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Ethereum

Rocket Pool : fonctionnement du staking d'Ethereum, du rETH et du jeton RPL

Rocket Pool est un protocole de staking décentralisé sur Ethereum qui accepte des dépôts à partir de 0,01 ETH. Depuis la mise à jour Saturn 1, ses opérateurs de nœuds engagent 4 ETH par validateur et le jeton RPL donne droit à une part des revenus du protocole.

Publié le
· mis à jour le 11 septembre 2025
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6 min de lecture
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8 sources
rocket pool

Qu'est-ce que Rocket Pool ?

Rocket Pool est un protocole de staking décentralisé construit sur Ethereum. Il répond à une contrainte du réseau : un validateur exige au minimum 32 ETH, selon ethereum.org, ainsi qu'une machine en ligne en permanence. Rocket Pool met en commun les ETH de simples déposants et ceux d'opérateurs de nœuds indépendants pour créer des validateurs sans que chaque participant ait à réunir cette somme.

Le protocole s'appuie sur des contrats intelligents qui reçoivent les dépôts, les attribuent aux opérateurs et émettent deux jetons : le rETH, remis aux déposants, et le RPL, jeton de gouvernance et de partage de revenus.

Les origines du protocole

D'après la FAQ officielle de Rocket Pool, le projet a été lancé fin 2016 par le développeur David Rugendyke. Une version alpha sort en mai 2017. Cinq bêtas publiques se succèdent ensuite sur réseau de test, avant le lancement sur le réseau principal d'Ethereum fin 2021. La même FAQ indique que les contrats ont été audités par Sigma Prime et ConsenSys Diligence avant ce lancement, et que leur code est public.

Le protocole a depuis connu plusieurs mises à jour majeures. Houston a rendu la gouvernance entièrement on-chain. Saturn 0, déployée le 28 octobre 2024, puis Saturn 1 ont modifié en profondeur le rôle des opérateurs et du jeton RPL. La version 1.4.0 des contrats, baptisée Saturn, a été publiée sur le dépôt GitHub du projet le 11 février 2026.

Comment fonctionne le staking liquide sur Rocket Pool

Un déposant envoie des ETH aux contrats du protocole et reçoit en échange du rETH. Selon la documentation de Rocket Pool, le dépôt minimum est de 0,01 ETH. Ces ETH alimentent un pool dans lequel puisent les opérateurs de nœuds pour lancer de nouveaux validateurs sur la Beacon Chain.

Depuis Saturn 1, chaque validateur, appelé « validateur megapool », combine 4 ETH apportés par l'opérateur et 28 ETH issus du pool des déposants. Vu de la Beacon Chain, il se comporte exactement comme un validateur classique : mêmes obligations, mêmes règles, mêmes récompenses. La création, les retraits et la distribution des gains sont gérés par les contrats du protocole.

Les récompenses proviennent de trois sources : les gains de la Beacon Chain, les frais de priorité des blocs proposés et les récompenses MEV versées par les constructeurs de blocs.

Le rETH, un jeton dont la valeur augmente face à l'ETH

Le rETH ne se multiplie pas dans le portefeuille de son détenteur. C'est son taux de change face à l'ETH qui progresse à mesure que les récompenses s'accumulent. La documentation officielle précise que ce taux est mis à jour environ toutes les 24 heures, en fonction des gains réalisés par les opérateurs.

La documentation donne un exemple : un déposant reçoit 10 rETH pour 10 ETH au moment où les deux s'échangent à parité. Si le rETH vaut plus tard 1,25 ETH, ses 10 rETH peuvent être rendus au protocole contre 12,5 ETH. Détenir du rETH revient donc à staker, quelle que soit la manière dont le jeton a été obtenu. Le rETH est un jeton ERC-20 standard, utilisable dans d'autres applications de finance décentralisée.

Rocket Pool souligne aussi que, le nombre de jetons restant constant, la simple détention de rETH ne produit en général pas d'événement fiscal, tout en rappelant que les règles varient selon les pays.

Déposer et retirer ses ETH

L'interface de staking du protocole propose deux voies, détaillées dans la page consacrée au staking direct. La voie « protocole » interagit directement avec les contrats de Rocket Pool. Elle applique le taux rETH/ETH en vigueur, sans glissement de prix, moyennant des frais de dépôt de 0,05 % et les frais de transaction du réseau Ethereum. Elle reste soumise aux limites du pool de dépôt.

La seconde voie passe par CoW Swap, un agrégateur d'échanges décentralisés extérieur au protocole. Rocket Pool prévient que cette option expose à des risques supplémentaires, comme le glissement de prix.

Pour récupérer ses ETH, le détenteur rend ses rETH au protocole. Cette opération n'est possible que si le pool contient assez d'ETH non encore affectés à des validateurs. À défaut, la documentation indique qu'il faut passer par une plateforme d'échange décentralisée, généralement avec une légère décote. Avec Saturn 1, une partie des ETH issus de nouveaux dépôts est conservée dans le contrat rETH, jusqu'à un tampon de 1 % de la valeur totale du rETH, pour faciliter ces retraits, selon la présentation officielle de Saturn 1.

Devenir opérateur de nœud

Les opérateurs de nœuds font tourner les validateurs. Ils installent le logiciel Smart Node de Rocket Pool sur leur propre machine ou sur un serveur loué, synchronisent un client d'exécution et un client de consensus, puis engagent leur caution en ETH. Un validateur hors ligne subit des pénalités sur la Beacon Chain.

La caution a évolué. Les anciens « minipools » demandaient 8 ou 16 ETH par validateur. Saturn 1 introduit les megapools, un contrat unique par opérateur pour gérer plusieurs validateurs, et abaisse la caution à 4 ETH par validateur. D'après la documentation de Saturn 1, cette caution est un paramètre modifiable par la gouvernance, et une prochaine étape, Saturn 2, prévoit 4 ETH pour les deux premiers validateurs puis 1,5 ETH pour les suivants.

Les opérateurs touchent les récompenses de leurs propres ETH, plus une commission sur les récompenses produites par les ETH des déposants. Les audits de Saturn 1 ont été confiés à Cantina, Bailsec et Sigma Prime.

Le jeton RPL : gouvernance et partage de revenus

Le rôle du RPL a profondément changé. Jusqu'en 2024, les opérateurs devaient déposer des RPL en garantie. Saturn 0 a supprimé l'exigence de collatéral de 10 % et permis des validateurs sans RPL, selon la documentation officielle.

Avec Saturn 1, le RPL devient un jeton de partage de revenus. Le mécanisme UARS répartit les revenus en ETH tirés des commissions, avec ces paramètres par défaut décrits dans la documentation des récompenses :

  • 5 % de commission de base pour les opérateurs de nœuds ;
  • 9 % pour les opérateurs ayant staké des RPL sur leur megapool, au prorata de leur part ;
  • 0 % pour la trésorerie de la DAO ;
  • le reste, soit 86 %, pour les détenteurs de rETH.

Ces parts sont ajustables par vote. Les RPL stakés continuent aussi de recevoir des récompenses d'inflation, calculées sur des périodes de 28 jours. Le retrait de RPL staké se fait en deux temps : une demande, puis une attente de 28 jours avant de pouvoir récupérer les jetons.

Le RPL n'a pas d'offre fixe. La présentation de la mise à jour Houston fait état d'un taux d'inflation de 5 %, dont une partie finance la trésorerie de la DAO.

Une gouvernance réservée aux opérateurs actifs

Depuis Houston, la DAO du protocole (pDAO) fonctionne entièrement on-chain : propositions, contestations et votes se font sans outil tiers, d'après la documentation de Houston. Rocket Pool a choisi d'écarter le vote par simple détention de jetons. Seuls les opérateurs de nœuds qui participent au protocole votent, avec leurs RPL stakés.

Le pouvoir de vote est plafonné à 150 % de la valeur de l'ETH engagé par le nœud, une règle destinée à limiter l'influence des plus gros détenteurs, précise la documentation des récompenses. Un conseil de sécurité élu par la pDAO peut suspendre le protocole en cas d'incident. Avec Saturn 1, il peut aussi opposer son veto à une mise à jour du protocole.

Les risques à connaître

Le staking via Rocket Pool repose sur des contrats intelligents qui, malgré les audits, peuvent comporter des failles. Le retrait direct dépend de la liquidité disponible dans le protocole. En cas de pertes d'un opérateur, sa caution est mobilisée en premier ; si elle ne suffit pas, la perte restante est répartie sur l'ensemble du réseau par une baisse relative de la valeur du rETH, selon la FAQ de Rocket Pool. Enfin, les paramètres économiques du protocole, de la caution aux parts de revenus, peuvent évoluer par vote de la pDAO.

Sources

  1. Staking OverviewRocket Pool · Source officielle · primaire
  2. Staking Directly via Rocket PoolRocket Pool · Source officielle · primaire
  3. The Saturn 1 UpgradeRocket Pool · Source officielle · primaire
  4. RPL Staking and Claiming RewardsRocket Pool · Source officielle · primaire
  5. The Houston UpgradeRocket Pool · Source officielle · primaire
  6. Frequently Asked QuestionsRocket Pool · Source officielle · primaire
  7. Rocket Pool v1.4.0 - SaturnRocket Pool (GitHub) · Document · primaire · 11 février 2026
  8. Mise en jeu à domicile de vos ETHethereum.org · Source officielle · primaire

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