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Trading

Broker CFD : comment vérifier et comparer un courtier en France

Aucun classement officiel ne désigne un meilleur broker CFD. Les règles européennes et françaises fixent en revanche ce que tout courtier autorisé doit offrir aux particuliers, et la manière de le vérifier.

Publié le
· mis à jour le 13 septembre 2025
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Avertissement. Le trading d'actions, de devises (forex), de CFD et d'options comporte un risque élevé de perte en capital. Les CFD sont des produits complexes : avec l'effet de levier, la majorité des comptes de particuliers perdent de l'argent. Cette page informe, elle ne constitue pas un conseil en investissement.

Pourquoi il n'existe pas de « meilleur broker CFD » universel

Un broker CFD, ou courtier en CFD, est le prestataire qui propose des contrats sur la différence (Contracts for Difference) à ses clients et qui les exécute. Aucune autorité ne publie de classement des courtiers, et aucun critère objectif ne permet d'en désigner un « meilleur » pour tous les profils. Les autorités françaises et européennes fixent en revanche des règles communes que tout courtier autorisé doit respecter auprès des particuliers. Ces règles, et la manière de vérifier qu'un courtier les applique, sont les seuls éléments comparables de façon fiable.

L'Autorité des marchés financiers (AMF) rappelle dans sa fiche consacrée aux CFD que ces produits permettent de spéculer sur la hausse ou la baisse d'un actif sous-jacent sans jamais le détenir. Elle les réserve aux investisseurs expérimentés et précise qu'il s'agit d'instruments spéculatifs de court terme.

Ce qu'est un CFD et ce qu'il coûte

Un CFD est un contrat entre un client et un courtier. Le client gagne ou perd la différence entre le prix d'ouverture et le prix de clôture de sa position. Le sous-jacent peut être un indice, une devise, une action, une matière première ou une cryptomonnaie.

La plupart des CFD fonctionnent avec un effet de levier. L'AMF donne cet exemple : avec un levier de 20, 100 euros déposés sur le compte permettent de prendre une position de 2 000 euros. Le levier multiplie les gains comme les pertes.

Le premier coût est le spread, l'écart entre le prix d'achat et le prix de vente proposé par le courtier. L'AMF cite le cas d'un CFD qui s'achète à 101 euros et se revend à 99 euros. Sur les CFD sur actions, le courtier peut aussi facturer une commission proportionnelle au montant investi, avec un minimum par ordre. Comparer des courtiers revient d'abord à comparer ces coûts, tels qu'ils figurent dans leurs documents tarifaires officiels.

L'AMF signale deux autres risques propres au produit. Quand le marché du sous-jacent est fermé, le prix du CFD peut s'écarter du dernier cours de clôture. Entre le passage d'un ordre et son exécution, le cours peut aussi bouger et faire perdre de l'argent.

Les règles que tout courtier CFD doit appliquer aux particuliers

Le 27 mars 2018, l'Autorité européenne des marchés financiers (ESMA) a adopté des mesures qui restreignent la commercialisation des CFD auprès des clients particuliers dans l'Union européenne. Elles ont pris la forme de la décision (UE) 2018/796 du 22 mai 2018. L'AMF indique que ces restrictions s'appliquent en France depuis le 1er août 2018.

Des plafonds d'effet de levier

Le levier maximal accordé à un particulier dépend du sous-jacent :

  • 30 pour 1 sur les principales paires de devises ;
  • 20 pour 1 sur les autres paires de devises, l'or et les grands indices boursiers ;
  • 10 pour 1 sur les matières premières hors or et sur les indices secondaires ;
  • 5 pour 1 sur les actions individuelles et les autres sous-jacents ;
  • 2 pour 1 sur les cryptomonnaies.

Un courtier qui propose à un particulier résidant en France un levier de 100, 200 ou 500 sur les devises ne respecte donc pas ce cadre, ou opère depuis une entité située hors de l'Union européenne, qui n'est pas soumise aux mêmes règles de protection.

La fermeture automatique des positions

L'ESMA impose au courtier de clôturer une ou plusieurs positions du client lorsque les fonds du compte tombent à 50 % de la marge minimale requise. Cette règle limite la vitesse à laquelle un compte peut être vidé.

La protection contre le solde négatif

Les mesures de l'ESMA imposent une protection contre le solde négatif, compte par compte : un particulier ne peut pas perdre plus que les sommes déposées sur son compte de CFD.

Un avertissement chiffré et la fin des bonus

Le courtier doit afficher un avertissement standardisé qui indique le pourcentage de comptes de clients particuliers qui perdent de l'argent avec lui. L'ESMA a aussi restreint les incitations à trader, comme les bonus de dépôt. Le pourcentage affiché par chaque courtier est un des rares chiffres directement comparables d'un prestataire à l'autre.

Ce chiffre reste élevé dans tout le secteur. Selon l'ESMA, 74 à 89 % des comptes de particuliers perdent de l'argent sur les CFD, avec des pertes moyennes par client comprises entre 1 600 et 29 000 euros.

Publicité et démarchage : ce que la loi interdit en France

L'AMF rappelle que la publicité sur les CFD est interdite en France, sauf pour ceux qui bénéficient d'une protection intrinsèque du capital.

« Le démarchage pour des CFD est interdit par la loi. »

Un appel ou un message non sollicité qui propose de trader des CFD est donc, selon l'AMF, un signal d'alerte. Les promesses de gains rapides et faciles figurent aussi parmi les signaux que l'AMF associe aux arnaques dans sa mise en garde sur le Forex et les options binaires. L'AMF y signale également les faux avocats et faux professionnels de la finance qui proposent de récupérer l'argent perdu, ainsi que les personnes qui se font passer pour l'AMF.

Comment vérifier qu'un courtier CFD est autorisé en France

Le registre REGAFI

L'AMF recommande de vérifier que le site qui propose des CFD est autorisé en France en consultant le registre REGAFI. Ce registre est tenu par l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), adossée à la Banque de France. Il recense les établissements habilités à fournir des services financiers en France, y compris ceux agréés dans un autre pays de l'Union qui interviennent en France.

La vérification porte sur la société exacte qui ouvrira le compte. Un même nom commercial peut regrouper plusieurs entités, certaines agréées dans l'Union européenne, d'autres immatriculées ailleurs. Le nom de la société, son régulateur et son numéro d'agrément figurent en principe dans les mentions légales et les conditions générales du site.

Les listes noires de l'AMF

L'AMF publie des listes noires de sites et d'entités qui proposent des produits financiers en France sans y être autorisés. Elles sont classées par catégorie, dont le Forex et les produits dérivés sur crypto-actifs. L'AMF précise que ces listes, mises à jour régulièrement, ne peuvent pas être exhaustives. Une société absente des listes noires n'est donc pas pour autant autorisée : la consultation du registre reste nécessaire.

Les points à comparer entre courtiers autorisés

Une fois l'autorisation vérifiée, les différences entre courtiers tiennent à des éléments factuels, publiés par chaque prestataire :

  • l'entité juridique, son pays d'agrément et son régulateur ;
  • le pourcentage de comptes de particuliers en perte affiché dans l'avertissement obligatoire ;
  • la grille de frais : spreads, commissions sur actions, frais de détention des positions d'un jour sur l'autre, frais de dépôt, de retrait ou d'inactivité ;
  • la liste des sous-jacents proposés et le levier appliqué à chacun, dans la limite des plafonds européens ;
  • les conditions d'exécution des ordres et le traitement des marchés fermés.

Le CFD reste un produit à haut risque. L'AMF rappelle qu'une position peut faire perdre tout le dépôt en quelques secondes et que ces instruments ne conviennent pas à un placement à moyen ou long terme.

Sources

  1. ESMA agrees to prohibit binary options and restrict CFDs to protect retail investorsESMA · Régulateur · primaire · 27 mars 2018
  2. ESMA Decision (EU) 2018/796 of 22 May 2018 to temporarily restrict contracts for differencesJournal officiel de l'Union européenne · Régulateur · primaire · 1 juin 2018
  3. Les CFD (contracts for difference)Autorité des marchés financiers · Régulateur · primaire
  4. Forex, options binaires : un marché à fuirAutorité des marchés financiers · Régulateur · primaire · 28 juillet 2017
  5. Listes noires des sociétés et sites non autorisésAutorité des marchés financiers · Régulateur · primaire
  6. REGAFI, registre des agents financiersACPR – Banque de France · Régulateur · primaire

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