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Trading

Open interest : définition, calcul et lecture de l'indicateur des dérivés crypto

L'open interest mesure le nombre de contrats dérivés encore ouverts sur un marché. Il renseigne sur l'argent engagé dans les futures et les options, pas sur la direction des prix.

Publié le
· mis à jour le 11 septembre 2025
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4 min de lecture
Sources
5 sources
open interest trading

Une définition fixée par le régulateur américain

Le terme vient des marchés à terme traditionnels. La Commodity Futures Trading Commission (CFTC), régulateur américain des dérivés, le définit comme le total des contrats futures ou options conclus et pas encore dénoués, que ce soit par une transaction inverse, une livraison ou un exercice. En français, on parle aussi d'« intérêt ouvert » ou de « positions ouvertes ».

Sur les plateformes crypto, l'indicateur s'applique aux futures à échéance, aux options et surtout aux contrats perpétuels, ces futures sans date d'expiration.

Un contrat, deux parties, un seul décompte

Chaque contrat dérivé lie un acheteur, qui tient une position longue, et un vendeur, qui tient une position courte. La CFTC le rappelle dans ses notes méthodologiques : le total des positions longues est égal au total des positions courtes. Un contrat n'est donc compté qu'une fois dans l'open interest, et non une fois par côté.

Il en découle quatre cas pour chaque transaction :

  • un nouvel acheteur et un nouveau vendeur ouvrent chacun une position : un contrat est créé, l'open interest augmente ;
  • un acheteur qui ouvre une position fait face à un vendeur qui ferme une position longue existante : le contrat change de mains, l'open interest ne bouge pas ;
  • un vendeur qui ouvre une position fait face à un acheteur qui rachète une position courte : même situation, l'open interest reste stable ;
  • les deux parties ferment chacune une position : un contrat disparaît, l'open interest baisse.

Une seule personne qui ouvre un long ne fait donc pas forcément monter l'indicateur. Tout dépend de la contrepartie.

Open interest et volume, deux mesures différentes

Le volume additionne tous les contrats échangés sur une période, qu'ils ouvrent ou ferment des positions. L'open interest est un stock : il photographie, à un instant donné, ce qui reste ouvert. Une journée très active peut afficher un volume record et un open interest inchangé si les ouvertures et les fermetures s'équilibrent.

L'unité varie selon la plateforme et le type de contrat. Chez Deribit, par exemple, la documentation de l'API précise que l'open interest des contrats perpétuels et des futures inversés est exprimé en dollars, alors que celui des options et des futures linéaires l'est en unités de l'actif sous-jacent. Comparer deux plateformes suppose donc de ramener les chiffres dans la même unité.

Où lire l'open interest

Les plateformes de dérivés

Les plateformes publient l'open interest en continu, contrat par contrat, sur leurs interfaces et leurs API publiques. À titre d'illustration, l'API de Deribit affichait 805 276 120 dollars d'open interest sur le contrat BTC-PERPETUAL le 2 octobre 2026. Ce chiffre ne vaut que pour cette plateforme et ce contrat. Des agrégateurs comme Coinglass, Coinalyze ou Velo additionnent ensuite les données de plusieurs plateformes, avec leurs propres méthodes de conversion.

Le rapport hebdomadaire de la CFTC

Pour les futures bitcoin et ether cotés au CME, marché réglementé de Chicago, la CFTC publie le rapport Commitments of Traders. Il paraît en général le vendredi à 15 h 30, heure de l'Est, avec les positions arrêtées au mardi précédent. Son intérêt est de ventiler l'open interest par catégorie d'acteurs.

Dans le rapport arrêté au 22 septembre 2026, le contrat bitcoin du CME, d'une taille de 5 bitcoins, comptait 22 315 contrats ouverts. Les fonds à effet de levier détenaient 12 698 positions courtes, soit 56,9 % de l'open interest, contre 4 745 positions longues. Les gestionnaires d'actifs étaient au contraire acheteurs nets, avec 4 962 positions longues pour 1 791 courtes. Le tableau illustre la règle de la CFTC : la somme des positions longues de toutes les catégories est égale à celle des positions courtes.

Le rapport ne couvre pas tous les détenteurs nominativement. Les intermédiaires déclarent chaque jour à la CFTC la totalité des positions de tout client qui atteint, sur une échéance, le seuil de déclaration fixé par la Commission. Selon ses notes méthodologiques, ces positions déclarées représentent en général 70 à 90 % de l'open interest d'un marché. Le reste, présenté comme « positions non déclarables », n'est pas collecté directement : la CFTC l'obtient par soustraction, en retirant les positions déclarées de l'open interest total. Cette catégorie regroupe surtout les petits intervenants, dont la répartition par type d'acteur reste inconnue.

Comment l'indicateur est lu, et ses angles morts

L'open interest ne dit rien de la direction du marché, puisque chaque position longue a une contrepartie courte. Il mesure l'engagement : la quantité de contrats, et donc souvent de levier, présente sur un marché. Les analystes le croisent avec l'évolution du prix pour décrire ce qui vient de se passer :

  • prix et open interest en hausse : de nouvelles positions s'ouvrent pendant la hausse ;
  • prix en baisse et open interest en hausse : de nouvelles positions s'ouvrent pendant la baisse ;
  • prix en hausse et open interest en baisse : des positions se ferment, souvent des rachats de positions courtes ;
  • prix et open interest en baisse : des positions longues se ferment, volontairement ou par liquidation.

Cette grille décrit des flux passés. Elle ne prédit pas la suite et ne dit pas qui, des acheteurs ou des vendeurs, est à l'origine des ouvertures. Les acteurs utilisent aussi les dérivés pour couvrir des positions au comptant ou pour arbitrer, ce qui brouille toute lecture directionnelle.

Sur les contrats perpétuels, le taux de financement complète souvent l'analyse. Ce paiement périodique entre acheteurs et vendeurs, que Deribit expose dans le même appel d'API que l'open interest, indique quel côté paie l'autre pour maintenir le prix du contrat proche de celui de l'actif.

Plusieurs limites pèsent sur l'indicateur. Les données agrégées dépendent des plateformes couvertes et des conversions d'unités. Les volumes de dérivés crypto se concentrent en partie sur des plateformes non régulées par la CFTC, qui publient leurs propres chiffres sans contrôle externe. Enfin, une forte hausse de l'open interest signale surtout une accumulation de levier, et donc un risque de liquidations en chaîne en cas de mouvement brutal, sans indiquer dans quel sens ce mouvement se produira.

Sources

  1. Commitments of Traders – Explanatory NotesCommodity Futures Trading Commission · Régulateur · primaire
  2. Commitments of TradersCommodity Futures Trading Commission · Régulateur · primaire
  3. Traders in Financial Futures – Futures Only Positions as of September 22, 2026Commodity Futures Trading Commission · Régulateur · primaire · 25 septembre 2026
  4. Deribit API documentationDeribit · Document · primaire
  5. Book summary BTC-PERPETUAL (API publique)Deribit · Données de marché · primaire · 2 octobre 2026

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