Blast Club : fonctionnement, frais, agrément AMF et polémiques
Blast Club, le club d'investissement en startups fondé par Anthony Bourbon, est exploité par une société agréée par l'AMF comme prestataire de financement participatif. Son modèle repose sur une adhésion annuelle et plusieurs niveaux de frais, et suscite des critiques publiques depuis 2024.
- Publié le
- · mis à jour le 11 septembre 2025
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Qu'est-ce que Blast Club
Blast Club est un club d'investissement payant qui propose à ses membres de prendre des participations dans des startups non cotées. Il est exploité par la société Blast, une SAS au capital de 1 000 euros immatriculée au RCS de Paris sous le numéro 915 236 640, dont le siège est situé 231 rue Saint-Honoré à Paris, selon les mentions légales du site.
D'après l'annuaire officiel des entreprises de l'État, la société a été créée le 5 juillet 2022 et a débuté son activité le 5 avril 2023. Anthony Bourbon, cofondateur du club, en est le président. Samuel Guez y figure comme directeur général. La société déclare une tranche d'effectif de 20 à 49 salariés et dispose d'un commissaire aux comptes.
Statut réglementaire : un agrément AMF de financement participatif
Blast se présente comme prestataire de services de financement participatif (PSFP) agréé par l'Autorité des marchés financiers. Ses conditions générales indiquent le numéro d'agrément FP-2023-12. Ce statut relève du cadre européen du financement participatif, qui permet à une plateforme agréée dans un État membre d'opérer dans l'Union. Les prestataires agréés sont recensés dans le registre des prestataires de services de financement participatif de l'ESMA, l'autorité européenne des marchés financiers, où le statut d'une plateforme peut être vérifié.
Pour les flux d'argent, Blast est enregistrée auprès de l'ACPR comme agent de services de paiement (identifiant 730073) de l'établissement de paiement Lemonway (agrément ACPR n° 16568), selon ses mentions légales. Le même document rappelle que les investissements ne bénéficient ni de la garantie des dépôts ni du système d'indemnisation des investisseurs prévus par les directives européennes 2014/49/UE et 97/9/CE.
Comment fonctionne l'investissement
La page « Comment ça marche » décrit un processus en quatre temps. Les membres consultent d'abord les dossiers des startups proposées : présentation, vidéo, plan d'affaires. Ils disposent ensuite de 15 jours pour exprimer une intention d'investir, avec un minimum de 500 euros par opération. L'équipe juridique de Blast crée alors une société ad hoc (SPV) qui regroupe les investisseurs, encaisse les fonds et tient le registre des actionnaires. Un rapport d'activité trimestriel est ensuite adressé aux membres.
Blast indique analyser plusieurs centaines de dossiers par mois pour en retenir deux ou trois, soit 20 à 30 opérations par an. L'horizon de détention annoncé va de 3 à 10 ans selon le stade de la startup. Le site affiche un objectif de multiple de 3 à 15 fois la mise. Il s'agit d'un objectif commercial de la plateforme, sans garantie : la même page rappelle que l'investissement comporte un risque de perte en capital, de liquidité et de marché.
Le club revendique, sur sa page des levées consultée le 3 octobre 2026, 300 millions d'euros investis depuis 2023 et plus de 5 000 membres actifs. Ces chiffres sont déclarés par Blast et ne sont pas audités publiquement. Les opérations listées couvrent des startups européennes (Aura Aero, Quobly, Chipiron, U-Space) et des participations dans des sociétés américaines non cotées plus avancées, comme Groq, Crusoe ou Shield AI, ainsi que des sélections de startups issues de l'accélérateur Y Combinator.
Les adhésions et les frais
L'accès aux opérations suppose une adhésion annuelle. Au 3 octobre 2026, la page des tarifs affiche cinq niveaux :
- Bronze : 1 500 euros par an, pour 10 000 euros d'investissement maximum sur l'année et 2 000 euros par opération ;
- Silver : 2 000 euros par an, pour 25 000 euros maximum et 5 000 euros par opération ;
- Gold : 3 000 euros par an, pour 50 000 euros maximum et 15 000 euros par opération ;
- Platinum : 5 000 euros par an, pour 100 000 euros maximum et 30 000 euros par opération ;
- Diamond : 10 000 euros par an, sans plafond d'investissement.
À l'adhésion s'ajoutent trois catégories de frais, toujours selon la page des tarifs :
- des frais de structuration de 5 % (Bronze et Silver), 4 % (Gold et Platinum) ou 3 % (Diamond) du montant investi ;
- des frais de gestion du véhicule d'investissement de 1 à 2 % par an, prélevés pendant la durée de détention ;
- une commission de 20 % sur la plus-value éventuelle à la sortie.
Un membre Bronze qui investit 10 000 euros dans l'année acquitte ainsi 1 500 euros d'adhésion et 500 euros de frais de structuration, soit 2 000 euros avant tout frais annuel. Les conditions générales prévoient un droit de rétractation de 14 jours après le paiement de l'adhésion, à condition de n'avoir exprimé aucune intention d'investir.
Blast Club : avis, critiques et polémiques
Le modèle de Blast fait l'objet de critiques publiques depuis 2024. Les Échos ont titré le 9 juillet 2024 « French Tech : Blast, la plateforme de crowdfunding qui dérange ».
Le 15 avril 2025, StreetPress a publié une enquête sur Anthony Bourbon. Florence de Maupeou, directrice générale de l'association Financement Participatif France, y estime que « la communication porte à confusion ». Le média relève qu'Anthony Bourbon affirme avoir « envoyé 80 millions d'euros dans l'économie française » en un an avec Blast, un chiffre qu'il juge invérifiable faute de comptes publiés. StreetPress rapporte aussi qu'un blog spécialisé a qualifié une opération de 30 millions d'euros annoncée en 2023 de cession d'actions des cofondateurs plutôt que de levée de fonds. Anthony Bourbon a qualifié ces critiques de « ridicules » et mis en avant la note de ses membres sur Trustpilot.
En octobre 2025, Anthony Bourbon et Hakim Benotmane, fondateur d'un autre club d'investissement, se sont publiquement accusés d'escroquerie sur les réseaux sociaux, selon Le Parisien du 29 octobre 2025. Aucune décision de justice ni sanction de l'AMF liée à ces accusations ne figure dans les sources consultées.
À la date du 3 octobre 2026, aucune source consultée ne fait état d'une mise en garde de l'AMF visant Blast. Côté membres, le site du club affiche une note de 4,9 sur 5 sur Trustpilot pour environ 2 000 avis. Cette note mesure la satisfaction déclarée des adhérents, pas la performance financière des investissements, qui ne sera connue qu'à la revente des participations.
Les risques propres à l'investissement en startups
Les conditions générales de Blast rappellent que tout investissement au capital de startups présente un risque élevé de perte de la totalité du capital investi et une absence de liquidité. Les titres détenus via une SPV ne se revendent pas librement : la sortie dépend en pratique d'une cession de la startup ou de son introduction en Bourse. Les frais d'adhésion et de structuration sont dus quel que soit le résultat, alors que la commission de 20 % ne s'applique qu'en cas de plus-value.
Qui peut lever des fonds via Blast
Côté entreprises, la page « Se faire financer » présente quatre profils d'opérations : startups en phase d'amorçage sélectionnées par Y Combinator, séries A issues du même accélérateur, sociétés valorisées plus d'un milliard avant introduction en Bourse et startups européennes de l'amorçage à la série B. Les montants des opérations affichées vont de 0,9 à plus de 10 millions d'euros. Le site ne publie pas les frais facturés aux startups.
Sources
- Se faire financerBlast · Source officielle · primaire
- Fiche entreprise BLAST (SIREN 915 236 640)Annuaire des entreprises, État français · Régulateur · primaire · 26 septembre 2026
- Conditions générales d'utilisationBlast · Source officielle · primaire
- Registre des prestataires de services de financement participatifESMA · Régulateur · primaire
- Comment ça marcheBlast · Source officielle · primaire
- Levées de fondsBlast · Source officielle · primaire
- Adhésion, tarifs et fraisBlast · Source officielle · primaire
- Le clubBlast · Source officielle · primaire
- Mentions légalesBlast · Source officielle · primaire
- « Mythomane », « imposteur » : pourquoi Anthony Bourbon et Hakim Benotmane s'accusent mutuellement d'arnaquesLe Parisien · Presse · 29 octobre 2025
- French Tech : Blast, la plateforme de crowdfunding qui dérangeLes Échos · Presse · 9 juillet 2024
- Enquête sur Anthony BourbonStreetPress · Presse · 15 avril 2025
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