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Prop firms à éviter : fermetures, procès et signaux d'alerte documentés

Plusieurs prop firms grand public ont fermé ou ont été poursuivies depuis 2023. Les documents de la CFTC, d'un tribunal fédéral américain et des sociétés elles-mêmes permettent d'identifier les risques propres à ce modèle.

Publié le
· mis à jour le 11 septembre 2025
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7 sources
Les prop firms à éviter

Avertissement. Les prop firms vendent des évaluations (« challenges ») sur des comptes simulés : les frais payés ne sont en général pas remboursés en cas d'échec, et ces sociétés ne sont en général pas agréées comme prestataires de services d'investissement en France. Cette page informe, elle ne constitue pas un conseil en investissement.

Ce qu'est une prop firm de trading en ligne

Une prop firm grand public vend à des particuliers l'accès à un « défi » de trading. Le candidat paie des frais d'inscription, trade un compte de démonstration et doit atteindre un objectif de gain sans dépasser des seuils de perte. S'il réussit, la société lui promet une part des profits réalisés sur un compte dit « financé ».

Le compte « financé » reste souvent un compte simulé. La page d'accueil de SurgeTrader affichait ainsi, en mai 2024, un avertissement précisant que les résultats présentés étaient « hypothétiques » et ne correspondaient pas à du trading réel. La solidité d'une prop firm dépend donc de sa capacité à payer les gagnants, de ses prestataires techniques et de son cadre juridique. Trois dossiers documentés montrent comment ces points peuvent céder.

My Forex Funds : la plainte de la CFTC, puis son rejet

Le 1er septembre 2023, la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), régulateur américain des dérivés, annonce avoir déposé une plainte devant le tribunal fédéral du New Jersey contre Murtuza Kazmi et ses sociétés Traders Global Group, qui exploitaient la marque My Forex Funds. Le 29 août 2023, un juge fédéral avait déjà ordonné le gel des avoirs des défendeurs et nommé un administrateur provisoire.

Selon la plainte résumée par la CFTC, plus de 135 000 clients s'étaient inscrits au programme depuis novembre 2021 et avaient payé au moins 310 millions de dollars de frais. Le régulateur accusait la société d'être elle-même la contrepartie de la quasi-totalité des ordres de ses clients, alors qu'elle présentait des « fournisseurs de liquidité » tiers. Il lui reprochait aussi de clôturer des comptes sous des prétextes, d'appliquer des commissions trompeuses et d'utiliser un logiciel dégradant le prix d'exécution des ordres. Le 29 août 2023, la Commission des valeurs mobilières de l'Ontario avait émis une interdiction temporaire d'opérer visant Traders Global Group et son dirigeant.

Ce qui s'est passé depuis

L'affaire n'a pas abouti à une condamnation. Les défendeurs ont demandé des sanctions contre la CFTC pour sa conduite de la procédure. Un ancien juge fédéral désigné comme « special master » a recommandé, le 30 avril 2025, d'accepter cette demande et de rejeter la plainte. Le 13 mai 2025, le juge Edward S. Kiel a adopté cette recommandation : la demande de sanctions est accordée et la plainte de la CFTC est rejetée avec autorité de la chose jugée (« with prejudice »). Le registre du tribunal indique une clôture du dossier le 14 juillet 2025. Les accusations de la CFTC n'ont donc jamais été jugées sur le fond. L'épisode montre néanmoins un autre risque : un gel d'avoirs décidé par un tribunal bloque l'activité d'une prop firm pendant des mois, quelle que soit l'issue finale.

SurgeTrader : la fin du prestataire technique

Le 24 mai 2024, SurgeTrader annonce sur son site avoir « fermé et cessé toutes ses activités ». La société explique ne pas avoir réussi à rétablir le dialogue avec Match-Trade Technologies, l'éditeur de la plateforme de trading qu'elle utilisait, après la résiliation de son accès. Plusieurs pages du site indiquaient encore une « migration » de tous les traders vers une nouvelle plateforme, jamais menée à terme.

Le cas illustre une dépendance structurelle. Une prop firm ne développe pas toujours son propre logiciel de trading : elle loue une plateforme à un éditeur tiers. Si cet éditeur met fin au contrat, la société peut se retrouver sans outil pour faire trader ses clients, même sans faute établie de sa part.

True Forex Funds : l'insolvabilité

True Forex Funds, société fondée en 2021 en Hongrie, mettait en avant en mars 2024 un total de 66,9 millions de dollars de versements cumulés à ses traders, selon son propre site. Début juin 2024, la page d'accueil a laissé place à un message de fermeture définitive : la société y déclare avoir cessé toutes ses activités « pour cause d'insolvabilité financière », malgré ses efforts pour redresser ses finances.

Les chiffres de versements affichés par une prop firm sur son propre site ne garantissent donc pas sa solidité financière. Ils ne sont pas audités et ne disent rien des engagements restant à payer.

Les signaux d'alerte qui ressortent de ces dossiers

Ces trois cas ne relèvent pas du même problème. Ils permettent toutefois d'identifier des points de vigilance concrets, documentés par les régulateurs et par les sociétés elles-mêmes.

  • La contrepartie des ordres : la CFTC reprochait à My Forex Funds de se présenter comme un simple intermédiaire alors qu'elle était, selon la plainte, la contrepartie des ordres. Dans ce schéma, les pertes des clients deviennent des gains pour la société.
  • Le statut réglementaire : la CFTC rappelle que proposer du forex à effet de levier à des particuliers américains sans enregistrement est illégal, et invite le public à contrôler l'enregistrement d'une société dans la base NFA BASIC de la National Futures Association.
  • La dépendance à un éditeur de plateforme : le cas SurgeTrader montre qu'une rupture avec un fournisseur technique peut suffire à arrêter l'activité du jour au lendemain.
  • La solidité financière : les versements cumulés affichés par une société ne renseignent pas sur sa trésorerie. True Forex Funds a invoqué l'insolvabilité pour justifier sa fermeture.
  • Les règles de clôture de compte : la clôture de comptes « sous des prétextes » figurait parmi les griefs de la CFTC. Des règles floues ou modifiables à tout moment laissent à la société une large marge pour refuser un versement.

Un secteur sans cadre propre

Le compte « financé » est le plus souvent un compte de démonstration, ce qui place l'activité à la frontière entre service de formation, jeu de compétence et intermédiation financière. Le dossier My Forex Funds montre qu'un régulateur peut s'en saisir, mais aussi que son action peut échouer devant un tribunal. Les sommes versées au titre des défis sont des frais d'inscription, pas des avoirs placés sur un compte client.

Aucun classement de prop firms « sûres » n'est publié ici : la solidité d'une société de ce type ne se mesure qu'à partir de documents vérifiables, comme ses comptes, ses contrats avec ses prestataires et son statut auprès d'un régulateur.

Sources

  1. CFTC Charges “My Forex Funds” with Fraudulently Taking Over $300 Million From Customers Hoping to Become Professional Traders (release 8771-23, copie archivée)Commodity Futures Trading Commission · Régulateur · primaire · 1 septembre 2023
  2. CFTC v. Traders Global Group Inc., 1:23-cv-11808, ordre n° 260 adoptant le rapport du special masterU.S. District Court, District of New Jersey (via CourtListener) · Document · primaire · 13 mai 2025
  3. Commodity Futures Trading Commission v. Traders Global Group Inc. — registre de l'affaireCourtListener · Document · primaire · 28 août 2023
  4. SurgeTrader — annonce de fermeture (copie archivée)SurgeTrader · Source officielle · primaire · 24 mai 2024
  5. True Forex Funds — page d'accueil (copie archivée du 10 mars 2024)True Forex Funds · Source officielle · primaire · 10 mars 2024
  6. Official Closure of True Forex Funds (copie archivée du 2 juin 2024)True Forex Funds · Source officielle · primaire · 2 juin 2024
  7. BASIC — Background Affiliation Status Information CenterNational Futures Association · Source officielle · primaire

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