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Polymarket, Kalshi et leurs alternatives en France : ce que dit la loi

En décembre 2025, des listes de terminaux tiers présentés comme des alternatives à Polymarket et Kalshi circulaient auprès des parieurs européens. En France, l'Autorité nationale des jeux considère ces marchés de prédiction comme des jeux d'argent non autorisés, et la documentation de Polymarket bloque aussi les ordres passés par son API.

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deux hommes en costume qui comptent des billets dollars sur un fond vert avec logo Kalshin et Polymarket

Deux plateformes, deux statuts aux États-Unis

Polymarket et Kalshi sont des marchés de prédiction : les utilisateurs achètent des contrats dont la valeur dépend de l'issue d'un événement, comme une élection, une décision de banque centrale ou un résultat sportif. Le contrat paie si l'événement se réalise et ne vaut rien dans le cas contraire.

Kalshi est une bourse américaine régulée. La Commodity Futures Trading Commission (CFTC) a accordé à KalshiEX LLC le statut de designated contract market le 4 novembre 2020, selon le communiqué de la CFTC. Polymarket, exploité selon l'ANJ par la société ADVENTURE ONE QSS INC., applique un géoblocage pays par pays.

En France, des jeux d'argent non autorisés

L'Autorité nationale des jeux (ANJ) tranche la question du statut. Dans un communiqué du 24 février 2026, elle qualifie les marchés de prédiction d'offres de jeux d'argent et de hasard non autorisées : ils réunissent une mise financière, un aléa et une espérance de gain. Aucun de ces sites ne détient d'agrément en France.

Le même communiqué indique que Polymarket et Kalshi ont tous deux mis en place un géoblocage interdisant l'accès depuis la France, à la demande de l'ANJ. Le régulateur y détaille aussi les risques qu'il associe à ces plateformes :

  • une addiction amplifiée, faute de limitateur de mises ou de temps de jeu ;
  • l'absence de vérification d'identité, qui empêche de contrôler la majorité des joueurs ;
  • des risques de manipulation de marché et d'opinion.

Les terminaux tiers ne contournent pas le blocage

L'article publié en décembre 2025 reprenait une liste de dix terminaux tiers diffusée sur X, présentés comme un moyen de parier sur Polymarket depuis l'Europe grâce à son interface de programmation (API). Cette liste ne reposait sur aucune donnée vérifiable et a été retirée.

La documentation officielle de Polymarket sur le géoblocage contredit l'idée d'un accès par l'API. Elle range la France, la Belgique, la Pologne, le Royaume-Uni et les États-Unis parmi les juridictions restreintes en mode « close-only » sur l'interface comme sur l'API : un utilisateur situé dans ces pays peut fermer une position existante, mais pas en ouvrir de nouvelle. La documentation précise que les ordres envoyés depuis une région bloquée sont rejetés et que les applications tierces doivent intégrer ces contrôles de localisation.

Un terminal tiers ne change donc ni le statut juridique de l'offre en France ni les règles appliquées par Polymarket. Les outils de copie automatique de paris, présentés dans la version d'origine, relèvent de la même offre non autorisée.

Ce que risquent ceux qui en font la promotion

L'ANJ rappelle que quiconque fait la publicité d'une offre de jeux non autorisée peut être puni d'une amende de 100 000 euros. La même peine s'applique à la diffusion des cotes de sites non agréés. Cette règle explique le retrait du classement de plateformes et du lien commercial qui figuraient dans la version d'origine de cet article.

Ce qui s'est passé depuis

Le 16 juillet 2026, le président de l'ANJ a ordonné aux fournisseurs d'accès à internet français de bloquer le site Polymarket, annonce le régulateur dans un communiqué du 17 juillet 2026. L'autorité retrace l'historique du dossier : un premier signalement des services de la société ADVENTURE ONE QSS INC. en novembre 2024, puis un géoblocage des transactions financières qui a donné lieu, selon elle, à des contournements en pratique.

L'ANJ chiffre l'audience française de Polymarket à 578 751 visites et 205 057 visiteurs uniques en juin 2026, malgré l'interdiction. Elle relève aussi l'absence, sur les plateformes Polymarket accessibles aux publics français et européen, de dispositif d'identification des utilisateurs.

Le communiqué mentionne une enquête ouverte le 4 mai 2026 par la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris, après des paris sur la météo laissant penser que des sondes météorologiques auraient pu être piratées. L'ANJ cite enfin plusieurs pays européens qui ont restreint ou bloqué ces marchés, parmi lesquels l'Allemagne, la Belgique, la Suisse, la Pologne, les Pays-Bas, l'Italie et l'Espagne.

À la date de cette mise à jour, il n'existe pas en France de marché de prédiction agréé. Les seules offres de jeux d'argent en ligne légales restent celles des opérateurs autorisés par l'ANJ.

À lire aussi : La NBA désigne Kalshi et Polymarket.

Sources

  1. Plateformes de marchés de prédiction : des sites illégaux en France qui peuvent présenter des risquesAutorité nationale des jeux · Régulateur · primaire · 24 février 2026
  2. Promotion d'une offre de jeux d'argent illégale : blocage du site PolymarketAutorité nationale des jeux · Régulateur · primaire · 17 juillet 2026
  3. Geographic RestrictionsPolymarket · Source officielle · primaire
  4. CFTC Approves KalshiEX LLC as a Designated Contract MarketCFTC · Régulateur · primaire · 4 novembre 2020

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