Plateforme crypto en Polynésie française : statut des exchanges et fiscalité locale
Choisir une plateforme de cryptomonnaies depuis Tahiti ou les îles passe d'abord par deux vérifications : le statut réglementaire de l'exchange et les règles fiscales propres au territoire. Trois des cinq plateformes autrefois mises en avant sur cette page figurent aujourd'hui sur les listes noires de l'AMF.
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- · mis à jour le 13 novembre 2025
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Un territoire hors de l'Union européenne
La Polynésie française est un pays et territoire d'outre-mer (PTOM) rattaché à la France. Selon la Commission européenne, les PTOM ne font partie ni du territoire de l'Union européenne ni du marché unique : ils sont liés à l'Union par un régime d'association.
Le territoire a aussi sa propre monnaie. Le franc Pacifique (F CFP) circule en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française et à Wallis-et-Futuna, et ce sont les agences de l'Institut d'émission d'outre-mer (IEOM) qui mettent en circulation ses pièces et billets. Un résident qui achète des cryptomonnaies passe donc le plus souvent par une conversion, du franc Pacifique vers l'euro ou le dollar, avant de déposer des fonds sur une plateforme.
Ces deux particularités comptent dans le choix d'une plateforme. Le cadre européen des crypto-actifs a été pensé pour les États membres de l'Union, et la fiscalité applicable aux résidents polynésiens relève du territoire, pas du code général des impôts de métropole.
Le cadre européen MiCA et ses registres
Le règlement européen MiCA s'applique aux prestataires de services sur crypto-actifs (PSCA) depuis le 30 décembre 2024. En France, la période transitoire qui permettait aux anciens prestataires enregistrés de continuer leur activité a pris fin le 1er juillet 2026, rappelle l'Autorité des marchés financiers (AMF). Depuis cette date, un prestataire doit être agréé dans un État membre pour servir des clients en France.
L'Autorité européenne des marchés financiers publie la liste des prestataires agréés dans son registre intérimaire MiCA. Chaque ligne indique l'autorité qui a délivré l'agrément, la date, les services couverts et les pays vers lesquels l'agrément est passeporté. Ce passeport vise les États de l'Espace économique européen. Les sources officielles consultées ne précisent pas comment ce régime s'applique aux résidents d'un PTOM comme la Polynésie française : la disponibilité d'un service pour une adresse à Papeete ou dans les îles dépend des conditions propres à chaque plateforme.
À titre d'exemple, et sans classement, le registre de l'ESMA modifié le 30 septembre 2026 mentionne parmi les entités passeportées vers la France : Bitpanda et Bybit EU (agréées en Autriche), Payward Europe Solutions pour Kraken (Irlande), Bitstamp Europe et Coinbase Luxembourg (Luxembourg), ainsi qu'OKX Europe, Foris DAX MT pour Crypto.com et Gemini Intergalactic EU (Malte).
Le statut des cinq plateformes de l'ancien comparatif
Cette page présentait auparavant un classement de cinq exchanges. Leur situation, vérifiée le 3 octobre 2026 auprès des régulateurs, est la suivante.
MEXC et BloFin : sur la liste noire crypto-actifs de l'AMF
Le site www.mexc.com figure sur la liste noire des sites non autorisés en crypto-actifs de l'AMF depuis le 4 juin 2024. Le site blofin.com y est inscrit depuis le 3 décembre 2024. Une inscription signifie que l'AMF a identifié une offre de services sur crypto-actifs proposée sans autorisation au public français.
Bitunix : sur la liste noire des produits dérivés
Le site www.bitunix.com figure depuis le 12 mars 2025 sur la liste noire de l'AMF consacrée aux produits dérivés sur crypto-actifs, qui recense les sites proposant des contrats à terme ou à effet de levier sans autorisation.
Bitget et Binance : absentes du registre MiCA
Aucune entité Bitget ni Binance n'apparaît dans le registre des prestataires agréés de l'ESMA dans sa version du 30 septembre 2026. Aucune des deux ne figure non plus sur les listes noires de l'AMF du 28 septembre 2026. En l'absence d'agrément MiCA, ni l'une ni l'autre n'est autorisée à fournir des services sur crypto-actifs en France depuis la fin de la période transitoire.
L'ancienne version de cette page attribuait à ces plateformes des niveaux de levier, des frais, un nombre de paires et un historique de sécurité qui ne s'appuyaient sur aucune source officielle. Ces affirmations ont été retirées.
La fiscalité des crypto-actifs en Polynésie française
La Polynésie française dispose de sa propre fiscalité. La Direction des impôts et des contributions publiques (DICP) a publié le 24 avril 2026 un focus sur la fiscalité relative aux crypto-actifs. Elle y indique que les cessions de crypto-actifs sont imposables sur le territoire. Le document précise qu'il ne se substitue pas à la documentation officielle.
Cession à titre personnel : impôt sur les transactions et CST-NS
Selon la DICP, le chiffre d'affaires réalisé lors d'une cession à titre onéreux d'actifs numériques est imposable à l'impôt sur les transactions (IT) et à la contribution de solidarité territoriale sur les professions et activités non salariées (CST-NS). La règle dépend de la fréquence des opérations :
- une cession réalisée de manière habituelle est obligatoirement assujettie à l'IT et à la CST-NS ;
- une cession occasionnelle n'y est soumise que si elle dégage une plus-value, c'est-à-dire si la valeur de revente dépasse le prix d'achat.
Dans les deux cas, ce sont les recettes de l'opération, et non la seule plus-value, qui se déclarent à l'impôt sur les transactions. Pour les commerçants, les taux de l'IT vont de 0,5 % à 9 % (article LP.184-1 du code des impôts de la Polynésie française) et ceux de la CST-NS de 0,4 % à 3,25 % (article LP.194-4).
Activité de trader : patentes, IT, TVA ou impôt sur les sociétés
Lorsque la cession de crypto-actifs s'exerce comme une activité de trader pour le compte d'autrui, la DICP distingue deux cas. En entreprise individuelle, l'activité relève de la contribution des patentes, du régime des très petites entreprises (TPE) tant que le chiffre d'affaires ne dépasse pas 10 000 000 F CFP, puis de l'IT et de la CST-NS au-delà. La TVA s'applique aussi, avec une franchise en base jusqu'à 10 000 000 F CFP et une option possible.
En société commerciale (SA, SARL), l'activité supporte la contribution des patentes, l'impôt sur les bénéfices des sociétés (IS) et la TVA, avec la même franchise en base sous 10 000 000 F CFP de chiffre d'affaires.
Ces règles corrigent l'ancienne version de cette page, qui affirmait que la législation fiscale polynésienne ne traitait pas des cryptomonnaies. La DICP renvoie vers son espace en ligne et son service de contact pour les situations particulières.
Vérifier une plateforme avant d'ouvrir un compte
Trois sources publiques permettent de contrôler le statut d'un exchange :
- le registre intérimaire de l'ESMA, qui liste les prestataires agréés au titre de MiCA et les pays couverts par leur passeport ;
- les listes noires et mises en garde de l'AMF, réparties en six catégories dont les crypto-actifs et les produits dérivés sur crypto-actifs ;
- la base I-SCAN de l'Organisation internationale des commissions de valeurs, à laquelle l'AMF renvoie pour croiser les mises en garde de plus de 150 régulateurs.
L'AMF rappelle que ses listes, mises à jour régulièrement, ne peuvent pas être exhaustives : de nouveaux acteurs non autorisés apparaissent sans cesse. L'absence d'une plateforme sur une liste noire ne vaut donc pas autorisation. Seule l'inscription au registre des prestataires agréés atteste d'un agrément.
Les crypto-actifs restent des placements volatils. Les produits à effet de levier, mis en avant par l'ancienne version de cette page, peuvent entraîner la perte de la totalité des sommes engagées.
Sources
- Liste noire des sites non autorisés : crypto-actifsAutorité des marchés financiers · Régulateur · primaire · 28 septembre 2026
- Liste noire des sites non autorisés : produits dérivés sur crypto-actifsAutorité des marchés financiers · Régulateur · primaire · 28 septembre 2026
- Listes noires des sociétés et sites non autorisésAutorité des marchés financiers · Régulateur · primaire
- Registre intérimaire MiCA des prestataires de services sur crypto-actifs (CASP)ESMA · Régulateur · primaire
- MiCA – dossier thématiqueAutorité des marchés financiers · Régulateur · primaire
- Overseas Countries and TerritoriesCommission européenne · Source officielle · primaire
- Franc PacifiqueInstitut d'émission d'outre-mer · Source officielle · primaire
- Focus sur la fiscalité relative aux crypto-actifsDirection des impôts et des contributions publiques de la Polynésie française · Source officielle · primaire · 24 avril 2026
- Direction des impôts et des contributions publiquesGouvernement de la Polynésie française · Source officielle · primaire
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