Acheter du Solana (SOL) en France : prestataires agréés, frais, conservation et fiscalité
Depuis le 1er juillet 2026, seuls les prestataires agréés au titre du règlement MiCA peuvent vendre du SOL, le jeton de la blockchain Solana, à des clients français. Ce guide présente l'actif, la vérification d'un prestataire, la conservation et les règles fiscales.
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- · mis à jour le 20 novembre 2025
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Ce qu'est le SOL
Le SOL est le jeton natif de la blockchain Solana. La documentation officielle de Solana le définit comme « le jeton natif d'un cluster Solana » et précise sa plus petite unité, le lamport, qui vaut 0,000000001 SOL. Un achat peut donc porter sur une fraction de SOL : la quantité minimale dépend de la plateforme, pas du protocole.
Le SOL sert d'abord à payer les frais du réseau. Selon la page consacrée aux frais, chaque signature coûte un frais de base de 5 000 lamports, dont la moitié est brûlée et l'autre moitié versée au validateur ; des frais de priorité facultatifs s'y ajoutent pour faire passer une transaction plus vite. Le SOL sert aussi au staking : un détenteur délègue ses jetons à un validateur, qui gagne en poids de vote. La page officielle sur le staking indique que la délégation ne donne au validateur ni la propriété ni le contrôle des jetons, que les récompenses sont versées à chaque époque (environ deux jours) et qu'un retrait n'est possible qu'après une période de désactivation.
Le fonctionnement de Solana repose sur la « Proof of History », décrite par Anatoly Yakovenko dans le livre blanc du projet : une suite de preuves cryptographiques qui horodate les événements et réduit les échanges nécessaires entre validateurs. Le livre blanc évoque un débit théorique de 710 000 transactions par seconde sur un réseau à 1 Gbit/s ; il s'agit d'un calcul du document, pas d'une mesure du réseau en production.
Le réseau a connu des interruptions. La Solana Foundation a reconnu dans un compte rendu officiel que le réseau était resté hors ligne 17 heures le 14 septembre 2021, à la suite d'un afflux de transactions automatisées lors d'une vente de jetons sur Raydium ; aucun fonds n'avait été perdu selon ce document.
Le cadre en France : seuls les prestataires agréés MiCA
Depuis le 1er juillet 2026, la période transitoire du règlement européen MiCA est terminée en France. L'AMF l'écrit sans ambiguïté sur sa page consacrée au choix d'un professionnel, mise à jour le 27 juillet 2026 : les sociétés qui ne disposaient que de l'ancien statut français de PSAN ne sont plus autorisées à proposer leurs services. Seuls les prestataires de services sur crypto-actifs (PSCA) agréés au titre de MiCA peuvent le faire.
Avant cette échéance, l'ESMA avait prévenu, dans une communication relayée par l'AMF le 23 juin 2026, que les protections de MiCA ne s'appliquent qu'à l'entité juridique agréée dans l'Union européenne, et non aux sociétés affiliées ou agréées hors de l'Union. Un même nom commercial peut donc recouvrir une filiale européenne agréée et une entité mondiale qui ne l'est pas : c'est le contrat signé, et l'entité qui y figure, qui comptent.
Deux outils permettent de vérifier un prestataire :
- le registre intérimaire des PSCA tenu par l'ESMA, qui indique pour chaque entité son autorité de tutelle, la date d'agrément, les services autorisés et les pays où elle peut les fournir ;
- les listes blanches de l'AMF, qui recensent les prestataires autorisés à fournir en France des services sur crypto-actifs, et, à l'inverse, les listes noires et mises en garde de l'AMF, mises à jour le 28 septembre 2026, que l'Autorité présente elle-même comme non exhaustives.
Des exemples de prestataires agréés pour la France
Le registre de l'ESMA, consulté le 2 octobre 2026, mentionne notamment les entités suivantes, agréées pour l'échange de crypto-actifs contre des euros et habilitées à servir des clients en France :
- Coinbase Luxembourg S.A., agréée par la CSSF (Luxembourg) le 20 juin 2025 ;
- Payward Europe Solutions Limited (Kraken), agréée par la Banque centrale d'Irlande le 25 juin 2025 ;
- Bitstamp Europe S.A., agréée par la CSSF le 15 mai 2025 ;
- Bitpanda GmbH, agréée par la FMA (Autriche) le 9 avril 2025 ;
- Bybit EU GmbH, agréée par la FMA le 28 mai 2025 ;
- Coinhouse SAS et Deskoin SAS, agréées par l'AMF le 7 mai 2026 et le 28 avril 2026.
Cette liste n'est ni un classement ni une recommandation. Le registre ne précise pas quels actifs chaque prestataire propose : la présence du SOL au catalogue se vérifie sur le site de la plateforme. Plusieurs plateformes souvent citées pour acheter du SOL, dont Binance, Bitget, Pionex et Zoomex, n'apparaissaient pas dans ce registre à la même date.
Les étapes d'un achat
Le parcours est le même d'un prestataire agréé à l'autre. L'ouverture d'un compte passe par une vérification d'identité, imposée par la réglementation contre le blanchiment. Le compte est ensuite alimenté en euros, le plus souvent par virement SEPA ou par carte bancaire. L'achat se fait enfin soit par une fonction d'achat simple, à prix affiché, soit sur un carnet d'ordres, au prix du marché ou à un prix limite.
Les frais se répartissent en plusieurs postes : frais de dépôt selon le moyen de paiement, commission ou écart de prix sur l'achat, frais de retrait vers un portefeuille externe. Chaque PSCA doit les publier ; la page de l'AMF rappelle que l'information sur les frais fait partie des obligations des prestataires agréés. Les montants varient d'une plateforme à l'autre et dans le temps ; seule la grille tarifaire officielle, à la date de l'achat, fait foi.
La conservation des SOL
Après l'achat, les SOL peuvent rester sur le compte du prestataire, qui en assure alors la conservation, un service que le registre de l'ESMA mentionne explicitement pour chaque entité agréée. Ils peuvent aussi être transférés vers un portefeuille dont le détenteur contrôle lui-même les clés privées, logiciel ou matériel. Dans ce cas, la perte de la phrase de récupération entraîne la perte définitive des fonds, et l'envoi vers une adresse erronée est irréversible.
L'AMF souligne que la garantie des dépôts du FGDR ne couvre pas les crypto-actifs en cas de défaillance d'une plateforme. L'ESMA, dans sa communication de juin 2026, citait le transfert vers un prestataire agréé ou vers un portefeuille auto-hébergé comme les deux options des clients d'un prestataire non agréé.
Les risques
L'AMF qualifie l'investissement en crypto-actifs de « très volatil et risqué ». Le SOL ne fait pas exception : son cours peut varier fortement en peu de temps, le réseau a déjà connu des arrêts, et un projet de blockchain dépend de son équipe de développement, de ses validateurs et de son écosystème. Avant tout dépôt, la consultation des listes noires de l'AMF permet d'écarter les acteurs ayant fait l'objet d'une mise en garde.
La fiscalité française
Pour un particulier domicilié fiscalement en France, la vente de SOL contre des euros ou leur utilisation pour payer un bien ou un service est une cession imposable au titre de l'article 150 VH bis du code général des impôts. Les cessions dont le total ne dépasse pas 305 euros sur l'année sont exonérées. Les échanges d'un crypto-actif contre un autre, sans soulte, bénéficient d'un sursis d'imposition, comme le précise le Bulletin officiel des finances publiques.
Selon la notice du formulaire 2086 (revenus 2025), la plus-value se calcule à l'échelle de l'ensemble du portefeuille : prix de cession moins le prix total d'acquisition multiplié par le rapport entre le prix de cession et la valeur globale du portefeuille. Elle est imposée au taux forfaitaire de 12,8 %, auquel s'ajoutent les prélèvements sociaux, ou, sur option globale et irrévocable, au barème progressif de l'impôt sur le revenu. Le formulaire 2086 se joint à la déclaration de revenus.
Un compte ouvert auprès d'une plateforme établie à l'étranger se déclare en outre sur le formulaire 3916-3916-bis. Son omission expose à une amende de 750 euros par compte non déclaré, portée à 1 500 euros lorsque la valeur des comptes dépasse 50 000 euros au cours de l'année.
Sources
- TerminologySolana Foundation · Source officielle · primaire
- Transaction FeesSolana Foundation · Source officielle · primaire
- Staking on SolanaSolana Foundation · Source officielle · primaire
- Solana: A new architecture for a high performance blockchain v0.8.13Anatoly Yakovenko / Solana · Document · primaire
- 9-14 Network Outage Initial OverviewSolana · Source officielle · primaire
- Investir en crypto-monnaies : quel professionnel choisir ?AMF · Régulateur · primaire
- End of the MiCA transitional period: ESMA sets out its expectations for professionals and warns retail investorsAMF · Régulateur · primaire · 23 juin 2026
- Registre intérimaire MiCA des prestataires de services sur crypto-actifs (CASP)ESMA · Régulateur · primaire
- Listes blanchesAutorité des marchés financiers · Régulateur · primaire
- Listes noires des sociétés et sites non autorisésAutorité des marchés financiers · Régulateur · primaire
- Code général des impôts, article 150 VH bisLégifrance · Document · primaire · 1 juillet 2026
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