Algorand (ALGO) : fonctionnement, origines et usages de la blockchain de Silvio Micali
Algorand est une blockchain de couche 1 conçue par le cryptographe Silvio Micali et lancée en 2019. Son token, l'ALGO, paie les frais du réseau et sert de mise dans un consensus par tirage au sort.
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- · mis à jour le 11 septembre 2025
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Qu'est-ce qu'Algorand ?
Algorand est une blockchain publique de couche 1 (layer 1). Elle exécute des transactions, des actifs numériques et des applications décentralisées sans autorité centrale. Son jeton natif s'appelle l'ALGO. Le projet est porté par la Fondation Algorand, qui gère la trésorerie de jetons non encore distribués et finance l'écosystème, selon la page consacrée au token.
Sa particularité tient à son mécanisme de consensus, baptisé Pure Proof of Stake (PPoS). Les validateurs y sont tirés au sort à chaque bloc, proportionnellement aux ALGO qu'ils mettent en jeu, et un bloc validé n'est jamais annulé.
Les origines : Silvio Micali et le MIT
Le projet naît en 2017 à Cambridge, dans le Massachusetts, autour de Silvio Micali, professeur d'informatique au MIT, d'après le récit fondateur publié par Algorand. La blockchain est lancée en 2019.
Micali est l'un des grands noms de la cryptographie théorique. En 2013, le MIT annonce qu'il reçoit le prix Turing avec Shafi Goldwasser, pour des travaux qui comprennent le chiffrement probabiliste, les preuves à divulgation nulle de connaissance et les systèmes de preuve interactive, selon MIT News.
Le fondement scientifique du protocole est un article de Jing Chen et Silvio Micali, déposé sur arXiv le 5 juillet 2016. Il décrit un registre public qui demande une quantité de calcul négligeable, contrairement à la preuve de travail, et dont l'historique ne « forke » pas avec une probabilité écrasante, d'après le résumé de l'article.
Le 19 juin 2019, la Fondation Algorand vend 25 millions d'ALGO à 2,40 dollars l'unité et lève environ 60 millions de dollars. Cette vente s'accompagne d'une politique de remboursement à 90 % du prix d'achat au bout d'un an, comme le détaille la plainte de la SEC contre Binance.
Comment fonctionne le consensus Pure Proof of Stake
Algorand repose sur un protocole d'accord byzantin décentralisé. La documentation développeurs précise qu'il fonctionne sans autorité centrale tant qu'une supermajorité de la mise reste entre des mains non malveillantes, selon la présentation du protocole.
Un tirage au sort vérifiable
Le cœur du système est une fonction aléatoire vérifiable (VRF, Verifiable Random Function). Elle prend une clé secrète et une valeur, puis produit un résultat pseudo-aléatoire accompagné d'une preuve que chacun peut vérifier. La VRF désigne les comptes qui proposent un bloc et ceux qui siègent dans les comités de vote. Plus un compte a d'ALGO en ligne, plus il a de chances d'être tiré.
Trois étapes par bloc
- Proposition : des comptes tirés au sort proposent un bloc.
- Vote préliminaire (soft vote) : un comité filtre les propositions pour n'en retenir qu'une.
- Vote de certification : un nouveau comité vérifie l'absence de dépense excessive ou de double dépense, puis certifie le bloc.
Finalité immédiate et seuil des deux tiers
Algorand affirme que le réseau tolère des acteurs malveillants et évite les forks et la double dépense tant que plus des deux tiers de la mise sont détenus par des participants honnêtes, selon sa page sur le Pure Proof of Stake. La même page revendique une finalité instantanée, des blocs produits en moins de 3 secondes et une capacité d'environ 10 000 transactions par seconde. Ces chiffres sont ceux du projet lui-même.
Autre différence avec d'autres modèles : la mise n'est ni bloquée ni déléguée. Algorand oppose ainsi le PPoS à la preuve d'enjeu avec dépôt (bonded proof of stake) et à la preuve d'enjeu déléguée (delegated proof of stake). Le détenteur garde le contrôle de ses ALGO pendant qu'il participe.
Le token ALGO : offre et usages
L'offre totale d'ALGO est plafonnée à 10 milliards de jetons. La quantité en circulation augmente progressivement à mesure que la fondation libère les ALGO de sa trésorerie, qui fait l'objet de rapports de rapprochement trimestriels, d'après la Fondation Algorand. La SEC indique de son côté que les 10 milliards d'ALGO ont été créés au lancement du réseau.
L'ALGO sert à payer les frais de transaction, à participer au consensus et à la gouvernance, ainsi qu'à interagir avec les applications de l'écosystème : finance décentralisée, NFT, jeux. Les frais de base sont fixés à 0,001 ALGO (1 000 microAlgo) par transaction quand le réseau n'est pas congestionné, et à 0,003 ALGO pour une transaction signée avec une signature post-quantique Falcon, selon la documentation sur les frais. En cas de congestion, des frais par octet s'ajoutent.
Les récompenses de participation
Algorand verse des récompenses aux comptes qui participent au consensus. D'après la page officielle sur les récompenses, un compte doit engager au moins 30 000 ALGO pour y être éligible en solo, et au plus 70 millions. Ce plafond vise à répartir la mise plutôt qu'à la concentrer.
Les récompenses ont deux composantes : 50 % des frais de transaction du bloc, versés au proposant, et un bonus qui démarre à 10 ALGO par bloc et décroît de 1 % tous les millions de blocs. La fondation s'est engagée à financer ce bonus pendant environ 24 mois. Aucun rendement annuel n'est annoncé.
Pour s'inscrire, un compte paie des frais supplémentaires dans sa transaction d'enregistrement de clés. Le solde pris en compte est celui d'il y a 320 rondes, ce qui empêche de déplacer des fonds juste avant une proposition, précise la documentation du protocole. Un compte suspendu pour mauvais comportement ne reçoit plus de paiement. En dessous de 30 000 ALGO, la participation passe par des pools ou du staking liquide.
La sécurité face aux ordinateurs quantiques
Algorand met en avant sa préparation à l'informatique quantique, mais la protection reste partielle. Depuis 2022, des State Proofs certifient l'historique de la chaîne : chacun atteste les 256 derniers en-têtes de blocs et est signé avec Falcon, un schéma de signature post-quantique, selon la page du projet sur le sujet.
Les premières transactions résistantes au quantique ont eu lieu sur le réseau principal en novembre 2025. Des comptes Falcon-1024 natifs sont disponibles depuis la mise à jour v5.0.0, en août 2026, et sont pris en charge par les kits de développement, AlgoKit et Pera Wallet. En revanche, la VRF qui pilote le consensus présente encore des propriétés vulnérables aux ordinateurs quantiques. Algorand vise une résilience quantique étendue d'ici fin 2027.
L'empreinte carbone revendiquée
La Fondation Algorand se dit neutre en carbone depuis 2021. Elle chiffre l'empreinte annualisée du réseau principal à 265 tonnes de CO2 en juin 2024 et compense ces émissions par l'intermédiaire de ClimateTrade, une place de marché de crédits carbone, d'après sa page consacrée à la durabilité. Parmi les projets financés figurent un programme REDD+ au Brésil en 2022 et un projet éolien au Maharashtra, en Inde, en 2025. Ces données proviennent de la fondation elle-même.
Le statut réglementaire d'ALGO
Le 5 juin 2023, la SEC, le régulateur boursier américain, a poursuivi Binance. Dans sa plainte, elle range l'ALGO parmi dix actifs qu'elle qualifie de « crypto asset securities », aux côtés notamment de SOL, ADA et MATIC. Elle y rappelle la vente de juin 2019 et la politique de remboursement de la fondation. Il s'agit des allégations du régulateur dans une procédure, pas d'une décision de justice sur la nature du jeton.
Les limites du projet
- Concentration initiale : la totalité de l'offre a été créée au lancement et une part est encore libérée progressivement par la fondation.
- Seuil de récompense : le minimum de 30 000 ALGO réserve les récompenses directes aux détenteurs importants ; les autres passent par des intermédiaires.
- Quantique : la protection post-quantique couvre l'historique et certains comptes, pas encore le tirage au sort du consensus.
- Chiffres auto-déclarés : débit, temps de bloc et empreinte carbone sont publiés par le projet lui-même.
Sources
- Founding storyAlgorand Foundation · Source officielle · primaire
- Goldwasser and Micali win Turing AwardMIT News · Source officielle · primaire · 13 mars 2013
- AlgorandarXiv (Jing Chen, Silvio Micali) · Document · primaire · 5 juillet 2016
- Protocol overviewAlgorand Developer Portal · Source officielle · primaire
- Pure Proof-of-StakeAlgorand Foundation · Source officielle · primaire
- The AlgoAlgorand Foundation · Source officielle · primaire
- Transaction feesAlgorand Developer Portal · Source officielle · primaire
- Staking rewardsAlgorand Foundation · Source officielle · primaire
- Staking rewards (protocol)Algorand Developer Portal · Source officielle · primaire
- Post-quantum readinessAlgorand Foundation · Source officielle · primaire
- SustainabilityAlgorand Foundation · Source officielle · primaire
- SEC v. Binance Holdings Ltd. et al., plainteU.S. Securities and Exchange Commission · Régulateur · primaire · 5 juin 2023
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