par la plateforme elle-même.
Le futur régime d'agrément doit précisément combler ce vide. Les plateformes qui voudront servir légalement la clientèle marocaine devront alors obtenir une autorisation locale.
Les plateformes citées le plus souvent
Les fiches ci-dessous décrivent cinq plateformes étrangères souvent associées au marché marocain. Elles ne constituent ni un classement ni une recommandation. Aucune ne détient d'agrément marocain.
Binance
Binance a été lancée en juillet 2017 par Changpeng Zhao. La société revendique 250 millions d'utilisateurs inscrits en janvier 2025, selon sa page de présentation. Certaines de ses entités sont régulées par la Financial Services Regulatory Authority du marché d'Abu Dhabi (ADGM). Le 21 novembre 2023, le Trésor américain a annoncé un accord avec Binance : 3,4 milliards de dollars pour le FinCEN et 968 millions de dollars pour l'OFAC, pour des manquements à la lutte contre le blanchiment et des violations de sanctions internationales.
Bitget
Bitget a été fondée en 2018 à Singapour, puis s'est enregistrée aux Seychelles en décembre 2022, d'après sa notice Wikipédia, qui recense aussi des mises en garde de régulateurs, notamment au Japon et en France. Le 24 septembre 2026, la plateforme a subi le piratage de portefeuilles chauds : sa directrice générale, Gracy Chen, a fait état d'environ 351,6 millions de dollars d'actifs touchés et annoncé une prise en charge par le fonds de protection de la plateforme, selon Cryptoast. Les portefeuilles froids n'ont pas été affectés.
MEXC
MEXC a été fondée en 2018. Elle déclare plus de 40 millions d'utilisateurs dans plus de 170 pays et régions, selon sa page de présentation, qui ne mentionne ni siège social ni licence. La plateforme met en avant la rapidité d'inscription de nouveaux jetons à la cote.
Bitunix
Bitunix a été créée en 2021 et est immatriculée à Saint-Vincent-et-les-Grenadines, selon sa fiche CoinGecko. CoinGecko indique un enregistrement comme prestataire d'actifs virtuels en Australie, une preuve de réserves publiée sur la chaîne et un effet de levier jusqu'à 200x sur les produits dérivés.
BloFin
BloFin est une plateforme de produits dérivés (contrats perpétuels et à terme) créée en 2021 et immatriculée aux îles Marshall, selon sa fiche CoinGecko. Le barème de base relevé par CoinGecko est de 0,02 % pour les ordres maker et 0,06 % pour les ordres taker.
Produits dérivés et effet de levier
Plusieurs de ces plateformes proposent des contrats perpétuels avec un effet de levier élevé. Un levier de 100x signifie qu'une variation de 1 % du prix contre la position suffit à consommer la totalité de la marge engagée. La mise en garde commune des autorités marocaines cite justement la volatilité et l'absence de protection du consommateur parmi les principaux risques.
La fiscalité des cryptomonnaies au Maroc
Le Maroc ne dispose pas de régime fiscal propre aux cryptomonnaies, conséquence directe de l'interdiction de 2017. Le projet de loi traite de l'agrément des acteurs et de la protection des utilisateurs ; les sources consultées ne font pas état d'un barème fiscal spécifique. La question reste donc ouverte jusqu'à l'adoption du texte et de ses mesures d'application.
Les points à vérifier avant d'utiliser une plateforme
- le pays d'immatriculation de la société et le régulateur qui la supervise, s'il existe ;
- les mises en garde publiées par les régulateurs, au Maroc comme à l'étranger ;
- l'historique d'incidents de sécurité et la manière dont ils ont été traités ;
- la publication d'une preuve de réserves vérifiable ;
- l'état d'avancement de la loi marocaine sur les crypto-actifs, qui changera les règles d'accès au marché.
Sources
- Monnaie virtuelleBank Al-Maghrib · Régulateur · primaire
- À propos de BinanceBinance · Source officielle · primaire
- U.S. Treasury Announces Largest Settlements in History with World's Largest Virtual Currency Exchange BinanceU.S. Department of the Treasury · Régulateur · primaire · 21 novembre 2023
- About MEXCMEXC · Source officielle · primaire
- Cybersécurité, cryptoactifs, climat… comment BAM redessine la supervision bancaireHespress Français · Presse · 22 juillet 2026
- BloFin (Futures) exchangeCoinGecko · Données de marché · 3 octobre 2026
- Bitunix : exchange informationCoinGecko · Données de marché
- BitgetWikipédia · Source
- Hack de la plateforme Bitget : plus de 350 millions de dollars volés de ses portefeuillesCryptoast · Presse · 25 septembre 2026
- Legality of cryptocurrency by country or territoryWikipédia · Source
- Cryptoactifs : comment Bank Al-Maghrib compte reprendre la mainHespress Français · Presse · 21 juillet 2025
- Cryptomonnaie : le gouvernement accélère la régulation pour contrer le blanchiment et encadrer le marchéHespress Français · Presse · 18 avril 2026
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