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Liste noire de l'AMF : ce qu'elle contient et comment la consulter

Le 8 octobre 2026, l'Autorité des marchés financiers (AMF) a inscrit au moins cinq sites dans la catégorie crypto-actifs de sa liste noire, qui recense les acteurs non autorisés en France ou usurpant un acteur régulé et comptait 3 484 inscriptions au 28 septembre 2026.

Publié le
· mis à jour le 23 octobre 2026
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7 sources
Logo bleu et rouge de l'AMF, Autorité des marchés financiers, sur fond gris clair

Mise à jour du 22 octobre 2026 : l'AMF inscrit au moins cinq sites de crypto-actifs sur sa liste noire le 8 octobre

Le 8 octobre 2026, l'Autorité des marchés financiers (AMF) a mis en ligne de nouvelles inscriptions sur sa liste noire des sociétés et sites non autorisés. Le tableau de la page de l'AMF affiche au moins cinq sites classés à cette date dans la catégorie « Crypto-actifs » : couponeau.com, couponeau.business, ai-couponeau.com, velarendectoai.com et couvival.com. Chacune de ces entrées porte la mention « Nouveau ».

Le même 8 octobre 2026, l'AMF a ajouté des entrées dans la catégorie « Usurpation », qui vise les acteurs se faisant passer pour un acteur régulé. Le tableau de l'AMF cite notamment les sites armen.ltd, wexfordadvisory-ltd.com, www.biolacqenergies.site et paris-majeste.com. Il cite aussi des adresses électroniques de forme « prénom.nom@ » sur des domaines comme parametric-gestion.com, paris-majeste.com ou bp-fivearrows.fr.

Les inscriptions du 8 octobre 2026 sont postérieures au fichier de données ouvertes analysé plus bas, qui couvre les inscriptions jusqu'au 28 septembre 2026. Les décomptes de cet article (3 484 inscriptions, dont 558 liées aux crypto-actifs) ne les incluent donc pas. La page de l'AMF n'indique pas le nombre total d'inscriptions après cet ajout.

La page de l'AMF ne précise ni l'activité proposée par les cinq sites inscrits en catégorie « Crypto-actifs », ni la date de sa propre dernière mise à jour. Le régulateur rappelle que « ce tableau et ces listes sont mis à jour régulièrement mais ne peuvent être exhaustifs ». L'AMF propose toujours au téléchargement six listes noires thématiques, dont une « Liste noire Crypto-actifs » et une « Liste noire Produits dérivés sur crypto-actifs ».

L'AMF, régulateur des placements financiers en France

L'Autorité des marchés financiers (AMF) est une autorité publique indépendante créée en 2003. Selon la présentation de ses missions, elle veille à la protection de l'épargne investie dans les instruments financiers et dans les placements offerts au public, à l'information des investisseurs et au bon fonctionnement des marchés. Pour cela, elle réglemente, autorise, surveille, contrôle, enquête et sanctionne. Son champ couvre les marchés et leurs infrastructures, les sociétés cotées, les intermédiaires financiers, les produits d'épargne collective, ainsi que les émetteurs de jetons et les prestataires de services sur crypto-actifs.

L'AMF repose sur deux organes collégiaux distincts. Le Collège, présidé par la présidente de l'AMF et composé de 16 membres, adopte le règlement général, délivre les agréments et décide d'ouvrir les procédures de sanction. La Commission des sanctions, composée de 12 membres, prononce les sanctions en toute autonomie de décision.

Ce que recense la liste noire

La liste noire de l'AMF répertorie les acteurs qui ont fait l'objet d'une mise en garde publiée par le régulateur et ceux qui usurpent l'identité d'un acteur régulé. Chaque inscription correspond à un nom de site, une adresse électronique ou le nom d'une entité, avec sa catégorie et sa date de publication.

Une inscription signifie que l'acteur n'est pas autorisé à proposer ses produits ou services en France, ou qu'il se fait passer pour un professionnel autorisé. Elle ne dépend pas de la bonne ou mauvaise foi de la société : un acteur sans l'autorisation requise n'a pas le droit de démarcher le public français.

Six listes thématiques

L'AMF publie aujourd'hui six listes noires thématiques téléchargeables au format PDF :

  • options binaires ;
  • produits dérivés sur crypto-actifs ;
  • biens divers (vin, or, diamants, cheptel, whisky, terres rares, etc.) ;
  • forex ;
  • crypto-actifs ;
  • autres catégories (usurpations, financement participatif, plateformes de partage de revenus immobiliers, autres acteurs non autorisés).

Le moteur de recherche du site de l'AMF permet aussi de filtrer les inscriptions par catégorie et par date de mise en ligne. Le 28 septembre 2026, par exemple, le régulateur a ajouté des sites de forex, deux sites de crypto-actifs, un site de produits dérivés sur crypto-actifs et plusieurs adresses usurpant l'identité d'établissements existants.

Ce que disent les chiffres

L'AMF publie l'intégralité de ses listes noires en données ouvertes sur data.gouv.fr, sous Licence Ouverte. Le fichier mis à jour le 2 octobre 2026 compte 3 484 inscriptions, de mai 2010 au 28 septembre 2026, selon le décompte de la rédaction.

Les usurpations d'identité forment le premier motif d'inscription : 1 579 entrées, dont 193 visent l'AMF elle-même. Viennent ensuite le forex (509 inscriptions), les options binaires (340) et les biens divers (426 au total, toutes sous-catégories confondues).

Les crypto-actifs occupent une place croissante. Le fichier compte 558 inscriptions liées aux cryptos : 242 dans la catégorie crypto-actifs, 273 pour les produits dérivés sur crypto-actifs et 43 offres de biens divers adossées à des crypto-actifs. La catégorie crypto-actifs ne comptait qu'une inscription en 2020 ; elle en a reçu 33 en 2023, 58 en 2024, 71 en 2025 et 63 entre janvier et fin septembre 2026. Sur la même période de 2026, 100 inscriptions concernent les cryptos toutes catégories confondues.

Le rythme global reste soutenu : 434 inscriptions en 2024, 404 en 2025 et 357 sur les neuf premiers mois de 2026.

Une liste par nature incomplète

L'AMF précise que ses listes sont mises à jour régulièrement mais ne peuvent pas être exhaustives, car de nouveaux acteurs non autorisés apparaissent en permanence. Une société absente de la liste noire n'est donc pas pour autant autorisée. Le régulateur indique qu'il faut aussi vérifier qu'elle dispose des autorisations nécessaires pour exercer en France.

Pour les acteurs étrangers, l'AMF renvoie vers le service I-SCAN de l'Organisation internationale des commissions de valeurs (OICV), qui donne accès aux listes noires de plus de 150 régulateurs. Elle rappelle qu'une société non autorisée dans un pays peut l'être dans un autre. Pour les produits bancaires et d'assurance, les listes noires relèvent d'Assurance Banque Épargne Info Service.

Listes blanches et statut PSCA

La vérification passe aussi par les listes blanches de l'AMF. Elles recensent les offres enregistrées en biens divers, les prestataires de services de financement participatif (PSFP) et les prestataires de services sur crypto-actifs (PSCA) autorisés à exercer en France. L'AMF précise que ces enregistrements et agréments ne constituent pas une incitation à investir.

Pour les cryptos, le cadre a changé avec le règlement européen MiCA. Selon l'AMF, depuis le 1er juillet 2026, tout professionnel qui propose des services sur crypto-actifs doit disposer du statut de PSCA. Les sociétés qui ne détenaient que l'ancien statut français de prestataire de services sur actifs numériques (PSAN) ne sont plus autorisées à proposer leurs services et doivent cesser leur activité. Le régulateur prévient que celles qui continueraient sont susceptibles de figurer sur ses listes noires et passibles de sanctions.

Un PSCA est agréé par l'autorité compétente de son pays d'origine, puis peut exercer dans d'autres pays de l'Union européenne. Les banques et courtiers en ligne qui proposent des services sur crypto-actifs doivent, eux, être immatriculés au registre Regafi. L'AMF rappelle enfin que le Fonds de garantie des dépôts et de résolution ne couvre pas les crypto-actifs en cas de faillite d'une plateforme.

Les signaux d'alerte relevés par l'AMF

Sur la page de ses listes noires, l'AMF énumère quatre signaux qui doivent alerter face à une proposition d'investissement :

  • un interlocuteur inconnu prend contact de sa propre initiative ;
  • des rendements très élevés sont promis sans risque ;
  • une décision rapide est exigée ;
  • un virement vers un RIB à l'étranger est demandé.

Le nombre d'usurpations recensées montre que le nom d'un établissement connu ne suffit pas : les escrocs reprennent l'identité de banques, de sociétés de gestion et de l'AMF elle-même. Le régulateur souligne qu'il ne contacte jamais de sa propre initiative les épargnants par téléphone ou par messagerie privée.

Consulter et télécharger les listes noires

Trois accès existent. Le site de l'AMF propose une recherche par nom et les six listes au format PDF. Le jeu de données de data.gouv.fr fournit un fichier CSV unique avec le nom, la catégorie et la date d'inscription de chaque acteur. Le site AMF Protect Épargne, signalé dans la description de ce jeu de données, réunit listes noires, listes blanches, alertes et un test d'estimation du risque d'arnaque.

Sources

  1. Listes noires des sociétés et sites non autorisésAutorité des marchés financiers · Régulateur · primaire
  2. Listes noires des entités non autorisées à proposer des produits ou services financiers en FranceAMF (data.gouv.fr) · Régulateur · primaire · 2 octobre 2026
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  6. Listes blanchesAutorité des marchés financiers · Régulateur · primaire
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