Greensbull (Greenbull) : ce que l'on sait de ce MLM de cashback sur brokers
Apparu début 2023, Greensbull promettait un rendement tiré de publicités pour des courtiers en trading, assorti d'un parrainage rémunéré. Son domaine n'est plus enregistré aujourd'hui.
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- · mis à jour le 11 septembre 2025
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Greensbull, un programme apparu au début de 2023
Greensbull, parfois orthographié Greenbull dans les recherches, est un programme en ligne apparu au premier trimestre 2023. Il combinait deux mécanismes : un « cashback » présenté comme issu de campagnes publicitaires pour des courtiers en trading, et un système de parrainage rémunéré. InvestX l'a décrit pour la première fois le 31 mars 2023, à partir de l'espace membre accessible à cette date sur greensbull.com et des canaux de discussion de ses membres.
Aucune société, aucun dirigeant, aucun siège social ni aucune immatriculation n'étaient indiqués sur le site à cette date. Ce manque d'identité reste le premier élément à retenir : sans entité juridique identifiable, un épargnant ne sait ni à qui il confie ses fonds, ni devant quelle juridiction se retourner en cas de litige.
Le fonctionnement annoncé en mars 2023
Les éléments ci-dessous proviennent des pages de l'espace membre consultées en mars 2023. Ils ne peuvent plus être vérifiés aujourd'hui, le site n'étant plus en ligne. Ils sont donc rapportés comme des affirmations de Greensbull, non comme des faits établis.
- L'inscription demandait un nom, un prénom, une adresse e-mail et le pseudonyme d'un parrain.
- Le membre rechargeait un « compte publicitaire » avec un pack de 100 à 3 000 dollars, payé en cryptomonnaies via une page de paiement Coinbase.
- Chaque recharge valait pour une période de 10 jours, au terme de laquelle le membre était censé récupérer sa mise avec un gain.
- Greensbull affirmait reverser de 5 % à 48 % des commissions d'affiliation versées par une quinzaine de courtiers, soit un rendement présenté comme proche de 35 % par mois.
- Le tableau de suivi « MyCashBack » affichait des rendements allant jusqu'à 220 %, sans détail sur les campagnes réellement menées.
- Le parrain percevait 20 % des revenus générés par les membres qu'il avait recrutés.
Le membre ne choisissait ni le courtier promu ni la campagne financée. Aucune donnée ne reliait le gain affiché à la performance d'une publicité : aucun nombre de clics, d'inscriptions ou de dépôts n'était communiqué. Le site principal renvoyait vers un second domaine, greensbull.tech, alors annoncé en maintenance.
Pourquoi le modèle posait question
L'affiliation de courtiers existe : des sites sont payés par des brokers pour chaque client qu'ils leur apportent. Mais ce revenu dépend de clients réels, recrutés sur un marché très concurrentiel. Un rendement fixe et élevé, versé tous les dix jours quel que soit le résultat des campagnes, ne découle pas de ce modèle. Lorsqu'un gain ne dépend que des sommes versées par les membres et du recrutement de nouveaux adhérents, il correspond à la description des systèmes pyramidaux.
L'Autorité des marchés financiers range parmi les signaux d'alerte les « promesses de rendements irréalistes » et cite le parrainage, les incitations et les cadeaux parmi les techniques employées pour pousser vers de faux placements. Un rendement mensuel annoncé autour de 35 %, assorti d'une commission de 20 % sur les filleuls, réunit ces deux signaux.
Ce que dit le droit français
Le Code de la consommation interdit les ventes dites « en boule de neige ». L'article L121-15, en vigueur depuis le 1er juillet 2016, dispose :
« Sont interdits : […] 2° Le fait de proposer à une personne de collecter des adhésions ou de s'inscrire sur une liste en exigeant d'elle le versement d'une contrepartie quelconque et en lui faisant espérer des gains financiers résultant d'une progression du nombre de personnes recrutées ou inscrites plutôt que de la vente, de la fourniture ou de la consommation de biens ou services. »
Le marketing de réseau n'est pas interdit en soi : la vente directe de produits par des vendeurs indépendants est légale. La frontière tient à l'origine des gains. Ils doivent provenir de ventes réelles de biens ou de services, et non du nombre de personnes recrutées ou des sommes qu'elles versent. Aucune autorité française n'a publié, à notre connaissance, de décision visant nommément Greensbull. L'analyse de son modèle au regard de ce texte reste donc une grille de lecture, pas un jugement.
Statut réglementaire en France
Greensbull ne figurait sur aucune liste de prestataires agréés consultée pour cette mise à jour. L'AMF publie des listes noires thématiques d'acteurs non autorisés (Forex, options binaires, dérivés sur crypto-actifs, placements atypiques) et précise elle-même que ces listes, régulièrement mises à jour, ne peuvent pas être exhaustives. L'absence d'un nom sur une liste noire ne vaut donc pas autorisation.
Le régulateur recommande de vérifier qu'une société dispose des agréments nécessaires avant tout versement et renvoie vers I-SCAN, un service qui regroupe les mises en garde de plus de 150 régulateurs dans le monde. Un programme qui collecte des fonds en promettant un rendement, sans entité juridique déclarée, ne figure par construction dans aucun registre d'agrément.
Les points restés invérifiables
Plusieurs éléments avancés par Greensbull n'ont jamais pu être confirmés par une source indépendante :
- la liste des quinze courtiers partenaires et l'existence de contrats d'affiliation avec eux ;
- la réalité des campagnes de référencement naturel et payant annoncées ;
- l'identité des personnes à l'origine du projet ;
- les témoignages de remboursement publiés par quelques membres sur des plateformes d'avis, en nombre trop faible pour être représentatifs.
En mars 2023, les deux canaux Telegram consacrés au projet comptaient chacun moins de cent membres, et quelques vidéos promotionnelles circulaient en plusieurs langues. Aucun compte officiel de la société n'avait été identifié sur les réseaux sociaux.
Ce qui s'est passé depuis
Le nom de domaine greensbull.com n'est plus enregistré : le registre Verisign, gestionnaire des domaines en .com, ne renvoie plus aucune fiche pour ce nom au 3 octobre 2026. Le site, l'espace membre et le tableau de suivi des gains ne sont donc plus accessibles. Aucune communication publique de Greensbull sur un remboursement des membres ou sur une fermeture n'a été retrouvée.
Les paiements en cryptomonnaies sont en pratique très difficiles à récupérer, ce qui rend la vérification préalable d'autant plus importante.
Sources
- RDAP – greensbull.comVerisign · Source · primaire · 3 octobre 2026
- Article L121-15 – Code de la consommationLégifrance · Régulateur · primaire · 1 juillet 2016
- Listes noires des sociétés et sites non autorisésAutorité des marchés financiers · Régulateur · primaire
- Éviter les arnaquesAMF · Régulateur · primaire
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