Dev (devinvestx.cc) : site de travail, rien ici ne part en ligne
BTC71 449 €-0,35 %ETH2 066 €-0,94 %XRP1,15 €-0,44 %SOL89,59 €-1,00 %BNB662,66 €+0,36 %ADA0,1831 €+0,17 %DOGE0,0690 €+0,26 %LINK10,10 €-1,30 %
Investir en cryptomonnaie

Paper wallet : fonctionnement, création et limites du portefeuille papier

Un paper wallet est une feuille de papier sur laquelle sont imprimées une adresse crypto et la clé privée qui la contrôle. Très répandue au début de Bitcoin, la méthode est aujourd'hui jugée dépassée par la documentation de référence.

Publié le
· mis à jour le 11 septembre 2025
Temps de lecture
4 min de lecture
Sources
7 sources
paper wallet

Qu'est-ce qu'un paper wallet ?

Un paper wallet, ou portefeuille papier, est une forme de stockage hors ligne des cryptomonnaies. Une clé privée et l'adresse publique qui en découle sont générées par un logiciel, puis imprimées sur une feuille. Selon le wiki Bitcoin, la pratique a surtout été répandue entre 2011 et 2016, le plus souvent avec des clés générées par un site web.

Le papier ne se connecte à aucun réseau. Les fonds ne sont pas « sur » la feuille : ils restent inscrits sur la blockchain, et la feuille contient seulement le secret qui permet de les dépenser. Qui détient la clé privée détient les fonds.

Ce que contient la feuille

Le générateur open source bitaddress.org produit le format le plus courant. Une feuille comporte quatre éléments :

  • l'adresse publique, en texte ;
  • la même adresse sous forme de QR code ;
  • la clé privée, en texte ;
  • la clé privée sous forme de QR code.

L'adresse publique se partage librement : elle sert à recevoir des fonds. La clé privée sert à signer les transactions sortantes. Elle ne se montre à personne et ne se saisit jamais dans un service tiers.

Paper wallet, hot wallet et cold wallet

Un hot wallet est un portefeuille dont les clés sont sur un appareil connecté à internet : extension de navigateur, application mobile, compte sur une plateforme d'échange. Il est pratique, mais exposé aux logiciels malveillants et au piratage.

Un cold wallet garde les clés hors ligne. La catégorie regroupe les portefeuilles matériels, qui signent les transactions dans un boîtier isolé, et le paper wallet. Pour Bitcoin.org, le stockage hors ligne offre le plus haut niveau de sécurité pour une épargne. Le paper wallet en est la version la plus simple, et aussi la plus fragile.

Comment un paper wallet est créé

La sécurité d'un paper wallet dépend entièrement des conditions de sa génération. Une clé produite sur un ordinateur infecté, ou par un site malveillant, peut être connue d'un tiers avant même d'être imprimée.

Les générateurs

Bitaddress.org reste le générateur de référence. Son dépôt GitHub le décrit comme un fichier HTML autonome, sous licence MIT, qui génère les clés dans le navigateur sans requête externe. Le fichier peut donc être téléchargé et ouvert sur une machine déconnectée. Le dépôt déconseille Opera Mini, qui exécute le JavaScript sur ses serveurs et pourrait enregistrer la clé privée.

Bitcoinpaperwallet.com, longtemps cité dans les tutoriels, n'existe plus en tant que générateur. Le site indique que le service est définitivement arrêté depuis décembre 2025. Il renvoie vers bitaddress.org et vers les portefeuilles matériels.

Les étapes

Le principe d'une génération hors ligne est le suivant. Le fichier du générateur est téléchargé, puis ouvert sur un ordinateur déconnecté d'internet. L'outil collecte de l'aléa, par exemple à partir des mouvements de la souris, et en tire une clé privée. La feuille est ensuite imprimée.

L'impression elle-même pose problème. Le wiki Bitcoin rappelle que les imprimantes gardent des fichiers en mémoire, que les imprimantes partagées tiennent des journaux et qu'une imprimante en Wi-Fi expose la clé sur le réseau.

Le chiffrement BIP-38

Une couche de protection est possible avec BIP-38. Cette proposition, rédigée par Mike Caldwell et Aaron Voisine et créée le 20 novembre 2012, chiffre la clé privée avec un mot de passe. La clé chiffrée commence par « 6P » et la dérivation repose sur l'algorithme scrypt, conçu pour ralentir les attaques par force brute.

Une feuille chiffrée volée ne suffit plus à dépenser les fonds : il faut aussi le mot de passe. Le revers est symétrique. Un mot de passe perdu rend les fonds définitivement inaccessibles. Le mot de passe et la feuille se conservent donc à des endroits distincts.

Recevoir et dépenser des fonds

Pour alimenter un paper wallet, on envoie des fonds à son adresse publique, par exemple en scannant le QR code de l'adresse depuis une plateforme ou un autre portefeuille. La clé privée n'intervient pas lors d'un dépôt.

Pour dépenser, la clé privée doit être chargée dans un logiciel connecté. La documentation d'Electrum distingue deux méthodes. Le balayage (sweep) envoie la totalité du solde vers une adresse du portefeuille de l'utilisateur, dérivée de sa phrase de récupération. L'import ajoute la clé au logiciel sans déplacer les fonds ; Electrum ne l'accepte que dans un portefeuille sans phrase de récupération, qu'il faut alors sauvegarder à part.

Le balayage évite un piège bien documenté. Selon le wiki Bitcoin, une dépense partielle envoie le reste du solde vers une adresse de monnaie distincte. Des utilisateurs ont cru ce reste toujours présent sur leur feuille et l'ont perdu. Une fois la clé utilisée sur un appareil connecté, la feuille n'est plus un stockage hors ligne.

Les limites du paper wallet

Le wiki Bitcoin estime que la méthode présente trop d'inconvénients pour être encore utilisée. Il en relève plusieurs :

  • une seule adresse par feuille, ce qui pousse à la réutiliser et nuit à la confidentialité ;
  • la dépendance à un explorateur de blocs tiers pour vérifier le solde ;
  • la manipulation de clés brutes, source d'erreurs coûteuses, dont un cas de 50 bitcoins partis en frais de transaction ;
  • la confusion autour de l'adresse de monnaie rendue lors d'une dépense partielle.

S'y ajoutent les risques physiques : perte, feu, eau, encre qui pâlit. Une feuille perdue sans copie signifie la perte définitive des fonds.

L'alternative : la phrase de récupération

Les portefeuilles actuels reposent sur une phrase de récupération définie par BIP-39, créée le 10 septembre 2013. La phrase compte 12, 15, 18, 21 ou 24 mots tirés d'une liste de 2 048 mots. Elle restaure un portefeuille entier, avec autant d'adresses que nécessaire, et intègre une somme de contrôle qui détecte les erreurs de saisie.

Cette phrase se note elle aussi sur papier, ou sur métal. Le support reste physique, mais le portefeuille qui s'en sert gère les adresses de monnaie, les frais et la signature hors ligne. C'est la solution que recommande désormais le wiki Bitcoin, et vers laquelle renvoie l'avis d'arrêt de BitcoinPaperWallet.

Sources

  1. bitaddress.org : JavaScript Client-Side Bitcoin Wallet Generatorpointbiz (GitHub) · Source officielle · primaire
  2. BIP 38 : Passphrase-protected private keyBitcoin Improvement Proposals · Document · primaire · 20 novembre 2012
  3. BIP-39 : Mnemonic code for generating deterministic keysDépôt bitcoin/bips · Source officielle · primaire · 10 septembre 2013
  4. BitcoinPaperWallet : avis d'arrêt du serviceBitcoinPaperWallet · Source officielle · primaire · 1 décembre 2025
  5. Electrum FAQ : import et balayage de clés privéesElectrum · Source officielle · primaire
  6. Paper walletBitcoin Wiki · Document
  7. Securing your walletBitcoin.org · Document

Publié par InvestX selon sa charte éditoriale. Une erreur ? Écrivez à redaction@investx.fr. Ce contenu n'est pas un conseil en investissement.

Dans le même dossier

Tout le dossier « Wallet crypto » →