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Cryptomonnaies à Madagascar : statut légal, plateformes et position de la banque centrale

Les cryptomonnaies n'ont pas cours légal à Madagascar et aucune plateforme d'échange n'y est réglementée, selon Banky Foiben'i Madagasikara. Les conditions d'accès dépendent donc des plateformes étrangères elles-mêmes.

Publié le
· mis à jour le 13 novembre 2025
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11 sources
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Ce que dit la banque centrale de Madagascar

La position officielle sur les cryptomonnaies à Madagascar tient dans un document : l'« Avis au public sur les cryptomonnaies » publié par Banky Foiben'i Madagasikara (BFM) le 5 octobre 2021. Il figure toujours dans la liste des communiqués de l'institution, qui ne contient aucun autre texte consacré aux cryptomonnaies.

La BFM y rappelle que l'article 9 de la loi n° 2016-004 du 29 juillet 2016 portant ses statuts lui confère le privilège exclusif d'émettre les billets et les pièces ayant cours légal. Elle en tire trois constats :

  • les cryptomonnaies ne sont émises ni réglementées par la BFM ou par une autre autorité monétaire ;
  • elles n'ont pas cours légal à Madagascar ;
  • les prestataires qui proposent d'investir, de vendre ou d'échanger des cryptomonnaies ne sont pas réglementés par la législation malgache en vigueur.

Autrement dit, aucune plateforme d'échange ne dispose d'un agrément malgache, faute de régime d'agrément. Une plateforme accessible depuis Madagascar n'est pas pour autant autorisée ou contrôlée par une autorité locale.

Les risques listés par la BFM

L'avis de 2021 met en garde le public contre trois catégories de risques :

  • le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, en raison de l'anonymat des transactions ;
  • la volatilité et la nature spéculative des cryptomonnaies, qui n'offrent « aucune garantie de valeur ni de liquidité » ;
  • l'absence de statut légal et de cadre réglementaire, qui prive l'utilisateur de recours en cas de cyberattaque, de fraude, d'erreur ou d'utilisation non autorisée.

Le texte précise un point qui concerne directement les utilisateurs de plateformes étrangères :

« La responsabilité des plateformes d'échange, non réglementées, n'est aucunement engagée en cas de perte. »

La BFM dit aussi noter « avec inquiétude l'émergence de dispositifs spéculatifs basés sur ces types d'actifs virtuels ». Elle indique toutefois suivre l'évolution du secteur et travailler à un environnement qui concilie stabilité financière et innovation. Pour la définition, l'avis renvoie au Groupe d'action financière (GAFI), qui classe la cryptomonnaie parmi les « actifs virtuels ».

Binance, Bitget, MEXC : ce que disent les plateformes elles-mêmes

Les recherches des lecteurs portent souvent sur une plateforme précise, Binance en tête. Aucune de ces sociétés n'est agréée à Madagascar, puisque le pays n'a pas de régime d'agrément. Leur accessibilité dépend donc de leurs propres conditions d'utilisation, qui changent régulièrement.

Les conditions d'utilisation de Bitget, consultées le 3 octobre 2026, dressent une liste de « pays interdits » où la plateforme refuse ses services. Madagascar n'y figure pas. La France, en revanche, y figure, aux côtés notamment de l'Allemagne, de l'Autriche, du Canada, des États-Unis et de la République démocratique du Congo. Bitget se réserve le droit d'ajouter d'autres pays à cette liste.

Certains services refusent Madagascar. MoonPay, intermédiaire utilisé par de nombreux portefeuilles pour acheter des cryptomonnaies par carte bancaire, classe Madagascar parmi les pays qu'il ne prend pas en charge.

Retirer des bitcoins en ariary

Convertir des bitcoins en ariary suppose de passer par un intermédiaire, le plus souvent une plateforme étrangère ou un échange de gré à gré entre particuliers. Aucun de ces circuits n'est encadré à Madagascar. Selon l'avis de la BFM, l'utilisateur ne dispose d'aucun recours en cas de fraude ou d'erreur, et la plateforme n'engage pas sa responsabilité en cas de perte.

Le mobile money, lui, relève d'un autre cadre. La BFM le décrit comme un « moyen de paiement réglementé », émis par un opérateur privé, dans la foire aux questions consacrée à l'eAriary. Le fait qu'un échange de cryptomonnaies se règle par mobile money ne fait pas de la transaction une opération réglementée : seul le paiement en ariary l'est.

L'eAriary, monnaie numérique de la banque centrale

La BFM prépare sa propre monnaie numérique, l'eAriary. Selon sa foire aux questions, il s'agit d'une monnaie numérique de banque centrale (CBDC) de détail, destinée au grand public, de même valeur que l'ariary en billets et en pièces. Elle doit fonctionner sur smartphone, sur téléphone simple via USSD et hors ligne.

La banque centrale répond explicitement à la question de sa nature : l'eAriary n'est pas une cryptomonnaie. Il ne repose pas sur une blockchain publique, il est émis par la BFM et sa valeur est adossée à l'ariary. La même réponse rappelle que les cryptomonnaies « ne sont pas reconnues comme des monnaies légales ».

L'eAriary ne sera pas distribué directement par la BFM mais par les banques, les institutions de microfinance et les émetteurs de monnaie électronique. La foire aux questions annonce une phase pilote de dix mois à partir de septembre 2026, dans certaines zones et pour des usages ciblés, avant un éventuel déploiement national selon les résultats. La BFM avait lancé en avril 2025 un concours pour le logo officiel de cette monnaie.

Fiscalité des cryptomonnaies à Madagascar

Aucun texte fiscal malgache propre aux cryptomonnaies n'a pu être identifié auprès d'une source officielle. Les affirmations de la version précédente de cette page sur l'imposition des plus-values, des revenus de minage ou sur la TVA n'étaient pas sourcées : elles ont été retirées. Le traitement fiscal relève de la Direction générale des impôts, dont le site officiel publie les textes en vigueur.

Pour un résident fiscal français

La situation diffère pour une personne qui réside en France, où les prestataires de services sur crypto-actifs doivent être agréés au titre du règlement européen MiCA. Aucune des cinq plateformes présentées dans l'ancienne version de cette page (Bitget, Bitunix, Binance, MEXC, BloFin) ne figure dans le registre intérimaire des prestataires agréés tenu par l'ESMA, consulté le 3 octobre 2026.

Trois d'entre elles sont inscrites sur les listes noires de l'Autorité des marchés financiers (AMF) :

Ces listes, arrêtées au 28 septembre 2026, sont mises à jour régulièrement sur la page listes noires et mises en garde de l'AMF. Bitget, de son côté, exclut la France de ses services dans ses propres conditions d'utilisation.

Sources

  1. Avis au public sur les cryptomonnaiesBanky Foiben'i Madagasikara · Régulateur · primaire · 5 octobre 2021
  2. CommuniquésBanky Foiben'i Madagasikara · Régulateur · primaire
  3. eAriary : foire aux questionsBanky Foiben'i Madagasikara · Source officielle · primaire
  4. Concours de création du logo officiel de l'eAriaryBanky Foiben'i Madagasikara · Source officielle · primaire · 4 avril 2025
  5. Bitget Terms of UseBitget (BTG Technology Holdings Limited) · Source officielle · primaire · 15 septembre 2026
  6. MoonPay's unsupported countriesMoonPay · Source officielle · primaire
  7. Direction générale des impôtsDirection générale des impôts de Madagascar · Source officielle · primaire
  8. Registre intérimaire MiCA des prestataires de services sur crypto-actifs (CASP)ESMA · Régulateur · primaire
  9. Liste noire des sites non autorisés : crypto-actifsAutorité des marchés financiers · Régulateur · primaire · 28 septembre 2026
  10. Liste noire des sites non autorisés : produits dérivés sur crypto-actifsAutorité des marchés financiers · Régulateur · primaire · 28 septembre 2026
  11. Listes noires des sociétés et sites non autorisésAutorité des marchés financiers · Régulateur · primaire

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