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Antares Trade : une fraude pyramidale signalée par trois régulateurs

Entre mars et juin 2021, la FSMA belge, la Banque de Russie et la CNMV espagnole ont mis en garde contre Antares Trade, une plateforme d'investissement non autorisée aux caractéristiques de pyramide financière.

Publié le
· mis à jour le 11 septembre 2025
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antares trade

Antares, présentée sous le nom d'Antares Trade ou d'Antares Limited, a vendu des « paquets d'investissement » en ligne, présentés comme liés au trading et aux cryptomonnaies, à des particuliers de plusieurs pays européens et de Russie. Entre mars et juin 2021, trois autorités financières ont publié des mises en garde contre la plateforme : l'autorité belge des marchés, la banque centrale de Russie et le régulateur espagnol. Toutes décrivent une activité non autorisée, et deux d'entre elles relèvent explicitement les caractéristiques d'une pyramide financière.

Ce que les régulateurs ont établi

La FSMA belge, le 4 mars 2021

L'Autorité des services et marchés financiers (FSMA) publie le 4 mars 2021 une mise en garde contre Antares, visant le site antares.trade. Le régulateur constate qu'Antares « n'est pas agréée en tant qu'entreprise d'investissement en Belgique » et qu'elle fournit des services d'investissement dans le pays sans respecter la réglementation financière belge.

La FSMA va plus loin que le simple défaut d'agrément. Elle indique qu'Antares propose de prétendus « paquets d'investissement » promettant des rendements irréalistes, et que l'offre présente les caractéristiques « d'une fraude pyramidale, ou à tout le moins, de type Ponzi ». L'autorité déconseille fortement de donner suite aux offres de la société et d'effectuer le moindre virement vers ses comptes. Elle rappelle que les fonds versés à des sociétés non autorisées sont souvent très difficiles à récupérer.

La Banque de Russie, le 1er juin 2021

La banque centrale de Russie inscrit « Antares Limited (Antares Trade) » sur sa liste d'avertissement le 1er juin 2021, avec un motif sans ambiguïté : des signes de pyramide financière. La fiche, mise à jour pour la dernière fois le 7 février 2022, recense dix noms de domaine utilisés par la structure : antares.trade, ses déclinaisons numérotées d'antares1.trade à antares7.trade, an4ares.trade et trade-antares.ru. Cette multiplication des adresses miroirs est un procédé courant pour contourner les blocages de sites.

La même fiche mentionne une adresse à Hong Kong, au 18 Salisbury Road, dans le quartier de Tsim Sha Tsui. Cette domiciliation lointaine ne donnait à la société aucun droit de démarcher des clients en Europe sans agrément local.

La CNMV espagnole, le 14 juin 2021

Le 14 juin 2021, la Comisión Nacional del Mercado de Valores (CNMV) ajoute antares.trade à sa liste des entités non autorisées. L'avertissement signifie que la société n'est pas inscrite dans les registres du régulateur espagnol et n'a donc pas le droit d'y fournir des services d'investissement.

Un modèle fondé sur les apports des nouveaux clients

Les documents des régulateurs décrivent l'offre d'Antares en termes précis. La FSMA parle de paquets d'investissement assortis de rendements irréalistes et d'une structure pyramidale ou de type Ponzi. La Banque de Russie retient des signes de pyramide financière.

Dans une structure pyramidale, la rémunération des membres dépend avant tout des sommes apportées par les personnes qu'ils font entrer, puis par les recrues de ces dernières. Les premiers participants touchent effectivement des gains, ce qui alimente les témoignages et accélère le recrutement. Le marketing de réseau sert alors de moteur de collecte.

Les soldes affichés dans un espace client ne prouvent rien tant qu'aucun retrait réel n'est possible. Une plateforme non autorisée peut afficher n'importe quel rendement, en monnaie classique comme en jeton maison, sans qu'aucun contrôle externe ne vérifie l'existence des fonds.

Pyramide et Ponzi : la mécanique

Une chaîne de Ponzi paie les rendements promis aux anciens investisseurs avec l'argent des nouveaux. Aucune activité réelle ne produit ces gains. Le système tient tant que les entrées d'argent dépassent les retraits. Dès que le recrutement ralentit, ou qu'un nombre important de clients demande à retirer ses fonds, les caisses se vident.

La pyramide ajoute une dimension de recrutement en cascade : les participants sont rémunérés pour faire entrer d'autres participants, sur plusieurs niveaux. Mathématiquement, ce modèle ne peut pas croître indéfiniment, car le nombre de recrues nécessaires augmente de façon exponentielle à chaque niveau.

La fin suit généralement un schéma connu : gel des retraits, demande de frais ou de « vérifications » supplémentaires avant tout paiement, puis disparition du site. Les derniers entrants, souvent les plus nombreux, perdent l'essentiel de leur mise. Les mises en garde de la FSMA, de la Banque de Russie et de la CNMV visent précisément ce risque.

Les signaux d'alerte

Le cas Antares cumule plusieurs signaux que les régulateurs décrivent depuis des années. L'Autorité des marchés financiers les résume sur sa page consacrée aux listes noires et mises en garde :

« Les signaux qui doivent vous alerter : vous ne connaissez pas la personne qui vous contacte, on vous promet des rendements très élevés et sans risque, vous devez prendre une décision rapidement, vous devez effectuer un virement sur un RIB à l'étranger. »

À ces signaux génériques s'ajoutent ceux propres aux schémas de type Antares :

  • des rendements présentés comme réguliers et élevés, sans explication vérifiable de leur origine ;
  • une rémunération qui dépend du recrutement de nouveaux membres plutôt que d'un produit réel ;
  • une domiciliation lointaine, sans agrément dans les pays où les clients sont démarchés ;
  • une série de noms de domaine miroirs.

Vérifier un acteur avant d'investir

Un prestataire qui propose des services d'investissement doit disposer d'une autorisation dans le pays où il démarche ses clients. En France, l'AMF publie des listes noires par catégorie, dont une pour les crypto-actifs, consultables par nom. Le régulateur précise que ces listes, régulièrement mises à jour, ne peuvent pas être exhaustives : l'absence d'un nom ne prouve pas qu'un acteur est autorisé.

Les autres régulateurs européens tiennent des listes comparables, comme celles de la FSMA en Belgique et de la CNMV en Espagne. Pour une société qui revendique une implantation à Hong Kong, la Securities and Futures Commission met à disposition un registre public des personnes et institutions agréées, interrogeable par nom.

Victimes : se méfier des offres de récupération

Après l'effondrement d'une plateforme frauduleuse, ses anciens clients deviennent souvent la cible d'une seconde arnaque : de prétendus cabinets, avocats ou agences proposent de récupérer les fonds perdus contre le paiement de frais à l'avance. L'AMF rappelle sur sa page Éviter les arnaques qu'elle « ne perçoit pas de taxe auprès des particuliers, ne bloque pas de comptes et ne vous contactera jamais pour vous aider à récupérer des fonds perdus ».

Sources

  1. Mise en garde contre Antares (www.antares.trade)FSMA · Régulateur · primaire · 4 mars 2021
  2. Antares Limited (Antares Trade) — Warning listBank of Russia · Régulateur · primaire · 1 juin 2021
  3. Warnings — unauthorised entities: antares.tradeCNMV · Régulateur · primaire · 14 juin 2021
  4. Listes noires des sociétés et sites non autorisésAutorité des marchés financiers · Régulateur · primaire
  5. Éviter les arnaquesAMF · Régulateur · primaire
  6. Suis-je victime d'une arnaque ?AMF · Régulateur · primaire
  7. Public Register of Licensed Persons and Registered InstitutionsSecurities and Futures Commission (Hong Kong) · Régulateur · primaire

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