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Trading

Trading sur TikTok : repérer les arnaques et les vendeurs de rêve

TikTok regorge de comptes consacrés au trading et aux cryptomonnaies, entre vulgarisation sérieuse et promesses de gains faciles. La loi influenceurs de 2023, le cadre MiCA et les registres de l'AMF donnent des critères concrets pour faire le tri.

Publié le
· mis à jour le 11 septembre 2025
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6 sources
Main tenant un smartphone noir affichant le logo TikTok sur fond turquoise

TikTok, vitrine du trading pour un public débutant

TikTok diffuse des vidéos courtes, souvent de moins d'une minute. Le format favorise les messages simples, les promesses chiffrées et les mises en scène de réussite. Le trading, les cryptomonnaies, le Forex et les actions y occupent une place importante, avec des comptes de tailles très diverses.

Une partie de ces comptes produit un contenu pédagogique : explication d'un ordre stop, d'un effet de levier, d'une régulation. Une autre partie vend une image : voitures, voyages, captures d'écran de gains. Le public visé est souvent débutant, donc peu armé pour faire la différence entre les deux.

Le format court pose un problème de fond. Une stratégie de trading ne s'explique pas en trente secondes, et les risques encore moins. Ce qui reste à l'écran, c'est le résultat affiché, rarement la méthode, presque jamais les pertes.

Ce que dit la loi sur les influenceurs depuis juin 2023

La France encadre l'influence commerciale depuis la loi n° 2023-451 du 9 juin 2023 visant à encadrer l'influence commerciale et à lutter contre les dérives des influenceurs sur les réseaux sociaux, publiée au Journal officiel du 10 juin 2023. Le texte définit l'influenceur comme toute personne qui mobilise sa notoriété auprès de son audience pour communiquer au public, contre rémunération, des contenus faisant la promotion de biens, de services ou d'une cause.

Son article 4 interdit aux influenceurs la promotion de plusieurs produits financiers. La promotion de services sur actifs numériques est interdite, sauf lorsque l'annonceur est enregistré ou agréé selon le Code monétaire et financier. Les offres de jetons non autorisées entrent aussi dans le champ de l'interdiction. La violation de cet article est punie de deux ans d'emprisonnement et de 300 000 euros d'amende, avec une possible interdiction d'exercer l'activité d'influence commerciale.

L'article 5 impose par ailleurs une mention claire, lisible et identifiable sur l'image ou la vidéo, pendant toute la durée de la promotion : « Publicité » ou « Collaboration commerciale ». Une vidéo qui vante une plateforme ou un service sans cette mention, alors que son auteur est rémunéré, ne respecte pas la loi.

Le cadre européen MiCA pour les plateformes crypto

Depuis le 1er juillet 2026, la période transitoire française a pris fin et seuls les prestataires de services sur crypto-actifs (PSCA) agréés au titre du règlement européen MiCA peuvent proposer leurs services en France, selon l'Autorité des marchés financiers (AMF). Le régulateur recommande de ne se fier qu'aux sociétés qui figurent sur sa liste blanche.

Ce point compte pour les vidéos TikTok. Une plateforme recommandée par un créateur doit apparaître sur cette liste. Si elle n'y figure pas, la vidéo fait la promotion d'un acteur non autorisé à opérer en France.

Les signaux d'alerte relevés par l'AMF

Dans sa page consacrée aux arnaques financières, l'AMF décrit plusieurs signes récurrents. Ils s'appliquent directement aux comptes de trading sur les réseaux sociaux.

  • Des promesses de rendement irréalistes. Un gain élevé présenté comme rapide, régulier ou sans risque est le premier signal d'alerte.
  • La pression. Places limitées, offre qui expire le soir même, « dernière chance » : l'urgence sert à empêcher la réflexion.
  • Le passage en messagerie privée. L'AMF cite les formulaires, les réseaux sociaux, les sites de rencontre et les messageries privées parmi les canaux utilisés par les escrocs.
  • Le faux conseiller. Certains escrocs se présentent comme des conseillers financiers pour gagner la confiance de leur cible.

Le régulateur précise qu'il ne contacte jamais les épargnants par téléphone ni par messagerie privée. Un message qui se réclame de l'AMF par ces canaux est donc suspect.

Les schémas fréquents chez les vendeurs de rêve

Plusieurs modèles reviennent sur les comptes de trading peu scrupuleux. Le premier est la vente de formations. La vidéo gratuite montre un mode de vie, puis renvoie vers un programme payant dont le contenu reste flou et dont les résultats ne sont pas vérifiables.

Le deuxième est la vente de signaux de trading, c'est-à-dire des instructions d'achat ou de vente diffusées sur un groupe privé, souvent sur Telegram ou Discord. L'abonnement rapporte au vendeur, quel que soit le résultat des abonnés.

Le troisième est le lien vers une plateforme. Le créateur touche une commission sur chaque inscription ou dépôt. Pour les services sur crypto-actifs, cette promotion est interdite par la loi de 2023 si la plateforme n'est pas enregistrée ou agréée.

Le dernier est la gestion de compte déléguée : le créateur propose de « faire fructifier » l'argent de ses abonnés. C'est le schéma le plus risqué, car il implique de confier des fonds à une personne qui n'a, le plus souvent, aucun statut réglementé.

Comment vérifier un compte ou une offre

Plusieurs registres publics permettent de contrôler le statut d'un acteur avant de lui confier de l'argent.

  • Les listes noires de l'AMF. Le régulateur publie des listes noires thématiques : options binaires, Forex, crypto-actifs, dérivés sur crypto-actifs, biens divers. L'AMF précise que ces listes sont mises à jour régulièrement mais ne peuvent pas être exhaustives. Une absence de la liste noire ne vaut donc pas autorisation.
  • Les listes blanches de l'AMF. Les listes blanches recensent les acteurs enregistrés ou agréés, dont les PSCA pour les crypto-actifs. L'AMF renvoie aussi vers le registre REGAFI pour les établissements financiers.
  • Le registre de l'ORIAS. Les conseillers en investissements financiers (CIF) doivent être immatriculés à l'ORIAS, qui propose une recherche en ligne. Un créateur qui donne des conseils personnalisés contre rémunération sans cette immatriculation n'a pas de statut réglementé.

Au-delà des registres, quelques contrôles simples aident à trier les comptes. Un créateur sérieux montre ses pertes autant que ses gains, explique sa méthode et rappelle les risques. Il signale ses partenariats rémunérés par la mention « Publicité » ou « Collaboration commerciale ». Les captures d'écran de gains, à l'inverse, ne prouvent rien : elles se retouchent facilement et ne montrent ni le capital engagé ni l'historique complet.

Tous les comptes ne sont pas malhonnêtes

Une partie des créateurs de contenu financier sur TikTok fait un travail de vulgarisation utile : définitions, explication des frais, rappel des règles fiscales, alertes sur les arnaques. La recherche d'audience n'est pas en soi un problème, et un titre accrocheur ne suffit pas à disqualifier un compte.

La ligne de partage tient à quelques critères vérifiables : transparence sur les rémunérations, absence de promesse de gain, statut réglementé quand il y a conseil ou vente, plateformes présentes sur les listes de l'AMF. Une vidéo courte reste une porte d'entrée, pas une base suffisante pour une décision d'investissement.

Vérifier une offre avant d'investir

L'AMF propose l'application AMF Protect Épargne pour vérifier une offre avant d'investir. Pour les acteurs situés hors de France, l'AMF renvoie vers le service I-SCAN, qui regroupe les listes noires de plus de 150 régulateurs dans le monde, selon sa page dédiée.

Sources

  1. LOI n° 2023-451 du 9 juin 2023 visant à encadrer l'influence commerciale et à lutter contre les dérives des influenceurs sur les réseaux sociauxLégifrance · Régulateur · primaire · 9 juin 2023
  2. Entrée en application du règlement européen MiCA : quelles conséquences pour les détenteurs de cryptos ?Autorité des marchés financiers · Régulateur · primaire
  3. Éviter les arnaquesAMF · Régulateur · primaire
  4. Listes noires des sociétés et sites non autorisésAutorité des marchés financiers · Régulateur · primaire
  5. Listes blanchesAutorité des marchés financiers · Régulateur · primaire
  6. ORIAS - Registre unique des intermédiaires en assurance, banque et financeORIAS · Source officielle · primaire

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