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Que sont les ETF ? Fonctionnement, différences avec les indices et ETF crypto

Un ETF est un fonds coté en bourse qui reproduit la performance d'un indice. Son fonctionnement, ses règles au PEA et le cas des ETF bitcoin s'appuient ici sur les documents de la SEC, des émetteurs et de Service-Public.

Publié le
· mis à jour le 11 septembre 2025
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5 min de lecture
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9 sources
Façade de la Bourse de New York avec drapeau américain, horloges et courbes boursières superposées

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Qu'est-ce qu'un ETF ?

Un ETF (exchange-traded fund), appelé aussi tracker ou fonds indiciel coté, est un fonds d'investissement dont les parts s'échangent en bourse, comme des actions. Le gendarme boursier américain le décrit dans son bulletin destiné aux investisseurs : comme un fonds commun de placement, un ETF met en commun l'argent de ses porteurs pour l'investir en actions, en obligations ou en autres actifs. À la différence d'un fonds classique, ses parts se négocient sur une bourse, à un prix de marché qui peut s'écarter légèrement de la valeur liquidative.

La plupart des ETF répliquent un indice : le CAC 40, le S&P 500, un indice obligataire ou un indice de marchés émergents. Selon la SEC, les premiers ETF suivaient tous des indices d'actions américaines, et ce type d'ETF indiciel reste le plus répandu aux États-Unis. D'autres suivent des obligations, des actions étrangères, ou sont gérés activement.

ETF et indice : quelle différence ?

Un indice est un calcul. Il mesure la performance d'un panier de valeurs défini par son promoteur, par exemple les 40 sociétés du CAC 40. Il ne s'achète pas : aucune part d'indice n'existe.

L'ETF est le produit qui permet d'obtenir cette performance. Il détient les titres de l'indice, ou un équivalent, et cherche à en reproduire l'évolution, frais de gestion déduits. Son rendement s'écarte donc toujours un peu de celui de l'indice : c'est l'écart de suivi. Les frais, exprimés en pourcentage annuel, en sont la première cause.

Comment fonctionne un ETF ?

Création et rachat des parts

Un particulier n'achète pas ses parts auprès du fonds. Il les achète en bourse, à d'autres investisseurs. La SEC détaille le mécanisme : seuls des établissements financiers appelés « participants autorisés », généralement de grands courtiers, créent et rachètent des parts directement auprès du fonds, par blocs importants nommés « unités de création ». Pour créer des parts, le participant autorisé apporte au fonds un panier de titres et de liquidités ; pour les racheter, il rend des parts et reçoit ce panier en retour.

Valeur liquidative et arbitrage

Le fonds calcule sa valeur liquidative chaque jour de bourse. Une valeur indicative est aussi publiée pendant la séance, environ toutes les 15 secondes selon la SEC. Quand le prix de marché s'écarte de la valeur des actifs, les participants autorisés ont intérêt à créer ou racheter des parts pour profiter de l'écart. Cet arbitrage ramène le cours de l'ETF près de sa valeur liquidative.

Réplication physique ou synthétique

Un ETF à réplication physique détient les titres de l'indice, en totalité ou sous forme d'échantillon représentatif. Un ETF à réplication synthétique détient d'autres actifs et obtient la performance de l'indice par un contrat d'échange (swap) conclu avec une banque. Cette seconde méthode ajoute un risque de contrepartie, encadré par la réglementation des fonds. Le prospectus et le document d'informations clés de chaque ETF précisent la méthode utilisée.

Un cadre réglementaire

Aux États-Unis, les ETF enregistrés comme fonds sont soumis aux règles des fonds d'investissement : limites sur l'effet de levier, obligations de publication, contrôle par un conseil d'administration, selon la SEC. En septembre 2019, la SEC a adopté la règle 6c-11, qui a remplacé plus de 300 autorisations individuelles par un cadre commun. Elle recensait alors environ 2 000 ETF et plus de 3 300 milliards de dollars d'actifs nets, d'après son communiqué du 26 septembre 2019.

Trois ETF historiques

SPDR S&P 500 ETF (SPY)

Lancé le 22 janvier 1993, SPY est présenté par son gestionnaire State Street comme le premier ETF coté aux États-Unis. Il suit l'indice S&P 500, qui mesure le segment des grandes capitalisations américaines. Ses frais bruts s'élèvent à 0,0945 % par an selon la fiche du fonds.

Invesco QQQ (QQQ)

Lancé le 10 mars 1999, QQQ suit le Nasdaq-100, qui regroupe les 100 plus grandes sociétés non financières cotées au Nasdaq. Ses frais sont de 0,18 % par an d'après Invesco. L'indice est très concentré dans la technologie.

iShares MSCI Emerging Markets (EEM)

Lancé le 7 avril 2003, EEM suit un indice d'actions de grandes et moyennes capitalisations des pays émergents. Taïwan, la Corée du Sud, la Chine et l'Inde y pèsent le plus. Ses frais atteignent 0,72 % par an selon la fiche iShares, un niveau élevé pour un ETF indiciel.

Les ETF bitcoin et ether au comptant

Le 10 janvier 2024, la SEC a autorisé la cotation et la négociation de plusieurs produits cotés adossés au bitcoin au comptant. Son président de l'époque, Gary Gensler, a précisé la portée de cette décision dans une déclaration publiée le jour même :

« We did not approve or endorse bitcoin. Investors should remain cautious about the myriad risks associated with bitcoin. »

L'autorisation faisait suite à une décision de cour d'appel fédérale selon laquelle la SEC n'avait pas suffisamment justifié son refus de la demande de Grayscale.

Parmi ces produits figure l'iShares Bitcoin Trust (IBIT) de BlackRock, lancé le 5 janvier 2024 selon sa fiche produit. Le fonds détient directement des bitcoins et cherche à refléter l'évolution du prix du bitcoin. Ses frais de gestion sont de 0,25 % par an. BlackRock précise qu'il ne s'agit pas d'un fonds enregistré au titre de l'Investment Company Act de 1940 : il n'est donc pas soumis aux mêmes règles que les ETF classiques.

Le 23 mai 2024, la SEC a approuvé les règles permettant de coter des produits adossés à l'ether, dont le Grayscale Ethereum Trust, le Bitwise Ethereum ETF et l'iShares Ethereum Trust, selon l'ordonnance publiée par la Commission.

Ces produits détiennent la cryptomonnaie elle-même. Ils ne reposent pas sur des produits dérivés, contrairement à certains ETF crypto plus anciens fondés sur des contrats à terme. Leur valeur suit donc la forte volatilité de l'actif sous-jacent.

Peut-on mettre des ETF dans un PEA ?

Oui, sous conditions. Le plan d'épargne en actions accepte les parts d'organismes de placement collectif établis dans l'Espace économique européen et investis à plus de 75 % en actions éligibles, selon la fiche officielle de Service-Public, vérifiée le 22 mai 2026. Un ETF éligible porte la mention PEA dans sa documentation.

Les versements sur un PEA bancaire sont plafonnés à 150 000 euros. Après la cinquième année, les gains retirés sont exonérés d'impôt sur le revenu. Ils restent soumis aux prélèvements sociaux, quelle que soit la date du retrait, précise Service-Public.

Des ETF éligibles au PEA suivent pourtant des indices non européens, comme le S&P 500 ou le Nasdaq-100. Ils détiennent des actions européennes pour respecter le seuil de 75 % et obtiennent la performance de l'indice visé par un swap : c'est la réplication synthétique.

Avantages et limites

Un ETF donne accès à un panier diversifié en une seule transaction. Ses frais sont souvent inférieurs à ceux des fonds traditionnels, relève la SEC, et beaucoup publient leur composition chaque jour. Il se négocie toute la séance, à un prix connu.

Ses limites tiennent à sa nature. Un ETF suit son marché à la hausse comme à la baisse et ne protège pas des pertes en capital. Les ETF à effet de levier visent un multiple de la performance d'un indice sur une seule journée, ce qui peut les rendre inadaptés à une détention longue, avertit la SEC. Enfin, l'ordre d'achat passe par un courtier, qui facture ses propres frais en plus de ceux du fonds.

Sources

  1. Investor Bulletin: Exchange-Traded Funds (ETFs)SEC · Régulateur · primaire
  2. SEC Adopts New Rule to Modernize Regulation of Exchange-Traded FundsSEC · Régulateur · primaire · 26 septembre 2019
  3. SPDR S&P 500 ETF Trust (SPY)State Street Global Advisors · Source officielle · primaire
  4. Invesco QQQ ETFInvesco · Source officielle · primaire
  5. iShares MSCI Emerging Markets ETF (EEM)BlackRock iShares · Source officielle · primaire
  6. Statement on the Approval of Spot Bitcoin Exchange-Traded ProductsU.S. Securities and Exchange Commission · Régulateur · primaire · 10 janvier 2024
  7. iShares Bitcoin Trust ETF (IBIT)BlackRock iShares · Source officielle · primaire · 1 octobre 2026
  8. Order Granting Accelerated Approval of Proposed Rule Changes to List and Trade Shares of Ether-Based Exchange-Traded Products (Release No. 34-100224)U.S. Securities and Exchange Commission · Régulateur · primaire · 23 mai 2024
  9. Plan d'épargne en actions (PEA)Service-Public.fr (DILA) · Régulateur · primaire · 22 mai 2026

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